Le Bon Larron
Bulletin de liaison de la Fraternité des Prisons
Association privée de fidèles
Fondateur : Père Yves Aubry
n° 29 - juin 2007

"Le roseau ployé, il ne le brisera pas" (Isaïe 42,3)"

SOMMAIRE du Bulletin n°29

Oui, l'adoration porte ses fruits ...Editorial de François Broustet
Rapport financier de l'année 2006
Nouvelles de la maison d'Auffargis
« Pourquoi j'aime Le BON LARRON … » par Claude Klein

Week-end Bon Larron 2007

Paray le Monial 2007
Regard sur une vie , par Claude Forcadel
La mémoire du coeur, par le Père André Daigneault
Pèlerinage de Chartres : 13 et 14 octobre 2007
Publication et impression

Encarts dans le Bulletin n° 29 :

Intentions de prières 3ème trimestre 2007
Bulletin d'adhésion 2007

 

Oui, l’adoration porte ses fruits …

Editorial de François Broustet, président de la Fraternité

Nous vivons dans une sorte d’accélération de l’histoire où il est bien difficile de garder nos repères.
Le repère du Chrétien, c’est sa relation d’amour avec Dieu la Trinité, telle que le Christ nous l'a révélée dans l'Evangile. Cette relation nécessite de prier dans le calme et le silence, d'approfondir sa foi, d'accepter le combat spirituel contre les forces du mal, qui agissent en nous, autour de nous et dans le monde.
Enracinés dans le Christ, et attachés à l'enseignement transmis par l'Eglise, membres de la communauté ecclésiale, fidèles au Pape et aux évêques, nous recevrons des forces de vie pour mieux répondre à son appel.

Notre charisme particulier, dans la fraternité du Bon Larron, est de croire de toutes nos forces à la miséricorde de Dieu qui est dispensée sans mesure aux plus pauvres qui sont en prison, et notre mission est de supplier Dieu que Ses grâces se répandent sur tout le monde carcéral.
L’Adoration devant le Christ totalement présent dans l’hostie doit devenir pour notre œuvre commencement de toute notre action, et une habitude bien enracinée.
“Et moi, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin des temps” (Mt 28:20) nous a promis le Christ.
Cette présence du Christ se réalise dans notre âme en plénitude quand nous recevons l’Eucharistie, et aussi quand nous prenons le temps d’un dialogue de personne à personne dans l’Adoration.
Dans ces moments d’Adoration, après avoir demandé la paix dans nos cœurs, présentons nos intentions, présentons ceux qui souffrent tant de ne pas encore connaître la tendresse de Dieu, présentons tous ceux qui ont la charge des délinquants.


Venez à moi au Très Saint Sacrement

Le Père Denis Merz nous l’a suggéré, lors de notre week-end annuel : si l’Adoration est difficile à organiser dans notre paroisse, offrons un petit ostensoir qui sera placé, avec une hostie consacrée dans le tabernacle. Si le prêtre est trop pris, il nous donnera la permission d’ouvrir le tabernacle, et nous pourrons adorer l’hostie visible.
Notre petit groupe de Bordeaux se réunit chaque semaine devant le Saint Sacrement. L’aumônier de la prison locale nous a confié Pascal qui se laissait mourir dans une grève de la faim au dernier stade. Tout le groupe a supplié le Seigneur de redonner à Pascal le goût de la vie et de ne pas laisser sans papa sa fille de 18 mois, et sans mari sa jeune épouse.
Pascal, était déjà hospitalisé, près de la fin, il a recommencé à manger, l’épreuve de force avec son juge s’est apaisée, il a obtenu une libération conditionnelle. Pascal n’a pas de séquelles, l’aumônier est bouleversé et émerveillé, les médecins ne comprennent pas, et Pascal a découvert la prière. Alléluia !
Merci Pour cette grâce de vie reçue devant l’hostie par notre Groupe
Venez, adorons pour ceux qui souffrent, et nous aurons dans les yeux d’innombrables larmes de joie quand d’autres Pascal recevront une grâce de vie.

