| Notre charisme particulier, dans la fraternité du Bon Larron, est de croire de toutes nos forces à la miséricorde de Dieu qui est dispensée sans mesure aux plus pauvres qui sont en prison, et notre mission est de supplier Dieu que Ses grâces se répandent sur tout le monde carcéral. L’Adoration devant le Christ totalement présent dans l’hostie doit devenir pour notre œuvre commencement de toute notre action, et une habitude bien enracinée. “Et moi, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin des temps” (Mt 28:20) nous a promis le Christ. Cette présence du Christ se réalise dans notre âme en plénitude quand nous recevons l’Eucharistie, et aussi quand nous prenons le temps d’un dialogue de personne à personne dans l’Adoration. Dans ces moments d’Adoration, après avoir demandé la paix dans nos cœurs, présentons nos intentions, présentons ceux qui souffrent tant de ne pas encore connaître la tendresse de Dieu, présentons tous ceux qui ont la charge des délinquants. |
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Le Père Denis Merz nous l’a suggéré, lors de notre week-end annuel : si l’Adoration est difficile à organiser dans notre paroisse, offrons un petit ostensoir qui sera placé, avec une hostie consacrée dans le tabernacle. Si le prêtre est trop pris, il nous donnera la permission d’ouvrir le tabernacle, et nous pourrons adorer l’hostie visible. Notre petit groupe de Bordeaux se réunit chaque semaine devant le Saint Sacrement. L’aumônier de la prison locale nous a confié Pascal qui se laissait mourir dans une grève de la faim au dernier stade. Tout le groupe a supplié le Seigneur de redonner à Pascal le goût de la vie et de ne pas laisser sans papa sa fille de 18 mois, et sans mari sa jeune épouse. Pascal, était déjà hospitalisé, près de la fin, il a recommencé à manger, l’épreuve de force avec son juge s’est apaisée, il a obtenu une libération conditionnelle. Pascal n’a pas de séquelles, l’aumônier est bouleversé et émerveillé, les médecins ne comprennent pas, et Pascal a découvert la prière. Alléluia ! Merci Pour cette grâce de vie reçue devant l’hostie par notre Groupe Venez, adorons pour ceux qui souffrent, et nous aurons dans les yeux d’innombrables larmes de joie quand d’autres Pascal recevront une grâce de vie. |
Rapport financier de l'année 2006 présenté à l’Assemblée Générale Ordinairedu dimanche 25 mars 2007 |
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Grâce aux cotisations et dons reçus des membres de la fraternité, nous avons pu :
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« Pourquoi j'aime Le BON LARRON … » par Claude Klein, membre fidèle de la Fraternité, qui a vécu 6 mois à la maison d'Auffargis , Je pense tout d'abord que le Bon Larron est une association fraternelle (cela fait partie de la devise de la République, mais finalement manque si cruellement). Une association de croyants, où l'on peut se rencontrer, échanger des idées pour faire avancer les choses dans cette société où tout est compliqué, et surtout faux. On peut discuter avec des gens de divers milieux, pour qui de simples explications franches suffisent à mieux saisir le pourquoi du comment sur la délinquance. Au moins, dans cette association, il n'y a pas de problème de masque, derrière lesquels la plupart des gens se cachent, ni de différence entre gens d'origine modeste ou mieux lotis. Je suis personnellement très heureux que cette association existe. J'y ai trouvé des amis, une écoute, et surtout de l'aide en cas de détresse morale. Je souhaite que tout cela puisse continuer longtemps, mais il y a encore énormément de travail…- retour en haut de page |
Violée à l'âge de 8 ans, j'ai grandi avec la certitude que j'étais très sale et que je ne valais rien. Adolescente, j'ai rencontré un dealer et suis devenue complice de son trafic de drogue. J'étais consciente du mal que je faisais, mais, dans ma tête, c'était normal, puisque je ne valais rien. Un jour, nous sommes arrêtés ensemble, et c'est la prison, nouvelle grande blessure. Au bout de 3 ans, je sors de prison, avec le désir de mettre un terme à cette vie mauvaise. Mais, 9 mois plus tard, je suis de nouveau en prison, arrêtée avec un autre copain, pour les mêmes raisons. C'est alors que j'apprends que je suis séropositive. C'est le désespoir, je me sens comme une pestiférée. Quelques temps après, j'apprends que mon ami est mort. Je touche le fonds, je ne veux plus vivre. A partir de ce jour, la Bible a cessé d'être un livre, pour devenir quelqu'un avec qui je vis, avec qui je me fâche parfois. J'ai fait mienne cette parole de Madeleine Delbrel « la Bible n'est pas un livre pour lire, mais pour être vécu ». Une fois sortie de prison, il y a eu le miracle des rencontres : chaque rencontre est une rencontre avec ce Dieu caché dans l'homme. Il y a eu la rencontre avec le père Aubry, la rencontre avec