Le Bon Larron
Bulletin de liaison de la Fraternité des Prisons
Association privée de fidèles
Fondateur : Père Yves Aubry
n° 30 - décembre 2007

"Le roseau ployé, il ne le brisera pas" (Isaïe 42,3)"

SOMMAIRE du Bulletin n° 30

Un doudou ?… Editorial de François Broustet
Nouvelles réflexions, progression de notre Fraternité…
Nouvelles de la maison d'Auffargis
Pèlerinage à Chartres avec Saint Vincent de Paul 12, 13 et 14 octobre 2007
Retour de Chartres et moments de grâces
Marie-Luce nous parle de sa rencontre avec le BON LARRON
In memoriam Lucien Le Négrate
Gérard Vercauteren nous a quittés
Ludovic est invité à témoigner
Le courrier du BON LARRON
Propos de visiteur
« Prison Terre de métamorphose », dix ans après
Jean-Jacques Henry et la maison Dominique Savio
Week-end National Bon Larron 2008
Publication et impression


Encarts dans le Bulletin n° 30 :

Intentions de prières 1er trimestre 2008
Bulletin d'adhésion 2008


cliquez pour agrandir la photo Un doudou ? …

Editorial de François Broustet, président de la Fraternité

Lors d’une récente session à Paray le Monial, le père Denis Sonet a osé employer une image qui m’a, dans un premier temps, laissé perplexe : « L’Eucharistie, c’est un doudou que le Christ, dans son immense tendresse, a laissé à ses enfants pour patienter jusqu’à son retour ».
J’avais bien remarqué la place qu’ont tenu les « doudous » dans la vie de mes enfants et petits-enfants, ce doudou qui calme l’angoisse du coucher en apportant la sécurité et la tendresse nécessaires pour affronter la peur du noir et la séparation de la nuit.

Je me suis souvenu alors de cette parole : « Si vous ne devenez pas comme des enfants, vous n’entrerez pas dans le Royaume de Dieu » (Mt 18, 3).

Une autre parole, d’un évêque ami, aujourd’hui certainement dans le Royaume de Dieu, m’est revenue en mémoire :
« Le drame des hommes de notre temps est de ne pas se savoir aimés de Dieu ».
La souffrance de Dieu causée par ce manque d’amour des hommes doit être immense, et, pour les hommes, quel gâchis !
Bien sûr, les hommes ont des excuses, le malin, dès l’origine, a tout fait pour nous couper de la tendresse de Dieu, en nous disant d’abord : soyez vos propres dieux, déterminez vous-mêmes le bien et le mal, et ensuite, après la chute : vous voyez bien que vous n’êtes pas dignes de Dieu ! Souvent, hélas, la morale n’est pas présentée comme le meilleur chemin vers l’amour de Dieu, mais comme un code abstrait – et beaucoup la rejettent. Alors, n’ayons pas peur de ce Dieu tendresse, de ce Dieu doudou, qui désire tellement une relation d’amour avec nous !
Je repense encore à cette image d’une histoire racontée par Soeur Emmanuelle :
Une de ses amies a ouvert un foyer qui recueille les enfants trisomiques que les parents n’ont pas la force de garder.
Une maman, qui hésite à garder l’enfant qu’elle porte, annoncé trisomique, va voir ce foyer pour se faire une idée. Elle est bouleversée par la joie qui y règne, et les signes d’amour. Elle demande : je veux voir de vrais trisomiques. On lui répond : ce sont des vrais. Elle aperçoit alors un ostensoir qui contient le Corps du Christ. Il est couvert de beurre et de confitures : c’est l’heure du goûter, et les enfants viennent embrasser Jésus, lui faire un câlin. C’est leur superdoudou, et Jésus aime tant les pauvres et les souffrants !
Nos frères prisonniers ont, bien souvent, manqué de doudous dans leur enfance, les doudous d’une famille sécurisante et aimante, et manqué du doudou-Jésus Christ.
Nous sommes là pour leur dire que Dieu les aime tendrement, pour les présenter à Dieu dans l’adoration et la prière, pour leur faciliter l’accès à la parole d’amour de Dieu.
Un doudou pour les gros durs qui ont fait les pires crimes ? Dieu fond de tendresse à nos demandes de pardon : « Ce soir même, tu seras dans mon Royaume de tendresse »
(Cf. Lc 23, 42-43).
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Nouvelles réflexions, progression de notre Fraternité…
Le Conseil d'Administration de la Fraternité s'est réuni les 7 octobre et 1 er décembre

Quelques orientations se dessinent.