Rapport financier de l'année 2006
présenté à l’Assemblée Générale Ordinairedu dimanche 25 mars 2007

Grâce aux cotisations et dons reçus des membres de la fraternité, nous avons pu :

  • aider des détenus et leurs familles, maintenir la maison d'Auffargis, comme un lieu d'accueil pour des détenus en fin de détention,entretenir une correspondance régulière avec environ 300 détenus,organiser le week-end annuel en mars, et le pèlerinage de Chartres en septembre 2006, publier deux bulletins de liaison, relatant ces deux derniers évènements, favoriser des déplacements de témoins dans les écoles ou lors de sessions telles que celle de juillet à Paray-le Monial,
  • équiper notre maison d'Auffargis d'une liaison internet, pour faciliter la communication avec les correspondants

Nouvelles de la maison d'Auffargis

Plusieurs "acteurs" de la maison d'Auffargis ont eu des problèmes de santé : Jacqueline Vaugarny, accueillie par le père Aubry lui-même, qui a bien connu le père Aubry, Claude Violette, Jean-Marie Roisin (pèlerinage de Chartres). Jacqueline et Jean-Marie ont été hospitalisés. Nous demandons de prier pour eux, et leur souhaitons un prompt rétablissement. Nous pensons aussi à Johny, ex détenu, dont la petite Aurélie, après une mauvaise chute et 3 jours de coma, est maintenant totalement rétablie ; nous prions pour son beau-frère, récemment décédé. Nous prions pour Laurent, accueilli quelques temps à Auffargis, mais maintenant hospitalisé, ainsi que pour Patrick, qui va sortir prochainement et est attendu à Auffargis.


« Pourquoi j'aime Le BON LARRON  … »
par Claude Klein, membre fidèle de la Fraternité,
qui a vécu 6 mois à la maison d'Auffargis
,


Je pense tout d'abord que le Bon Larron est une association fraternelle (cela fait partie de la devise de la République, mais finalement manque si cruellement).

Une association de croyants, où l'on peut se rencontrer, échanger des idées pour faire avancer les choses dans cette société où tout est compliqué, et surtout faux. On peut discuter avec des gens de divers milieux, pour qui de simples explications franches suffisent à mieux saisir le pourquoi du comment sur la délinquance. Au moins, dans cette association, il n'y a pas de problème de masque, derrière lesquels la plupart des gens se cachent, ni de différence entre gens d'origine modeste ou mieux lotis.

Je suis personnellement très heureux que cette association existe. J'y ai trouvé des amis, une écoute, et surtout de l'aide en cas de détresse morale. Je souhaite que tout cela puisse continuer longtemps, mais il y a encore énormément de travail…
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Week-end Bon Larron 2007

Nous sommes heureux de vous faire partager les moments forts de notre week-end…Nos faibles mots et ces quelques pages vous en donneront reflet… « Chacune de nos rencontres est comme une grande rencontre familiale » (Renée Roger). Il faut y venir !


Adorer pour changer le monde, par le Père Denis Mertz

Nous souhaiterions tous trouver la solution pour transformer le monde et en éradiquer misère, souffrance et mort. Mais comment ne voyons-nous pas que Dieu, Notre Père, créateur infiniment parfait et bon, nous a donné La solution ? Dans Sa très grande Miséricorde, Il a osé, pour cela, nous envoyer Jésus, son Fils Bien-aimé… Il nous l'a donné pour nous sauver de nos misères, de nos péchés et, par Lui, nous communiquer son Esprit d'Amour et de tendresse.

C'est pourquoi je voudrais d'abord vous inviter à entrer dans une grande action de grâce, dans la louange et la reconnaissance pour tous ceux qui ont déjà découvert cet amour miséricordieux de la Très Sainte Trinité.

Je voudrais vous dire les regrets du frère Jean-Marc Lopez, qui aurait dû être parmi nous aujourd'hui. Il a été appelé d'urgence dans ces pays en grande souffrance du Moyen Orient  pour aider à ouvrir de nouveaux centres d'Adoration perpétuelle.

Notre Saint Père bien-aimé, Jean-Paul II nous a beaucoup donné sur cette terre par son témoignage vivant. Ses enseignements sont aussi une lumière pour l'Eglise. Sous son pontificat, nous avons assisté comme à une renaissance de l'Adoration eucharistique, et l'œuvre des Missionnaires du Saint Sacrement en est un signe. De multiples fois, il a rappelé la splendeur et la nécessité de l'Adoration.

Dans son encyclique Ecclesia de Eucharistia, il nous disait (chap.1, 25) : « le culte rendu à l'Eucharistie en dehors de la messe, est d'une valeur inestimable dans la vie de l'Eglise… Comment ne pas ressentir le besoin renouvelé de demeurer longuement en conversation spirituelle , en adoration silencieuse, en attitude d'amour, devant le Christ présent dans le Saint Sacrement ».

Souvenons-nous qu'il est entré dans la plénitude de Dieu le premier samedi du mois, 2 avril 2005, veille de la fête de la Divine Miséricorde, et au cours de l'année de l'Eucharistie.

Notre communauté est un signe que l'appel de Jean-Paul II à adorer a été exaucé, et nous aiderons cette année au démarrage de plusieurs dizaines de lieux d'Adoration perpétuelle.

