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Bulletin de liaison de la Fraternité des Prisons
Association privée de fidèles
Fondateur : Père Yves Aubry
n° 25 - juin 2005
"Le roseau ployé, il ne le brisera pas" (Isaïe 42,3)" Le Bon Larron, avec l’Eglise universelle, rend grâce pour les 26 ans de pontificat de Jean-Paul II et garde dans sa prière son successeur Benoît XVI La Paix soit entre nous ! Editorial de François Broustet, président de la Fraternité
Informations générales "Bon Larron"
Rencontre avec l'Aumônerie des Prisons
Les groupes de prière "Bon Larron" ?...
Le père André Daigneault nous a dit… parmi bien d’autres choses
"Gardiens, je vous aime !" par le cardinal Barbarin
L’homélie remarquée du cardinal Barbarin « Les Béatitudes revisitées »
Vaincre le mal, par Ronald W. Nikkel
Grande première : "Bon Larron" jeunes
Pèlerinage de Chartres
encarts dans le Bulletin n° 25 :
La Paix soit entre nous !
Editorial de François Broustet, président de la Fraternité Le ‘Bon Larron’ est une œuvre mystérieuse, voulue par Dieu, et lancée par notre cher père Aubry, avec un souffle que rien n’a pu arrêter, pas même les pires attaques, venues de toutes parts.
Notre œuvre traverse une zone de turbulences, dont vous avez peut-être entendu parler : des dissensions au sein du Conseil d’Administration ont entraîné la démission de trois membres, dont le président.
Les désaccords ne portent heureusement que sur des procédures, et sont secondaires par rapport à la mission essentielle du‘Bon Larron’ : annoncer l’Evangile dans le monde carcéral.
Les événements me conduisent à assurer, pendant quelques temps, le remplacement de Dominique Flichy.
Je demande à l’Esprit Saint de me guider dans cette tâche. Je vous demande vos prières, et votre collaboration loyale.
Notre première tâche est d’aimer les souffrants et les pauvres que sont les détenus et les anciens détenus, de leur annoncer qu’ils sont les bien-aimés d’un Dieu au cœur immense, et que cet amour est guérissant.

Nous devons avoir une volonté renouvelée de former une véritable Fraternité.
Sans amour entre nous, sans pardon des
petites et des grandes blessures, nous serons stériles. Chacun de nous a reçu des dons et des charismes, mais a aussi ses limites et ses défauts. Regardons-nous avec amour et indulgence.
Comme nous le disait le père Daigneault : jetons notre misère et notre pauvreté dans les bras du Christ.
Chacun doit pouvoir faire entendre sa voix dans les assem-blées ou les conseils ; mais, une fois les décisions prises, interdisons-nous les critiques, et collaborons dans la joie.
Restons des ‘serviteurs inutiles’ et, selon le conseil du cardinal Barbarin : gardons-nous de l’orgueil spirituel. Le ‘Bon Larron’ continue. L’élan ressenti au cours de notre dernier week-end, en janvier, ne doit pas retomber.
Des milliers de détenus et ex-détenus attendent nos prières, nos courriers, notre écoute, notre aide et notre amitié dans le Christ.
La récente rencontre avec l'Aumônerie des Prisons nous a permis de mieux nous connaître et nous comprendre. (1) Prions la Vierge Marie, en union avec le père Aubry et saint Dismas, pour que nous restions fidèles à notre mission - et retroussons nos manches !
(1) voir compte-rendu de cette rencontre en page 2
Informations générales "Bon Larron"
- Le Conseil d’Administration, réuni le 4 juin, a élu François Broustet président pour prendre le relais de Dominique Flichy.
- La prochaine Assemblée générale se tiendra le 15 octobre à l’évêché de Versailles, à 10 heures. Cette assemblée sera appelée à élire de nouveaux membres au Conseil d’Administration. Les candidatures devront être envoyées avant le 10 septembre. Merci de joindre une courte biographie, et quelques lignes sur votre motivation.
Accepter de rentrer au CA, c’est se mettre un peu plus au service du Christ, des autres, et de l’Oeuvre.
Rencontre avec l'Aumônerie des Prisons
Le 2 avril 2005, nous avons eu la joie, Dominique Flichy et moi, de rencontrer longuement Jean-Louis Raymondier, aumônier national des Prisons, et les membres de l’équipe nationale (Sœur Isabelle Lebourgeois, Fleury-Mérogis, Jean Cachot, Besançon, Marc Helfer, Strasbourg).