- Pour la seconde année, Le Bon Larron était présent aux Sessions des Familles de la Communauté de l'Emmanuel à Paray le Monial, occasion de nombreux contacts, particulièrement au niveau des jeunes, mais aussi des groupes de prière (un groupe vient de s'ouvrir à Lyon, suite à un contact pris cet été). Nous continuerons dans cette ligne l'an prochain, et nous essaierons de participer aux rassemblements annuels d'autres communautés qui nous permettent de faire connaître notre appel à : partager l'amour du Christ avec ceux qui sont touchés par la détention, et prier pour le monde de la Justice.

- Vie des groupes de prière . En annexe, vous pourrez voir que certaines modifications interviennent, les groupes ont tendance à se multiplier. Ludovic Perez reprend avec courage et enthousiasme le flambeau de Gérard Vercauteren, Groupe de Prière des Prisons de

France, qu'il soit ici vivement remercié, et assuré de notre prière ! Notons la progression remarquable du groupe de Bordeaux, particulièrement centré sur l'adoration, qui a établi une bonne relation avec la prison la plus proche, et son aumônier, et intercède régulièrement pour tous les détenus qui lui sont confiés, et celle du groupe de St Etienne-La Talaudière, qui se réunit dans l'église, avec l'aumônier protestant (l'imam est venu se joindre une fois au groupe).

- La situation financière de la Fraternité est satisfaisante, ce qui nous permet d'envisager des aides ponctuelles aux détenus et ex-détenus dans le besoin.

- Au niveau de la correspondance , une cinquantaine de nouveaux correspondants détenus seraient les bienvenus !

- Le Conseil d'Administration est constitué de : François Broustet, président, Claude Violette, viceprésident, Odile Bastide, trésorière, Suzanne Pataille, membre permanent, Monique Galerne, Marie-France Coppin, Annie Baudelin, Daniel Barzic, Eric Désaleux.

Le Conseiller spirituel est le père Jacques Destelle, et le père Yves Laloux est délégué de Mgr Aumônier auprès de la Fraternité.

- Maison d'accueil : un ancien membre du Pain de Vie, ami de notre Fraternité, a souhaité poursuivre sa route avec Le Bon Larron. Il s'agit du Frère Pascal, responsable, à Lisieux , du « Refuge Notre-Dame » maison qui accueille des ex-détenus libérés, en libération conditionnelle ou tout aménagement de peine, y compris bracelet électronique. L'évêque du lieu, Mgr Pierre Pican, vient de donner son accord. L'accord du SPIP des prisons de l'Orne et du Calvados est lui aussi obtenu.

Merci de vous unir à notre prière pour le bon développement de cette coopération !

- Centre de pèlerinage de Montligeon : une sympathie réciproque nous a conduit à y réunir le Conseil d'Administration d'octobre. Des démarches sont en cours pour effectuer le rapprochement de notre Fraternité avec le sanctuaire, en lien avec son responsable, le père

Paul Préaux.


Nouvelles de la maison d'Auffargis

Jacqueline va mieux. Patrick et Steve y résident actuellement. Patrick a retrouvé du travail extrêmement rapidement. Steve atterrit “en douceur” après ses 15 mois de détention. Accompagnons-les de notre prière, et espérons que la Maison continuera longtemps à servir de sas de remise entrain à beaucoup de sortants…

Reconnaissance d'un accueilli

« Qu'est-ce que je serais devenu, sans le Bon Larron ? Heureusement qu'il y a des gens comme vous, qui donnent de leur temps, beaucoup, même. Vous êtes là, pour nous donner un peu d'espoir, et beaucoup de réconfort ! Quand tu sors de prison, c'est encore plus dur que quand tu y es ! Tu es perdu ! Tu n'as plus la même notion de la vie, comme si tu sortais d'un coma !