Dans la continuité de Jean-Paul II, Benoît XVI, dans son encyclique « Deus caritas est » nous a rappelé : « le moment est venu de réaffirmer l'importance de la prière face à l'activisme et au sécularisme dominant de nombreux chrétiens engagés dans le travail caritatif ».

Pour la Fête-Dieu 2005, Benoît XVI a traversé Rome sur le plateau d'un camion, agenouillé devant le Saint-Sacrement.

Et maintenant, nous venons juste de recevoir de Benoît XVI les conclusions du synode des évêques sur l'Eucharistie dans une exhortation apostolique : « Sacramentum caritatis » (Le Sacrement de l'Amour).

Ses paroles citées ci-après résonnent, pour nos frères détenus mais aussi pour tous ceux qui les entourent, d'une manière particulière : « La tradition spirituelle de l'Eglise, se fondant sur une parole précise du Christ (cf. Mt 25,36), a reconnu dans la visite aux prisonniers l'une des œuvres de miséricorde corporelle.

Les personnes qui se trouvent dans cette situation ont particulièrement besoin d'être visitées par le Seigneur lui-même dans le sacrement de l'Eucharistie. Faire l'expérience de la proximité de la communauté ecclésiale, participer à l'Eucharistie et recevoir la Sainte Communion dans une période de la vie si particulière et si douloureuse, peut certainement contribuer à la qualité de son propre cheminement de foi et favoriser la pleine réinsertion sociale de la personne. Interprétant les désirs exprimés par l'assemblée synodale, je demande aux diocèses de faire en sorte que, dans les limites du possible, il y ait un investissement approprié de forces, dans l'activité pastorale concernant l'assistance spirituelle des détenus. »

Chers amis du Bon Larron, vous verrez certainement dans cette exhortation un encouragement à adorer pour les détenus, et à demander que soit favorisé et facilité leur accès à l'Eucharistie et à l'Adoration. Vous serez surpris des fruits obtenus pour le monde carcéral.

Enfin, comment ne pas se souvenir que l'Esprit a soufflé à Mère Teresa de faire pratiquer chaque jour par sa communauté un long temps d'Adoration. Son œuvre a alors été renouvelée dans sa charité héroïque, et a vu les vocations abonder.

En marche vers la liberté , par Marie-Colette Makoti

Adorer, c'est regarder Dieu en silence. Nous ne pouvons qu'être en silence, car nous sommes devant le Christ, qui est la Vie, et qui nous communique Sa vie en se tenant en face de nous. Le Saint Sacrement est le signe de la présence réelle de Dieu dans nos vies. La Croix et le Saint Sacrement, c'est une même réalité. Un jour, j'ai regardé la Croix alors que j'étais accablée de souffrance, et le Christ m'a communiqué sa Vie, c'est-à-dire l'amour, et j'ai été sauvée…

Violée à l'âge de 8 ans, j'ai grandi avec la certitude que j'étais très sale et que je ne valais rien. Adolescente, j'ai rencontré un dealer et suis devenue complice de son trafic de drogue. J'étais consciente du mal que je faisais, mais, dans ma tête, c'était normal, puisque je ne valais rien. Un jour, nous sommes arrêtés ensemble, et c'est la prison, nouvelle grande blessure. Au bout de 3 ans, je sors de prison, avec le désir de mettre un terme à cette vie mauvaise. Mais, 9 mois plus tard, je suis de nouveau en prison, arrêtée avec un autre copain, pour les mêmes raisons. C'est alors que j'apprends que je suis séropositive. C'est le désespoir, je me sens comme une pestiférée. Quelques temps après, j'apprends que mon ami est mort. Je touche le fonds, je ne veux plus vivre.
Je prie Dieu pour qu'Il permette que je meure. Mais, au fonds de mon cœur, j'entends une phrase apprise autrefois : « Dieu ne prend pas plaisir à la mort du pêcheur, mais Il veut qu'il vive ». Ainsi, Dieu ne veut pas que je meure. Certainement, parce que j'ai du prix à ses yeux. Je rencontre l'aumônier de la prison qui m'instruit sur l'amour de ce Dieu qui ne veut condamner personne.
Puis, un vendredi saint, pendant le Chemin de Croix, le Christ a parlé à mon cœur. Il m'a dit que je le rencontrais au moment où Il partait, mais qu'IL NE ME LAISSAIT PAS SEULE : Il me laissait sa Mère, Il me laissait son frère, l'apôtre Jean, et c'est le miracle : je suis éblouie devant cet homme, cloué sur une Croix, qui, au lieu de penser à Ses souffrances, pensait aux miennes. J'ai alors compris que c'est cela l'Amour. Une joie que je n'avais jamais connue m'a envahie. Bien qu'étant en prison, je me suis sentie libre. C'est alors que j'ai saisi que la vraie liberté est à l'intérieur de nous-même. J'ai aussi compris que beaucoup de gens souffrent par ignorance de cet amour, et que je passerai désormais ma vie à annoncer cette bonne nouvelle.