Roberte, Daniel, Claude, Béatrice, et tous les autres. C'est pour cela que nous devons rester en silence lorsque nous Le rencontrons, ne pas nous laisser distraire par nos propres sentiments, sinon nous risquons de ne pas entendre ce que le Dieu caché en nous dit. A la Croix, le Bon Larron reste en silence devant le Christ, regardant ce Christ qui est la Lumière, il a pu entrer en relation avec Lui, et c'est alors que l'alliance entre l'homme et Dieu a été rétablie. Le soir même, il était au paradis avec le Christ. Je me souviens de ce jour où j'ai bâclé mon travail pour aller prier devant le Saint Sacrement – mon cœur m'a dit : « retourne à ton travail, le Saint Sacrement, c'est la personne que tu as laissée seule chez elle ». Nul ne peut voir Dieu sans mourir : avec les yeux de mon cœur, j'ai vu Dieu, et ce qui n'était pas de Lui est mort en moi. C'est l'enjeu de toute la vie ! |
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L'invité-surprise de notre week-end était le père Dominique Wiel, prêtre-ouvrier, inculpé à tors dans l'affaire d'Outreau ! Né en 1937, septième enfant d'une famille qui devait en compter 14, il a été placé dans une ferme a l'âge de 14 ans. Appelé en Algérie, il y a plusieurs fois frôlé la mort. C 'est à ce moment qu'il a décidé de devenir prêtre. Après quelques années de ministère en paroisse, il décide de devenir prêtre-ouvrier et travaille comme manœuvre. Il s'engage aux plans syndical et politique. Sa ville, Outreau près de Boulogne sur mer, est alors frappée par la fermeture des forges et aciéries. Peu à peu, la situation sociale des habitants se dégrade. Dominique Wiel choisit de rester vivre à la "Tour du Renard" (cité HLM). Plutôt que de voir les jeunes traîner dans la rue, il les accueille chez lui, pour leur assurer une zone de libre expression. |
Survient l'affaire d'Outreau, où dix-huit adultes se trouvent inculpés. Dominique Wiel est embarqué, à 6 heures du matin... Aux termes d'un procès célèbre mené par un jeune juge, il passera 900 jours en prison, avant d'être acquitté suite aux déclarations d'une accusatrice, qui niera en bloc tout ce qu'elle avait déclaré auparavant. Il exprime son ressentiment à l'égard du système judiciaire, sa reconnaissance vis-à-vis de sa famille et de ses collègues de travail qui lui ont apporté un soutien indéfectible et sa confiance inébranlable dans la vérité, dont il était sûr qu'elle s'imposerait un jour. En réponse aux questions de l'assistance, Dominique Wiel explique qu'il a pardonné aux enfants, aux personnes non responsables : « Pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font. » Pour le moment, il ne peut pardonner aux personnes responsables, qui lui ont fait trop de mal, tout en ne tenant pas compte de ses affirmations. Pour leur pardonner, il faudrait une démarche d'excuses de leur part, qui n'a pas été engagée. Un très grand merci au père Dominique Wiel ! Nous vous recommandons son livre/témoignage : "Que Dieu ait pitié de nous" paru chez Oh! Editions (www.oheditions.com ). |
Les groupes de prière du "Bon Larron" Eric Désaleux, responsable national des groupes de prière, nous précise : 34 lieux rattachés à la spiritualité du Bon Larron prient régulièrement pour les prisonniers. Ce chiffre est en progression par rapport à 2000 (une dizaine de nouveaux groupes), mais loin de l'objectif de notre fondateur : un groupe de prière par prison (180 lieux de détention en France). Il existe aussi dans presque chaque département de petits monastères invisibles : des personnes qui prient aux intentions du Bon Larron, mais soit elles n'ont pas un groupe à proximité, soit elles ne peuvent pas se déplacer facilement .Nous en avons rencontré beaucoup à Paray le Monial l'été dernier. Nous gardons toujours un lien spirituel et fraternel avec le groupe de prière des Prison de France, fondé par Gérard Vercauteren, qui touche maintenant 70 prisons, en France et à l'étranger. Prions pour que cette initiative se poursuive malgré la maladie de Gérard. Le groupe de Caen et les aumôneries chrétiennes de la prison le suivent jour après jour et nous demandent de nous unir à leur prière pour Gérard. Nous devons faire tous nos efforts pour que de nouveaux groupes se créent, car nous sommes là au cœur de la vocation du Bon Larron : prier et intercéder pour le monde carcéral. Benoît XVI, qui avait déjà rappelé cette nécessité dans sa première encyclique, vient encore de le rappeler avec vigueur : « la prière est pour les chrétiens une question de vie ou de mort ». La prière persévérante pour les détenus est une voie privilégiée pour permettre leur découverte de l'amour de Dieu. La rencontre avec le Dieu d'amour est le chemin privilégié de la reconstruction des personnes. L'originalité de notre œuvre est de croire à la puissance de la prière et d'en avoir expérimenté les fruits depuis 25 ans. C'est pour entrer plus profondément au cœur de notre vocation de priants que notre week-end a été placé sous le signe de l'adoration : notre prière doit s'enraciner dans la contemplation du Christ, dans la louange et dans une remise confiante du destin des personnes pour qui nous prions à la miséricorde de Dieu. Le père André Daigneault nous le rappelait lors du week-end de mars 2005 : "Jetons notre misère dans les bras du Dieu d'amour qui console, qui guérit, qui redresse." Devant le Saint Sacrement, présentons notre misère et celle du monde carcéral.- retour en haut de page |