Je tiens à remercier toutes ces personnes qui m'ont aidé, et qui m'aident toujours, pour que je recommence une vie nouvelle. Surtout la personne qui m'a accompagné pendant ces15 mois, et qui est toujours là.

Je vous dis “bravo !”. Si toutes les personnes étaient comme vous, le monde tournerait en parfaite harmonie ! Que Dieu vous bénisse ! Votre frère en Christ, Steve.»
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Pèlerinage à Chartres avec Saint Vincent de Paul 12, 13 et 14 octobre 2007
(Seules dates disponibles et clin d'oeil de la Providence, le 12 on fêtait Saint Dismas dit le « Bon Larron » !)

Jouars Ponchartrain

Dès le vendredi 12 au soir, nous nous retrouvons pour la traditionnelle veillée, après un dîner fraternel. Dans la nuit, les « Larrons » convergent vers la lumineuse église de Saint Martin de Jouars, pour y retrouver le père Jean-Yves Jaffré (Lazariste) animateur du pèlerinage.

L'Eucharistie et la bénédiction par imposition des mains de chacun de nous constituent les deux premiers temps forts du week-end. C'est le geste que le Père Yves Aubry accomplissait déjà, en invoquant l'Esprit Saint, avant le départ des pèlerinages. Le samedi, le car de Paris nous ayant rejoint, nous chantons les laudes dans un petit matin frisquet.

Heureusement qu'il y a la voix « chaude » de Patricia (les Béatitudes ), devenue tradition elle aussi du pèlerinage, pour nous réchauffer. Elle a toutefois cette année fort à faire pour « composer » avec la guitare et les improvisations du père Jean-Yves, dont c'est l'instrument favori d'évangélisation. Il a composé un livret, émaillé de citations de saint Vincent, pour soutenir notre méditation durant la marche. Jean-Marie (monsieur Compostelle !) en assure le parfait balisage et la bonne cadence.

Saint Léger en Yvelines

Par très beau temps, durant la marche rythmée par des Ave Maria et des chants, Saint Vincent nous questionne : « Que veut dire aimer ? » et « Comment aimer ? »…

Il y a deux sortes d'amour Il faut de l'amour affectif passer à l'amour effectif qui est l'exercice des oeuvres de la charité… Car ce n'est pas négliger Dieu que d'interrompre une oeuvre de Dieu pour en accomplir une autre.

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Les « Marthes » de service en sont convaincues. Le buffet somptueux qu'elles ont préparé dans la salle paroissiale de Saint-Léger récompense les courageux marcheurs que le frère Paul attend avec son petit café de bienvenue. Puis, après ce moment de repos convivial et un temps de prière fervente dans la belle église qui lui est dédiée, nous reprenons la méditation.

« Les pauvres ne sont-ils pas les membres affligés de Notre Seigneur Jésus Christ ? Nous devons les assister et les faire assister de toutes les manières et même cherchons les plus pauvres et les plus abandonnés … »

St Vincent montre à ses disciples «… le bonheur de servir les pauvres forçats … car c'est le propre de l'amour de donner respect et complaisance dans la personne aimée. Il fait qu'on ne saurait voir souffrir quelqu'un sans souffrir avec lui… Lorsque j'ai compati à leur douleur, c'est alors qu'ils m'ont écouté, et qu'ils se sont mis en état de salut ».

Quoi de plus proche du désir du père Aubry pour ses frères prisonniers ?

Vers Epernon

Au cours de la route de l'après-midi, dans une nature complice et ensoleillée, nous chantons, prions et méditons justement… sur l'oraison et la recherche du royaume de Dieu !