A partir de ce jour, la Bible a cessé d'être un livre, pour devenir quelqu'un avec qui je vis, avec qui je me fâche parfois. J'ai fait mienne cette parole de Madeleine Delbrel « la Bible n'est pas un livre pour lire, mais pour être vécu ». Une fois sortie de prison, il y a eu le miracle des rencontres : chaque rencontre est une rencontre avec ce Dieu caché dans l'homme. Il y a eu la rencontre avec le père Aubry, la rencontre avec Roberte, Daniel, Claude, Béatrice, et tous les autres.

C'est pour cela que nous devons rester en silence lorsque nous Le rencontrons, ne pas nous laisser distraire par nos propres sentiments, sinon nous risquons de ne pas entendre ce que le Dieu caché en nous dit. A la Croix, le Bon Larron reste en silence devant le Christ, regardant ce Christ qui est la Lumière, il a pu entrer en relation avec Lui, et c'est alors que l'alliance entre l'homme et Dieu a été rétablie. Le soir même, il était au paradis avec le Christ.

Je me souviens de ce jour où j'ai bâclé mon travail pour aller prier devant le Saint Sacrement – mon cœur m'a dit : « retourne à ton travail, le Saint Sacrement, c'est la personne que tu as laissée seule chez elle ».

Nul ne peut voir Dieu sans mourir : avec les yeux de mon cœur, j'ai vu Dieu, et ce qui n'était pas de Lui est mort en moi. C'est l'enjeu de toute la vie !

'Dieu à l'ombre' intervention du pasteur Gérard Peilhon

Tel est le titre des deux passionnants ouvrages du pasteur protestant évangélique Gérard Peilhon (1) , grand ami de notre fondateur, le père Yves Aubry, qui nous a fait le bonheur de venir témoigner de son expérience de l'annonce de Jésus Christ dans plus de 220 prisons d'Europe et d'Afrique. Aumônier de la prison de St Quentin Fallavier, il nous dit avec force et ardeur la soif de Dieu de toutes ces personnes en souffrance qu'il a rencontrées, et de l'ineffable joie qui jaillit chez tous ceux qui acceptent de se laisser toucher par le Seigneur. Il nous dit aussi le devoir qui incombe à chacun de nous : prière, visite, compassion. Jésus l'exige : «  Allez dans le monde entier , prêchez la Bonne Nouvelle à toute la création… » A-t-Il dit : «  Sauf le monde carcéral, sauf l'univers pénitentiaire ?  ») Ecoutons Rom.10/13-15 : «  La foi vient de ce qu'on entend de la parole de Dieu. Comment croiront-ils s'il n'y a personne qui prêche ? »

Dieu a besoin de chacun d'entre nous. Serons-nous prêts à entendre son appel ?
Notre réponse peut revêtir beaucoup de formes : visite, dons, correspondance, accueil des sortants de prison. Il en est une qui est pour tous : la prière.
Pour aller plus loin avec lui, voici deux paragraphes de son premier livre :

QUELQUES POINTS DE REPÈRES

  • La détention déstructure l'individu: elle dévalorise, elle dépersonnalise, encourage l'oisiveté. Elle devient criminogène : avilissement de la personne humaine, contact avec certains truands qui essaient de se valoriser dans la délinquance.
  • Tous, un jour ou l'autre, pouvons être incarcérés : accusations mensongères, accidents, etc.
  • Jésus s'est identifié aux prisonniers.
  • Le seul et durable remède à la criminalité est un changement radical. Maître Badinter (ancien garde des Sceaux) disait: «Je crois à la possibilité de rédemption de tout homme ».
  • L'apôtre Paul, en 2Co5,17, affirme : «  Si quelqu'un a confié sa vie à Jésus-Christ, il est une nouvelle création, les choses anciennes sont révolues, voici toutes choses sont devenues nouvelles, et tout cela vient de Dieu qui nous a réconciliés avec Lui par Jésus-Christ. »
  • La Bible restaure, relève, restructure : le Psaume19, au verset 8, l'affirme. Elle revalorise l'individu. Quelqu'un a écrit : «La gloire de Dieu, c'est l'homme debout !» . Jésus n'a-t-Il pas dit: «Ce ne sont pas ceux qui se portent bien qui ont besoin de médecin mais les malades. Je ne suis pas venu appeler les justes mais des pécheurs. » Et plus tard, Il rendra furieux les hommes religieux en leur disant: «Des voleurs et des prostituées vous devanceront dans le royaume de Dieu.»
  • Des exemples de transformations opérées dans la vie du démoniaque Légion, de Marie de Magdala, de Zachée, de Lévi, du brigand crucifié, me montrent l'importance de l'introduction de Sa parole dans les lieux où de tels personnages sont sous les verrous.