Depuis 2 ans, j'anime des ateliers de poterie à la Maison d'Arrêt de La Talaudière (St Etienne), dans le quartier femmes : les participantes modèlent des objets d'argile que j'emporte chez moi pour les cuire, puis elles les offrent au parloir, ou les gardent en cellule. Depuis ma conversion, les relations avec les détenues ont changé, elles sont devenues mes sœurs, j'y vais avec joie, nous partageons de beaux moments de complicité, d'entraide, parfois nous parlons de Dieu…Saïda, musulmane non pratiquante m'a dit un jour : « Quand tu fais un pas vers Dieu, il en fait mille vers toi. » En août dernier, toujours à Paray, j'ai découvert l'Association Le Bon Larron : en discutant avec François Broustet son président, j'ai appris qu'il n'y avait pas de groupe de prière dans le 42. J'ai dit à François que je ne me sentais pas assez disponible pour monter un groupe de prière moi-même, mais j'ai emporté un gros paquet de tracts sur le Bon Larron. Je n'avais pas envie de quitter Paray-le-Monial, ce jeudi 10 Août 2006, j'avais même un peu le cafard, alors j'ai pioché dans un lot de cassettes que j'avais achetées en disant : « Esprit-Saint, choisis celle que je vais écouter sur la route. » Je tombe sur le témoignage d'un ancien détenu converti. Je me dis : « Zut, encore une histoire de détenu, j'ai déjà donné. » J'écoute quand même cette cassette en conduisant, et elle me bouleverse : Jean-Jacques Henry, cet homme qui avait fait les 400 coups, multirécidiviste, se trouve touché par l'amour et la miséricorde de Dieu… Je suis touchée moi aussi, très émue, et je dis au Seigneur : « Tu m'as bien eue ! » Puis j'aperçois un jeune auto-stoppeur. Je m'arrête pour le prendre, il allait à 5 km de là, au village suivant. Il monte, et très vite il s'agite, mal à l'aise : nous sommes doublés par une ambulance et une voiture de police. Il a peur des « poulets ». Nous doublons au pas un accident : mobylette défoncée, et le corps étendu d'un jeune homme ensanglanté, masque à oxygène sur le visage. Je lui dis « Il faut que je prie pour ce jeune homme » et en retenant mes larmes, je commence un ‘Je vous salue Marie' à voix haute. Mon passager s'écrie qu'il le connaît, que c'est un de ses cousins.
Alors après un court silence, il me dit : « Mon père est entré à La Talaudière dimanche . » Nous arrivons dans son village. Je lui dis : « J'ai là une cassette, c'est le témoignage d'un ancien détenu qui s'est converti, il mène maintenant une vie formidable. Tu la veux ? ». Il prend la cassette avec un beau sourire. Par la vitre ouverte je lui demande :
Seigneur, tu avais frappé fort. L'appel était clair, et je n'avais été qu'un outil dans tes mains. Le groupe de prière du Bon Larron s'est mis en place à St Etienne, à l'église de la Talaudière, à 1 km de la Maison d'Arrêt. Nous nous réunissons tous les 1 ers mardi du mois. Le 3 avril nous étions environ 35, deux aumôniers protestants, un prêtre, des visiteurs, des parents de détenus, parmi lesquels des gitans de la communauté Manouche sont venus. Le 1 er Mai nous étions 17, l'aumônier musulman de la Maison d'Arrêt s'est joint à nous. Comme le Seigneur nous aime ! Qu'il habite notre louange et bénisse la Maison d'Arrêt ! |
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Nous serons de nouveau présents pendant les sessions de familles , à Paray le Monial, ( 21-26 juillet, 28 juillet-2 août, 4-9 août ). La communauté de L' Emmanuel nous a demandé de nouveau des témoins pour les inclure dans leurs programmes. Nous nous réjouissons beaucoup de cette entente entre nos deux communautés. Comme l'an dernier, notre tente sera un lieu de présentation de notre œuvre, de prière et de convivialité. Notre but sera, bien sûr, de susciter de nouvelles vocations de priants, d'ouvrir de nouveaux groupes de prière, et de trouver des ambassadeurs de la fraternité dans les régions pour témoigner et aider à démarrer les groupes naissants. |
Recherche, pour l'animation des messes de l'aumônerie de la Maison d'Arrêt de Villepinte, un orgue électronique à pédales, si possible en valise portable. Budget maximum 200 €. Merci de vous adresser à Jean-Luc G. - Tél. 06 72 50 16 49 ou 01 43 08 66 11 |
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Bulletin de liaison n°29 - juin 2007
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