Comme Dieu ne refuse rien à l'oraison ; aussi Il n'accorde presque rien sans oraison… Car l'oraison est la source de l'action missionnaire.

Seigneur apprenez-nous à prier (Luc 11,1)… vous qui n'avez eu à coeur que le règne de votre Père dans les âmes…C'est, mes frères, ce que nous lui devons demander à l'oraison : comment ferai-je pour étendre par tout le monde la connaissance et l'amour de Jésus… ?

Après la messe et le dîner, c'est la veillée au prieuré Saint Thomas d'Epernon. Avec le père Jean-Yves nous approfondissons la pensée de Monsieur Vincent, ce grand saint qui trouvait… qu'il n'en faisait jamais assez… , et poursuivons par un relais d'adoration devant le Saint-Sacrement. « Oui, l'adoration porte ses fruits… » comme en a témoigné notre président dans le dernier bulletin…

Chartres… ultime but !

Petit déjeuner et louange des laudes achevés, par un nouveau chemin très agréable, nous initions la dernière étape de notre marche vers Chartres.

Tout de suite, nous entrons dans le coeur du problème : Va d'abord te réconcilier avec ton frère ! (Mat 5, 24) car… Dieu ne peut agréer ce que vous ferez si vous êtes mal avec le prochain… Il ne faut nullement s'étonner des petites mésintelligences qui arrivent mais c'est à nous d'en éviter les suites fâcheuses… car le père de la discorde ne demande pas mieux que par ce moyen nous nous désunissions…

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Mais, de même que nous fixons nos yeux sur les flèches de la cathédrale, nous sommes invités à fixer notre esprit sur l'horizon de notre vie spirituelle.

«… Ressouvenez-vous toujours qu'en la vie spirituelle, on fait peu d'état des commencements ; on regarde le progrès et la fin … à mesure que nous avançons en âge, nous sommes obligés à nous perfectionner… parce que dans la vie de Dieu , c'est reculer que de n'y pas avancer La perfection ne consiste pas dans la multiplicité des choses que l'on fait, mais à bien les faire dans l'esprit que Notre Seigneur faisait toutes ses actions, Lui qui « croissait en sagesse, en taille et en grâce devant Dieu et devant les hommes » (Lc 2, 52) et proclamait « Il m'a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres » et … le bien et le mal que nous ferons aux pauvres, Il le tiendra fait à sa personne divine… Nous devons donc les assister et les faire assister en toutes les manières si nous voulons entendre ces agréables paroles du Souverain juge : « Venez les bien-aimés de mon Père ; possédez le royaume qui vous a été préparé… »

C'est effectivement ce que nous entendons en pénétrant dans la salle prêtée par les petites « soeurs de Saint Paul de la Croix » (juste derrière la prison !) où nous attendait encore un buffet appétissant et varié. Vers 15 h, nous commençons la procession avec les reliques (dont celle de St Vincent de Paul), et les bannières des saints, vers la cathédrale.

A 16 h, Notre-Dame, elle aussi, semble s'être spécialement préparée à nous accueillir. Entrée par le grand portail central, la procession est reçue dans le choeur par le père Yves Laloux qui célèbre la messe au grand autel, sur le somptueux tapis de cérémonie, dans une cathédrale toute illuminée. Nous l'ignorions mais le 14 octobre est l'anniversaire de la dédicace de Notre-Dame de Chartres, 900 ans auparavant (deuxième clin d'oeil). Nos maîtres les « bons larrons », Daniel, Claude, Ludovic, Steve sont vraiment mis à l'honneur pour porter témoignage et après cette émouvante cérémonie, le recteur lui-même vient nous saluer et nous invite à revenir. (Il ne sait sans doute pas encore que d'ici peu il sera nommé… aumônier de prison !). Le corps, le cœur et l'âme renouvelés, nous repartons vers le quotidien pleins de bonnes résolutions que nous essaierons de tenir jusqu'au prochain pèlerinage. Merci, père Aubry, et ils l'ont tous dit :

C'était super ! A l'Année prochaine !