SEPT SUJETS DE PRIERE

  • Pour des aumôniers et des visiteurs vraiment chrétiens.
  • Pour les familles des détenus et des victimes.
  • Pour les directeurs et surveillants, ainsi que pour les responsables des services socio-éducatifs, des établissements pénitentiaires.
  • Pour la pénétration, dans les cellules, de Nouveaux Testaments et calendriers chrétiens : « Vivre Aujourd'hui», « La Bonne Semence »…
  • Pour les juges d'instruction, mais aussi les juges d'application des peines (JAP) qui décideront des permissions et des libérations conditionnelles.
  • Pour les églises, afin qu'elles soient prêtes à accueillir des sortants de prison (relisons la lettre de Paul adressée à Philémon).
  • Pour ceux qui sont appelés à correspondre avec les détenus. N'oublions pas que les épîtres étaient des lettres que les Apôtres Paul, Jean, Pierre, Jude ont adressé à des individus ou à des groupes d'individus.
(1) Disponibles chez Gérard Peilhon : 65, rue des Châtaigniers - 38070 St Quentin Fallavier 12, 50 Euros + 2 € de port
Que Dieu ait pitié de nous ! par le Père Dominique Wiel

L'invité-surprise de notre week-end était le père Dominique Wiel, prêtre-ouvrier, inculpé à tors dans l'affaire d'Outreau !

Né en 1937, septième enfant d'une famille qui devait en compter 14, il a été placé dans une ferme a l'âge de 14 ans. Appelé en Algérie, il y a

plusieurs fois frôlé la mort. C 'est à ce moment qu'il a décidé de devenir prêtre.

Après quelques années de ministère en paroisse, il décide de devenir prêtre-ouvrier et travaille comme manœuvre. Il s'engage aux plans syndical et politique. Sa ville, Outreau près de Boulogne sur mer, est alors frappée par la fermeture des forges et aciéries. Peu à peu, la situation sociale des habitants se dégrade. Dominique Wiel choisit de rester vivre à la "Tour du Renard" (cité HLM). Plutôt que de voir les jeunes traîner dans la rue, il les accueille chez lui, pour leur assurer une zone de libre expression.

Survient l'affaire d'Outreau, où dix-huit adultes se trouvent inculpés. Dominique Wiel est embarqué, à 6 heures du matin... Aux termes d'un procès célèbre mené par un jeune juge, il passera 900 jours en prison, avant d'être acquitté suite aux déclarations d'une accusatrice, qui niera en bloc tout ce qu'elle avait déclaré auparavant. Il exprime son ressentiment à l'égard du système judiciaire, sa reconnaissance vis-à-vis de sa famille et de ses collègues de travail qui lui ont apporté un soutien indéfectible et sa confiance inébranlable dans la vérité, dont il était sûr qu'elle s'imposerait un jour.

En réponse aux questions de l'assistance, Dominique Wiel explique qu'il a pardonné aux enfants, aux personnes non responsables : « Pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font. » Pour le moment, il ne peut pardonner aux personnes responsables, qui lui ont fait trop de mal, tout en ne tenant pas compte de ses affirmations. Pour leur pardonner, il faudrait une démarche d'excuses de leur part, qui n'a pas été engagée.

Un très grand merci au père Dominique Wiel !

Nous vous recommandons son livre/témoignage : "Que Dieu ait pitié de nous" paru chez Oh! Editions (www.oheditions.com ).

Les groupes de prière du "Bon Larron"

Eric Désaleux, responsable national des groupes de prière, nous précise : 34 lieux rattachés à la spiritualité du Bon Larron prient régulièrement pour les prisonniers. Ce chiffre est en progression par rapport à 2000 (une dizaine de nouveaux groupes), mais loin de l'objectif de notre fondateur : un groupe de prière par prison (180 lieux de détention en France).

Il existe aussi dans presque chaque département de petits monastères invisibles : des personnes qui prient aux intentions du Bon Larron, mais soit elles n'ont pas un groupe à proximité, soit elles ne peuvent pas se déplacer facilement .Nous en avons rencontré beaucoup à Paray le Monial l'été dernier.