L’aumônerie nous a rappelé sa mission générale : accompagnement spirituel et animation de groupe. Elle est un organe de réflexion et de coordination. La mission pastorale est reçue directement au niveau des diocèses, les évêques nommant les 500 membres de l’aumônerie en charge des 188 prisons françaises.
Il nous a été rappelé les contraintes légales et administratives auxquelles doit se plier l’aumônerie, ce qui n’empêche pas que s’y vivent des choses magnifiques. Des aumôneries sont portées par la prière de paroisses, qui aident les détenus à leur sortie.
Nous avons aussi pu témoigner de ce qui se vit depuis des années au Bon Larron, à travers la correspondance, les visites et les groupes de prière.
Bien sûr, nous avons chacun notre culture et notre sensibilité, mais, comme nous l’a dit Jean-Louis Raymondier : l’Esprit Saint habite les deux projets.
Nous avons été heureux d’échanger dans un climat de respect mutuel et de sentir que, au-delà, parfois, des méthodes, la même foi nous anime. Nous avons pris l’engagement que nos groupes de prière ‘Bon Larron’ prieront pour les aumôneries de leur secteur, et que chaque groupe sera heureux de porter dans la prière les intentions particulières que les aumôniers souhaiteront leur confier.
Nous remercions l’équipe nationale de son accueil, et nous réjouissons d’être unis dans l’Esprit Saint et la prière.
François Broustet
Les groupes de prière "Bon Larron" ?...
Quelques bonnes nouvelles !
Depuis le riche week-end du 29/30 janvier 2005, Pascal et Didier, de la Communauté du Pain de Vie, de Lisieux et Sommervieu (Bayeux), ont été poussés par l’Esprit à inviter leurs frères et leurs sœurs à consacrer une fois par mois un temps de prière et d’adoration spécialement pour les frères détenus, leur famille et le monde carcéral. Pascal et Didier visitent les prisonniers. Le charisme du Pain de Vie, c’est l’adoration eucharistique et l’accueil du ‘pauvre’.
Résultat : huit lieux – huit groupes de prières et d’adoration pour les prisonniers !
– Dans le Calvados, à Lisieux, Sommervieu et Caen.
– Dans l’Orne, à Livaie, près d’Alençon (à la Cassine).
– Dans l’Eure, à Verneuil sur Avre.
– Dans les Côtes d’Armor, à Plemet.
– En Charente-Maritime, à Montendre et St Palais.
Déjà, des membres du Bon Larron de Charente-Maritime sont venus les rejoindre.
Merci à Pascal et Didier ! Gloire à Toi, Seigneur !
– Dans le Rhône, à Lyon, Sœur Hélène Catherin a contacté les membres ‘Bon Larron’ de la région. Certains d’entre eux ont ainsi participé à la semaine internationale de prière. On peut espérer qu’un groupe de prière naîtra bientôt. Merci, Sœur Hélène !
– Dans le Puy-de-Dôme, près de Riom, notre ‘Sœur’ Blandine Guibert, animée, depuis notre week-end, par le désir d’œuvrer pour les prisonniers, a pris des contacts qui aboutiront sûrement à la formation d’un groupe de prière. Portons Blandine dans la prière pour qu’elle rencontre des appuis fraternels envoyés par le Seigneur.
– Dans le Finistère, à Quimper, Monique a exprimé son désir de former un groupe de prière. Elle souhaite rencontrer les membres ‘Bon Larron’ de la région. Merci Monique !
- Dans le Morbihan, Marylène, contactée le 5 mai, nous dit : « Demain, vendredi 6 mai, avec Anne-Marie, nous faisons une heure d’adoration pour discerner avec le Seigneur, le lieu, l’heure, la fréquence pour un groupe de prière ‘Bon Larron’ ». Cette réponse a été pour moi une joie, un réconfort, un clin d’œil du Seigneur.
– Oui, l’Esprit Saint est à l’œuvre ! Dans les Bouches du Rhône, à Marseille, Philippe Sangle Ferrière est en train de fonder un groupe de prière.
– Dans le Vaucluse, à Orange,le groupe de prière ‘Le Bon Berger’ créé par Ludovic Perrez avec une communauté religieuse, prie pour les détenus du Pontet.