Retour de Chartres, de Marie Dreux

La semaine qui a suivi Chartres, alors que je courais vers un rendez-vous important à St Etienne, je tombe sur Saïda. Saïda, sortie de prison il y a un an, qui m'avait dit “Quand tu fais un pas vers Dieu, il en fait mille vers toi”, Saïda qui m'avait gravé dans l'argile en arabe le prénom de Marie, la mère de Jésus que les Musulmans vénèrent sous le nom de Myriam, Saïda que je rêvais de rencontrer... Je lui ai dit : “C'est la Sainte Vierge qui nous fait ce cadeau de notre rencontre”...

Et cette nuit, à 5 heures du matin, pourquoi ai-je allumé la radio, moi qui ne le fais jamais la nuit ? Je tombe sur la voix de Ludovic. Seigneur, quand tu nous tiens... J'ai écouté l'émission jusqu'au bout : magnifique témoignage de Ludo “Nous sortons, mais Jésus, lui, reste détenu” et de Paule sur l'écoute, et l'image du billet de 100 Euros taché, déchiré, qui n'a pourtant pas perdu de sa valeur. Comme nous, aux yeux de Dieu, quoique nous ayons fait...Je me suis recouchée, impossible de dormir. Alors je vous écris...

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Temps du pèlerinage, moment de grâce…
pour la Fraternité dont les membres expérimentent spirituellement pendant deux jours ce qu'exprime St Paul quand il nous dit « Vous êtes le Corps du Christ ». Chaque pèlerin est membre de ce corps vivant, nourri par la grâce spécifique de chacun. Et ce Corps a un visage, le visage de chacun des pèlerins. Visages de Monique et Marie-Hélène, qui, depuis tant d'années, sont comme les abeilles de ce pèlerinage ; visage de Blandine qui, chaque année, quitte son Puy de Dôme pour vivre cette Fraternité, visage de Sylvie, correspondante fervente, celui de Béatrice, qui visite nos frères prisonniers, accueille et aide les sortants de son amitié, et ouvre largement sa porte à la Fraternité. Visages de tant d'autres aussi bien sûr, Xavier et Nicole, Yves, premier vice-président de notre Fraternité. Oui, temps de grâce de communion à la veillée de Jouars, le premier soir, à l'Eucharistie du samedi au prieuré d'Epernon, et à celle, le dimanche, de la cathédrale de Chartres, toute illuminée, comme par miracle.

Le pèlerinage a été aussi un temps de grâce personnelle et de partage :

- pour Clotilde, venue de Nantes (elle avait rencontré Claude Forcadel cet été à Paray le Monial). Clotilde a maintenant pu voir exaucé son voeu de correspondre avec une femme détenue ;

- pour Florence et sa maman Chantal, qui ont eu la grâce de rencontrer et vivre une véritable expérience de Fraternité ; un des leurs venait de connaître la prison ;

- pour moi-même, qui ai eu la joie (ne pouvant participer à la marche) de prier et partager avec Xavier et Nicole, dont j'ai apprécié le grand dévouement, la simplicité, l'accueil, et Marthe, grande et fidèle correspondante.

Temps de grâce pour nous tous de voir ou de revoir les visages de nos frères anciens détenus, Daniel, Claude, Ludovic, Steve, témoins vivants de l'Amour du Seigneur.

Oui, temps de grâce, vécu cette année encore sous la houlette du père Jean-Yves Jaffré, qui nous a fait rentrer dans la charité immense de St Vincent de Paul envers les pauvres « qui sont nos maîtres ». Pour nous, membres du Bon Larron, le pauvre des pauvres est le prisonnier ( dixit père Aubry), seul, abandonné par sa famille, ses amis, sans lettres, sans visites.

Prions St Vincent de Paul et tous les saints, particulièrement St Dismas, pour qu'ils nous inspirent les prières et les actes en faveur des prisonniers et des anciens prisonniers.

Eric Désaleux

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