Nous gardons toujours un lien spirituel et fraternel avec le groupe de prière des Prison de France, fondé par Gérard Vercauteren, qui touche maintenant 70 prisons, en France et à l'étranger. Prions pour que cette initiative se poursuive malgré la maladie de Gérard. Le groupe de Caen et les aumôneries chrétiennes de la prison le suivent jour après jour et nous demandent de nous unir à leur prière pour Gérard.

Nous devons faire tous nos efforts pour que de nouveaux groupes se créent, car nous sommes là au cœur de la vocation du Bon Larron : prier et intercéder pour le monde carcéral. Benoît XVI, qui avait déjà rappelé cette nécessité dans sa première encyclique, vient encore de le rappeler avec vigueur : « la prière est pour les chrétiens une question de vie ou de mort ».

La prière persévérante pour les détenus est une voie privilégiée pour permettre leur découverte de l'amour de Dieu. La rencontre avec le Dieu d'amour est le chemin privilégié de la reconstruction des personnes. L'originalité de notre œuvre est de croire à la puissance de la prière et d'en avoir expérimenté les fruits depuis 25 ans.

C'est pour entrer plus profondément au cœur de notre vocation de priants que notre week-end a été placé sous le signe de l'adoration : notre prière doit s'enraciner dans la contemplation du Christ, dans la louange et dans une remise confiante du destin des personnes pour qui nous prions à la miséricorde de Dieu.

Le père André Daigneault nous le rappelait lors du week-end de mars 2005 : "Jetons notre misère dans les bras du Dieu d'amour qui console, qui guérit, qui redresse." Devant le Saint Sacrement, présentons notre misère et celle du monde carcéral.
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Témoignage de Marie Dreux

Si l'on m'avait dit il y a 2 ans que je serais parmi vous aujourd'hui pour témoigner, je ne l'aurais pas cru… parce que j'avais perdu la foi à l'âge de 18 ans.

Le dimanche 13 Novembre 2005, 30 ans plus tard, j'ai retrouvé la certitude que Dieu existe , une rencontre magnifique avec Sa lumière, et la tendresse de la Sainte Vierge. Depuis, je n'ai jamais été aussi heureuse. Mes yeux se sont ouverts sur les merveilles du Seigneur, ma vie s'est transformée, et mes rapports avec les êtres sont plus simples et plus sereins.

Depuis 2 ans, j'anime des ateliers de poterie à la Maison d'Arrêt de La Talaudière (St Etienne), dans le quartier femmes : les participantes modèlent des objets d'argile que j'emporte chez moi pour les cuire, puis elles les offrent au parloir, ou les gardent en cellule.

Depuis ma conversion, les relations avec les détenues ont changé, elles sont devenues mes sœurs, j'y vais avec joie, nous partageons de beaux moments de complicité, d'entraide, parfois nous parlons de Dieu…Saïda, musulmane non pratiquante m'a dit un jour : « Quand tu fais un pas vers Dieu, il en fait mille vers toi. »
Il y a un an, en février 2006, à Paray-le-Monial, j'ai découvert les grâces de la prière pour les personnes détenues.

En août dernier, toujours à Paray, j'ai découvert l'Association Le Bon Larron : en discutant avec François Broustet son président, j'ai appris qu'il n'y avait pas de groupe de prière dans le 42. J'ai dit à François que je ne me sentais pas assez disponible pour monter un groupe de prière moi-même, mais j'ai emporté un gros paquet de tracts sur le Bon Larron.

Je n'avais pas envie de quitter Paray-le-Monial, ce jeudi 10 Août 2006, j'avais même un peu le cafard, alors j'ai pioché dans un lot de cassettes que j'avais achetées en disant : « Esprit-Saint, choisis celle que je vais écouter sur la route. » Je tombe sur le témoignage d'un ancien détenu converti. Je me dis : « Zut, encore une histoire de détenu, j'ai déjà donné. »

J'écoute quand même cette cassette en conduisant, et elle me bouleverse : Jean-Jacques Henry, cet homme qui avait fait les 400 coups, multirécidiviste, se trouve touché par l'amour et la miséricorde de Dieu… Je suis touchée moi aussi, très émue, et je dis au Seigneur : « Tu m'as bien eue ! » Puis j'aperçois un jeune auto-stoppeur.

Je m'arrête pour le prendre, il allait à 5 km de là, au village suivant. Il monte, et très vite il s'agite, mal à l'aise : nous sommes doublés par une ambulance et une voiture de police. Il a peur des « poulets ». Nous doublons au pas un accident : mobylette défoncée, et le corps étendu d'un jeune homme ensanglanté, masque à oxygène sur le visage. Je lui dis « Il faut que je prie pour ce jeune homme » et en retenant mes larmes, je commence un ‘Je vous salue Marie' à voix haute. Mon passager s'écrie qu'il le connaît, que c'est un de ses cousins.