– Dans les Côtes d’Armor, à Loudéac, Bernard et Yves sont sur le point de former un groupe de prière. Ils souhaitent contacter les membres du ‘Bon Larron’ du Morbihan, de l’Ille et Vilaine et du Finistère.
180 prisons en France, 180 groupes de prière. Telle est notre Espérance !
« Si deux d’entre vous (disciples du ‘Bon Larron’) unissent leur voix pour demander quoi que ce soit, cela leur sera accordé par mon Père qui est aux cieux ». Mais l’exaucement peut venir demain…ou après-demain. Aussi, prions ensemble, avec patience, dans la confiance. En sachant qu’un bon nombre de communautés religieuses prient pour les prisonniers et la Fraternité du ‘Bon Larron’ et à l’occasion de ce bulletin nous rendons hommage à nos sœurs moniales, et frères moines, à qui nous avons confié la Fraternité : sans la prière personnelle et communautaire, comment atteindre le but du ‘Bon Larron’ qu’en juin 1993, à l’occasion d’une retraite, le Père Aubry fixait ainsi :
« Recevoir, annoncer, transmettre la Miséricorde à chaque détenu des Prisons de France ».
Rends-nous souples devant toi, à l’écoute de ta voix.
Rends-nous sensibles à ton cœur.
Sois le Roi, sois le Seigneur !
But humainement inaccessible, mais Jésus ne nous dit-il pas : ‘Et moi, je suis avec vous pour toujours, jusqu’à la fin des temps.’ Mt 28,20
Pour toute aide à la constitution d’un nouveau groupe, ou rejoindre un groupe existant, contacter Eric DESALEUX, Courrier du ‘Bon Larron’, BP 6152 14605-CAEN Cedex 4, tél : 06 12 38 18 83 ou appeler le bureau d’Auffargis.
Au cours de notre riche rassemblement des 29 et 30 janvier 2005,…Des enseignements forts !
Le père André Daigneault nous a dit… parmi bien d’autres choses (1)…

Qui que tu sois, Jésus te dit ce matin, espère ! Sois plein d’espérance ! Ne regarde pas en arrière, dans ta vie ! J’ai un avenir pour toi ! Tu relèves la tête, et tu te dis : comment se fait-il que la pierre de mon problème soit déjà roulée ? Je pensais ne pas être capable de m’en sortir !
Si tu veux aller au sommet de l’amour, il faut que tu descendes au creux de l’amour ! Pour que ton amour se transforme, il faut d’abord que tu t’aperçoives que tu n’es pas capable d’aimer ! Tu es incapable d’aimer tout seul ! Le Christianisme, c’est de s’apercevoir que, seul, tu es incapable d’aimer ton prochain ! Tu as besoin de Jésus Christ Sauveur, qui vient t’envoyer son Esprit Saint ! Vous connaissez cette histoire de la petite Thérèse de l’Enfant Jésus. On lui demande : aimez-vous vos sœurs ? Elle dit : « non, c’est Jésus qui les aime en moi ! Moi, je ne suis pas capable de les aimer ! Je ne suis pas capable d’aimer mes sœurs ! »
Jésus dans l’Evangile n’a jamais dit : « Heureux vous, qui vous occupez des pauvres ! » Il a dit simplement « Heureux, vous, les pauvres ! » Ca veut dire que pour aider un pauvre, un jeune blessé, il faut que tu ailles voir cette personne avec la partie blessée de ton cœur, avec le pauvre en toi. En toute vie humaine, Dieu n’entre que par une écharde dans la chair ! C’est par cette blessure que la grâce peut entrer ! C’est pourquoi l’acceptation de cette écharde dans la chair est un don de Dieu ! Avant d’aller vers les pauvres, les blessés, je dois admettre que je suis quelque part un pauvre et un pécheur !
Rencontrer Jésus en celui ou celle qui est blessé, rencontrer Jésus dans le prisonnier, exige qu’on aille à lui avec un profond respect, avec les yeux du cœur, l’oreille du coeur ! Lytta Bassett disait un jour : « La compassion, c’est entendre dans l’autre l’enfant qui sanglote, même quand l’autre ne l’entend plus lui-même »…Parce que son cœur est tout gelé, depuis des années, pour ne pas trop souffrir !