- « Veux-tu que je m'arrête ?
-  Non, il m'a fait des crasses.
- Alors, dis-moi son nom, je prierai pour lui et pour sa famille, ça a l'air très grave.
- Non, j'vous donnerai pas son nom.
- Pourquoi ? 
- Parce qu'il est récidiviste. 
- Tu sais, les récidivistes, je connais, je fais des animations à la prison de St Etienne. »

Alors après un court silence, il me dit : «  Mon père est entré à La Talaudière dimanche . »
Je fis cette prière intérieure : « Seigneur, tu attends quelque chose de moi, guide-moi. »J'expliquais à mon jeune passager comme c'était important qu'il rende visite à son père, que son père en avait besoin. Il me dit qu'il avait envie d'aller le voir, qu'il devait d'abord faire des démarches pour avoir ses papiers d'identité en règle.

Nous arrivons dans son village. Je lui dis : « J'ai là une cassette, c'est le témoignage d'un ancien détenu qui s'est converti, il mène maintenant une vie formidable. Tu la veux ? ». Il prend la cassette avec un beau sourire. Par la vitre ouverte je lui demande :

- « Il s'appelle comment ton père ?
- Francis.
- Tu diras à ton papa qu'il y a une dame qui prie pour lui. Et toi, tu t'appelles comment ?
- Johnny. »
En démarrant je lui dis :
- Moi, c'est Marie. »

Seigneur, tu avais frappé fort. L'appel était clair, et je n'avais été qu'un outil dans tes mains.

Le groupe de prière du Bon Larron s'est mis en place à St Etienne, à l'église de la Talaudière, à 1 km de la Maison d'Arrêt. Nous nous réunissons tous les 1 ers mardi du mois. Le 3 avril nous étions environ 35, deux aumôniers protestants, un prêtre, des visiteurs, des parents de détenus, parmi lesquels des gitans de la communauté Manouche sont venus. Le 1 er Mai nous étions 17, l'aumônier musulman de la Maison d'Arrêt s'est joint à nous.

Comme le Seigneur nous aime ! Qu'il habite notre louange et bénisse la Maison d'Arrêt !
Itinéraire d'une priante du Bon Larron, par Marie-Lucie

Ayant déménagé, je change de quartier et – clin d'œil du Seigneur ?-, mon nouvel appartement est situé entre la Maison d'Arrêt, le Séminaire et le Centre de Détention. Chaque matin, ouvrant les volets, je suis fortement interpellée par ces hauts murs, ces fenêtres allumées, derrière lesquelles se trouvent des personnes détenues. « Toute personne est une histoire sacrée » : je me mets à prier chaque jour pour toutes ces personnes anonymes (pas pour le Seigneur, bien sûr !) en union avec le Monastère invisible dont je fais partie.

Un jour, je lis dans le bulletin mensuel de ma paroisse - que, chaque mois, se réunit un groupe de prières qui prie pour les prisonniers et le monde carcéral. Timidement, je viens me joindre au groupe – dont chaque membre est du Bon Larron - pour prier, non plus seule dans mon coin, mais avec d'autres personnes.

Puissance de la prière communautaire : « Si deux d'entre-vous unissant leur voix … » Mat, 18,18-19 : Ils attendaient justement que le Seigneur leur envoie des priants. Pendant plusieurs mois, je vis donc ce temps de louanges, de prières, d'intercession pour les prisonniers connus par la correspondance ou les visites. Temps de partage de la parole de Dieu, lecture de passages édifiants, émouvants, des lettres de correspondants détenus.

Quelques mois après mon entrée dans le groupe, j'accepte de correspondre avec un prisonnier, recommandé par un autre détenu. Cette correspondance s'avère être un peu simple, sans véritable échange profond. Mais, depuis 2003, nous restons, l'un et l'autre, fidèles à cette correspondance où la graine de la parole de Dieu, de sa Miséricorde semée dans le champ du cœur de ce prisonnier, pourra germer en son temps.

Patience dans la correspondance, patience de Dieu.

Le 15 août 2004, commence une deuxième correspondance, avec Jean-Luc (arrivé en prison en octobre 2003). Le cheminement de celui-ci va être étonnant, édifiant. .Son incarcération est pour lui, le temps où il va découvrir avec bonheur le Dieu :Amour et Miséricode : Jean-Luc a mis Dieu dans sa vie.

Depuis son appel de détresse dans la petite revue « Itinérant » de juillet 2004 jusqu‘à aujourd'hui, il a connu une évolution morale et spirituelle incroyable.

A Noël Jean-Luc m'écrit ceci : « Ce n'est pas parce que on est dans la misère que l'on ne doit pas penser aux autres, surtout à ceux qui sont dans le froid, sans toit et peut-être sans rien à manger qu'un bout de pain, alors que nous, même miséreux, nous sommes au chaud, à l'abri et nous avons un repas.

…Oui, Marie-Lucie, j'ai eu la chance, une chance inouïe, d'être habité par le Seigneur ! Car, le Seigneur est ma demeure. » « Que la lumière de Bethléem ne cesse de briller sur nos vies et que la Paix, l'Amour règnent sur le monde toute l'année 2006. »
…« Merci à tous ceux du Bon Larron qui réjouit tant de cœurs ici, par son courrier et l'amour que vous nous apportez par la grâce de Dieu. »

Après la lecture d'un tel texte, il semble que cette mission Bon Larron ne peut être menée que dans la prière et nourrie par la spiritualité de la Fraternité : «  ANNONCER A TOUS LA MISERICORDE DE DIEU. »

J'ajoute que je n'ai pas fini de m'engager. De priante, je suis devenue correspondante puis accueillante des familles de prisonniers à la Maison d'Arrêt, puis membre de l'équipe qui vient de se constituer pour le ‘téléphone des familles de détenus' (1) .

D'où, une exhortation pressante à faire ou rejoindre un groupe de prières, si notre emploi du temps ou notre état de vie le permet. Car comme on le voit dans ce témoignage, les groupes de prières peuvent avoir une grande fécondité sur tous les plans : spirituel, humain, social.

(1) Emission chaque dimanche midi sur la radio chrétienne locale (RCF)

Paray le Monial 2007

Nous serons de nouveau présents pendant les sessions de familles , à Paray le Monial, ( 21-26 juillet, 28 juillet-2 août, 4-9 août ). La communauté de L' Emmanuel nous a demandé de nouveau des témoins pour les inclure dans leurs programmes. Nous nous réjouissons beaucoup de cette entente entre nos deux communautés.

Comme l'an dernier, notre tente sera un lieu de présentation de notre œuvre, de prière et de convivialité.

Notre but sera, bien sûr, de susciter de nouvelles vocations de priants, d'ouvrir de nouveaux groupes de prière, et de trouver des ambassadeurs de la fraternité dans les régions pour témoigner et aider à démarrer les groupes naissants.


Regard sur une vie , par Claude Forcadel,

un ancien de la prison, converti, auteur de ‘Je suis un miracle' (1) veut nous faire partager sa joie,
à l'occasion de ses 65 ans, et de ses 20 ans de sobriété
.

"20 années de lumière, 45 ans aux enfers,au fond de mon abîme,
après 45 ans d'enfer, j'ai vu, comme la foudre,
surgir la grâce divine, sublime,
l'AMOUR de Dieu est venu triompher de la mort.

Pour moi, oui, le 10 janvier 1987, à 19h10, je suis mort en moi, quelque part,
et le Christ est venu, pile à l'heure pour mon SALUT…"


(1) Edition de l' Emmanuel



A. Daigneault
La mémoire du coeur
Le Père André Daigneault, responsable du Foyer de Charité de Sutton, au Québec, qui avait animé notre week-end 2005, vient de publier, aux Editions de l'Emmanuel, un entretien avec Hubert de Torcy, dans lequel il développe sa spiritualité, centrée sur la pauvreté du coeur, et la "blessure qui se change en perle". Dans la ligne de Sainte-Thérèse de l'Enfant Jésus : descendre au coeur de notre pauivreté ...
Un livre qu'aurait aimé notre Père Yves Aubry !

Pèlerinage de Chartres : 13 et 14 octobre 2007

Retenez ces dates pour venir vivre avec nous ces moments privilégiés de prière et de partage.
St Vincent de Paul guidera notre pèlerinage !

Pour tous renseignements : 01 34 89 99 51
ou bon.larron@orange.fr


Recherche, pour l'animation des messes de l'aumônerie de la Maison d'Arrêt de Villepinte,
un orgue électronique à pédales
, si possible en valise portable. Budget maximum 200 €.
Merci de vous adresser à Jean-Luc G. - Tél. 06 72 50 16 49 ou 01 43 08 66 11

 

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Bulletin de liaison n°29 - juin 2007

Directeur de la Publication :
François Broustet

Equipe de rédaction :
Daniel Martin,
Béatrice K.,
Elisabeth Vassy

Editeur :

La Fraternité des Prisons
'Le Bon Larron'
4, rue du Pont des Murgers
78610 - Auffargis
Tél. : 01 34 84 13 08
Site : www.bonlarron.org
Courriel : info@bonlarron.org

Impression :
Ateliers de Frileuse
91640 - Briis-sous-Forges
Tél. : 01 64 90 85 40