Le mal de notre monde moderne, c’est le manque d’amour, le manque de tendresse. Il faut donner beaucoup de temps à ces hommes pour écouter, au-delà de leurs paroles, ce qu’ils sont incapables de vous dire. »
Le pape Paul VI, en 1965, visita les prisonniers d’une prison de Rome et leur dit : « Vous représentez devant moi Jésus crucifié. C’est pourquoi je suis venu, pour tomber à genoux devant vous. »
Jorge Valle, un poète cubain, à sa sortie de prison, écrit ceci : « La prison n’est pas que ce lieu de douleur, c’est le lieu où l’humanité se révèle dans sa pureté originelle ; la prison, c’est l’occasion d’atteindre à cette humilité du cœur si nécessaire ; s’avouer que l’on est imparfait, faible, pécheur, que les pires passions peuvent habiter notre cœur. Alors, on trouve Dieu, au milieu de la faiblesse, du péché, de l’horreur, de la confusion.»
Quand j’étais jeune, je croyais que le chrétien devait être quelqu’un de parfait et sans péché. Je sais maintenant que Dieu se laisse trouver au creux même de notre péché, de notre faiblesse, de notre fragilité.
(1) Les principaux textes du week-end national de janvier vont être présentés sur notre site internet
"Gardiens, je vous aime !" par le cardinal Barbarin
J'étais à mon bureau à Moulins, le téléphone somme, c'était Isabelle, médecin, que je connaissais bien : « j'ai été appelée à 20 h, parce que Samuel, un détenu, était en transe, le directeur m'a dit de venir lui faire une piqûre, Depuis 18 h, il dit en tapant sur la porte de sa cellule « gardiens, gardiens, je vous aime ! Je veux prendre une douche pour mon baptême. Toute ma vie, je n'ai connu que la haine, mais j'ai compris, nous sommes faits pour aimer ! Je vous aime, gardiens ! » Samuel est un homme extrêmement violent. Le directeur de la prison a appelé le médecin. Samuel lui dit : « ils me prennent pour un fou, mais voilà ce qui m'est arrivé : cet après midi j'ai compris dans le fond de mon cœur, que la vérité, ce n'était pas de haïr, mais d'aimer. Je n'avais jamais compris, mais maintenant je sais. Maintenant, je voudrais prendre une douche, je sais que ce n'est pas l’heure, mais ce serait pour moi comme le point de départ, comme un baptême ! Isabelle va voir le directeur, lui dit qu'il lui arrive un fait exceptionnel, qui ne nécessite pas de piqûre : « Si vous voulez une contre expertise, appelez le psy ». Donc le médecin psychiatre vient, un musulman, un homme très cultivé, et il fait le même diagnostique. De guerre lasse, vers 11 h ou minuit, le directeur accepte, et Samuel va prendre sa douche. Le surlendemain, j'arrive avec une Bible. Je reviens quelques temps plus tard. Il lit la Bible 3 heures par jour. J'arrive un samedi matin, nous avions une heure de parloir, et il me dit 'regarde ! Mais regarde ça ! Tu vois, ça c'est mon histoire : elle se débattait dans son sang… Le Seigneur est passé, il m'a pris, il m'a débarrassé de tout. Et maintenant, j'ai droit à une couronne de grâce ! Tu vois tous les cadeaux qu'il me fait ! Toute l'histoire de Jérusalem dans Ezéchiel, c'est mon histoire… Maintenant, ce psaume là je l'aime tellement que je l'apprends par cœur ! Il était passionné, touché par toutes sortes de textes bibliques. Et puis Jean 3, 16 "Dieu a tant aimé le monde qu'il lui a envoyé son fils". Une fois que t'as dit ça, il n'y a plus rien d'autre à dire !’ Cette phrase est restée gravée dans ma tête.
L’homélie remarquée du cardinal Barbarin « Les Béatitudes revisitées », (Mt 5, 1-12)
un solide encouragement spirituel pour chacun de nous !

Quand il nous dit les Béatitudes, en fait, Jésus est en train de faire son autoportrait ! Dans les paraboles, c'est toujours le Seigneur qui se montre en se cachant. Si vous voulez faire un beau voyage dans l'Evangile, vous prenez une béatitude, n'importe laquelle, et vous faites le voyage ! Et vous lisez tout l'Evangile avec cette béatitude. Et de fait, nous voyons cette douceur de Jésus. Il nous dit d'ailleurs : apprenez de moi, mettez-vous à mon Ecole ! Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur. Vous pourriez faire la même chose avec la miséricorde, ou avec son cœur pur, ou Jésus, artisan de paix. Je fais tout ce chemin de l'Evangile, et, évidemment, je viens buter sur ce moment de la Croix ! Et au fond, à chacune des paroles des Béatitudes correspond, dans mon cœur, un passage d’Evangile.
Quand Jésus dit 'heureux ceux qui pleurent’, je dis : ah oui, tu as pleuré sur Jérusalem, tu as pleuré à la mort de Lazare, mais, évidemment, sur la Croix. Et voilà comment des Béatitudes jusqu'à la Croix, il y a un pont qui nous explique tout l'Evangile ! Faites ce travail, frères et soeurs ! Faites-le ensuite avec la seconde. Nous voyons Jésus, doux de bout en bout, dès qu'il ouvre la bouche, dans les Béatitudes, et sur la croix, tout le temps, tout au long de l'évangile.
Et puis, parmi les saints, depuis des siècles, chacun nous donne un brin de lumière sur ces Béatitudes : quand je cherche vraiment ce qu'est un pauvre, tout de suite, je vois François d'Assise, celui-là vraiment, il poverello d'Assisi, m'explique toute cette béatitude que je n'arrive pas à vivre ! François de Sales, lui, a vécu la seconde, 'heureux les doux !' Quelle force ! Jean Bosco, quel cœur pur ! Et Thérèse de l'Enfant Jésus, quand elle dit : 'Moi, je voudrais être prêtre, je voudrais être missionnaire, je voudrais être martyre, je voudrais être tout !’ Elle était affamée, assoiffée de justice, et elle avait raison : et 'dans le cœur de l'Eglise, ma Mère, j'ai compris que je serai l'Amour !' Dans cette Béatitude, je vois le visage de chacun des saints.
Dans le visage de Jésus, je comprends celui que je devrais être, j'ai envie, enfin, de devenir un homme. Et que cette compréhension couvre toute la vie du Christ et m'amène à l'effroyable, mais au merveilleux mystère de la croix, parce que dans la croix il y a toute l'ignominie du monde, mais il y a aussi les portes du Royaume qui s'ouvrent ! L'Eglise d'Orient nous a appris que la bonne attitude spirituelle pour comprendre les Béatitudes, c'était de se camper à l'entrée de l'Evangile, de traverser tout l'Evangile, et d'aller sous la croix, à côté de la croix, dans la chair et le sang et la prière. Et l'esprit du Bon Larron est d'entrer en dialogue avec Jésus, en lui disant : 'explique-moi toute ta mission, explique-moi tout ton Evangile, pour que les portes du Royaume s'ouvrent pour moi aussi !
Souvent, je me mets dans la posture de l'autre larron, parce que, justement, il est témoin de cette conversation. Le Bon Larron a su discuter avec Jésus, et nous, nous sommes les témoins de cette conversation, et nous écoutons ce qui se passe entre le bon larron et Jésus, et nous voyons que c'est la clé, l'explication de tout, et que les portes du Royaume s'ouvrent.
Les gens voient trois condamnés à mort qui vont mourir. Ils ne voient pas Dieu. Ils voient le résultat ou des péchés, ou de la haine, ou des crimes, mais les cœurs purs, ils voient Dieu ! Heureux les cœurs purs ! Ils verront Dieu ! Et donc, sur la croix, il y avait un cœur pur, et lui, il ne voyait pas la mort de ses deux voisins ; il voyait Dieu, Dieu en train d'ouvrir la porte du Paradis au Bon Larron. Et il lui disait ce qu'il voyait et que les autres ne voyaient pas : « toi, tu penses que tu meurs, mais je vais te dire la vérité : aujourd'hui, tu seras avec moi dans le paradis ! » Et ainsi, pour que nous comprenions ce message, nous avons beaucoup à gagner à entrer dans l’attitude spirituelle du Bon Larron, parce que, dans ce dialogue, entre ‘je voudrais que les portes du Royaume s'ouvrent’ et cet Evangile du Royaume annoncé au début de St Mathieu, il y a le chemin de notre propre salut.
Il me semble que chacun d'entre nous est situé dans une Béatitude, et peut-être est-ce une grâce que vous pouvez demander à Jésus, dans votre prière : ‘et moi ? dans quelle Béatitude me mets-tu ? Je sais que je suis aimé, je sais que j'ai reçu une grâce de Dieu, et comme là, il y a le panorama complet de l'humanité, sans doute suis-je quelque part ? Peux-tu, Seigneur, me montrer l'endroit où tu m'as aimé, où tu m'as fait grâce ?’ En découvrant cet endroit, en l'habitant, en vivant l'une des Béatitudes, c'est là que je trouverai le chemin de mon bonheur, c'est là que je serai de façon authentique un semeur de bonheur pour les autres. Vaincre le mal, par Ronald W. Nikkel (1) Au sein de la prison, comme nulle part ailleurs, j’ai découvert la puissance du « bon » qui vainc le mal,
la puissance transformatrice d’un Père Céleste compatissant et aimant.
Au milieu de la futilité de l’emprisonnement, j’ai vu des évidences du Bon Berger
qui sauve les hommes et les femmes tombés, perdus aux griffes du péché et du mal.
J’ai vu le Père Aimant embrasser les contrevenants, mal aimés et peu affectueux
avec des bras de miséricorde et d’acceptation.
J’ai vu le Dieu de justice offrir la miséricorde et l’espoir aux criminels endurcis.
J’ai vu la laideur et la puanteur de la corruption humaine, admirablement transformée par la puissance du Créateur.
J’ai vu la bonté vaincre le mal par le pardon,
et des relations restaurées entre victimes et contrevenants.
Ce ne sont que la grâce et la miséricorde
qui libèrent les prisonniers de la spirale infernale du mal.
Le mal ne peut être vaincu que par le bien, l’amour rédempteur et la puissance transformatrice de Jésus-Christ.
Du moins, voilà mon expérience . . . .
« Christ, au temps fixé, est mort pour des impies.
À peine mourrait-on pour un juste;
peut-être pour un homme de bien accepterait-on de mourir.
Mais Dieu prouve son amour envers nous,
en ce que, alors que nous étions encore des pécheurs,
Christ est mort pour nous. » (Romains 5:6-8)
(1) Ce texte est extrait du mémo du lundi de Ron Nikkel, du 2 mai 2005 Grande première ‘Bon Larron’ jeunes 
Durant le dernier week-end national du Bon Larron, le samedi 29 Janvier 2005, nous étions une centaine réunis dans la crypte de l’Eglise Saint Ferdinand des Ternes (Paris 17ème), pour une soirée témoignages, organisée par le groupe de prières Jeunes. Parmi les personnes présentes, de tous âges et de toutes nationalités, se trouvaient des agnostiques comme des chrétiens pratiquants. Trois intervenants nous ont fait la joie de leur présence : le père Daigneault du Canada, Maître Solange Doumic et notre ami Daniel Barzic, ancien détenu.
Le Père Daigneault, dont le discours a particulièrement été bien perçu par les agnostiques, nous a éclairés sur la Miséricorde de Dieu. Ensuite le milieu carcéral nous a été brillamment présenté par Maître Solange Doumic ; qui l’a illustré en nous confiant certaines de ses entrevues avec des prévenus. Enfin Daniel par son témoignage touchant contribue à toujours nous rappeler la joie que nous avons de connaître et d’aimer Jésus.
C’est sur ces paroles très enthousiastes, que notre soirée s’est prolongée autour d’un buffet, l’occasion d’échanges enrichissants, la joie au cœur ! Le rendez-vous est déjà pris pour l’année prochaine, on s’y retrouve ?
Pèlerinage de Chartres
Réservons déjà le week-end des 24-25 septembre pour notre pèlerinage de Chartres…
Le pèlerinage est ouvert à toutes les personnes concernées
par le monde carcéral.
Nous marcherons et méditerons cette année avec
Jean-Paul II.
Renseignements : sur ce site, à Auffargis
et auprès de Monique Galerne : 06 89 29 06 61
Bulletin de liaison n°25 - juin 2005
Directeur de la Publication : François Broustet
Equipe de rédaction : Daniel Martin, Béatrice K., Elisabeth Vassy
Editeur : La Fraternité des Prisons 'Le Bon Larron'
4, rue du Pont des Murgers
78610 - Auffargis
Tél. : 01 34 84 13 08
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Courriel : info@bonlarron.org
Impression : Ateliers de Frileuse
91640 - Briis-sous-Forges
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