SOMMAIRE du Bulletin n° 30 ( suite et fin )

Un doudou ?… Editorial de François Broustet
Nouvelles réflexions, progression de notre Fraternité…
Nouvelles de la maison d'Auffargis
Pèlerinage à Chartres avec Saint Vincent de Paul 12, 13 et 14 octobre 2007
Retour de Chartres et moments de grâces
Marie-Luce nous parle de sa rencontre avec le BON LARRON
In memoriam Lucien Le Négrate
Gérard Vercauteren nous a quittés
Ludovic est invité à témoigner
Le courrier du BON LARRON
Propos de visiteur
« Prison Terre de métamorphose », dix ans après
Jean-Jacques Henry et la maison Dominique Savio
Week-end National Bon Larron 2008
Publication et impression

Encarts dans le Bulletin n° 30 :

Intentions de prières 1er trimestre 2008
Bulletin d'adhésion 2008


Responsable du tout nouveau groupe de prière de Lyon,
Marie-Luce nous parle de sa rencontre avec le BON LARRON

Il y a près d'une dizaine d'année, lors d'une journée “Pétales de Roses”, au sanctuaire de Mont-Roland (Jura), autour des reliques de la petite Thérèse de Lisieux, j'ai eu la chance d'écouter le témoignage du père Yves Aubry. Cela m'avait bouleversée. Je n'étais revenue à la pratique religieuse que depuis peu. Je découvrais l'Eglise, la petite Thérèse et la Miséricorde de Dieu. Cette unique rencontre avec le père Aubry m'a marquée de manière profonde. Depuis, j'ai continué à prier, dans l'esprit thérésien, pour les détenus, et l'Eglise incarcérée, comme je l'appelle, convaincue que, par leur prière, nos frères et soeurs détenus sont les piliers de l'Eglise, car ils sont les plus proches du Coeur de Dieu.

C'est à Paray le Monial que devaient se faire les retrouvailles avec le Bon Larron. Je participais pour la première fois à une session d'été. Le seul jour où je suis allée sous la tente de la librairie, un véritable déluge s'est abattu en quelques minutes. Je flânai de stand en stand, attendant une éclaircie.

Arrivée à celui du Bon Larron mon regard insistant fit venir vers moi le président, qui me demanda si je connaissais la Fraternité. Et comment ! Le concept du Bon Larron ne m'avait jamais quitté. Je voulais en savoir plus. Sans aucun doute, aboutissement de mes prières quotidiennes, la rencontre avec le Bon Larron à Paray fut un rayon de soleil dans ce ciel noir. J'acceptai avec enthousiasme de mettre sur pied un groupe de prière, acceptai aussi l'invitation de Daniel à venir participer au pèlerinage de Chartres de la Fraternité. J'en garde un très bon souvenir, l'impression d'une grande famille priante. Depuis, le Seigneur met sur ma route de nombreuses personnes en lien avec des détenus, aumôniers, visiteurs ou correspondants. J'ai eu le plaisir de rencontrer soeur Hélène Catherin, grande amie de longue date de la Fraternité. Les choses avancent lentement, mais sûrement. Un ami qui s'est beaucoup investi dans la promotion du groupe de prière m'a dit avoir reçu beaucoup de grâces depuis qu'il s'occupait du Bon Larron. Rendons grâce à Dieu !

In memoriam Lucien Le Négrate
+ 25 octobre 2007

Lucien a passé une grande partie de sa vie en prison. Nous l'avons connu à sa sortie, et il nous a précisé que, dès le début de sa détention, il s'en était remis à la Sainte Vierge.
Après sa libération, reconnaissant, et sur le point de subir une grave opération, il s'est rendu à Lourdes. Il emportait également dans son coeur un vieux monsieur en fin de vie qu'on lui avait confié à l'hôpital. De retour de Lourdes, les médecins ne comprirent rien, mais l'opération ne s'avérait plus nécessaire. Quant au vieux monsieur, remis sur pied, il put rentrer chez lui en Normandie ! Fin août, Lucien a passé une soirée et une nuit chez nous. Il était dans une forme remarquable, surprenante même après la mésaventure subie au Maroc il y a un an (gravement tabassé). Son décès brutal nous attriste, et nous prions Dieu et la Sainte Vierge de l'accueillir, lui qui avait en eux toute confiance !

X & N de Mégille

Fioretti : A la piscine de Lourdes, en sortant du bain, Lucien, gravement atteint au poumon, a ressenti un grand bien être et une respiration aisée.
Il compose alors, le 14 mars 2004, cette prière :

Prière de Lucien :
Supplique du précieux sang

Précieux sang qui avez coulé des plaies du Corps Sacré du Sauveur pour purifier le monde, lavez mon âme souillée par mes nombreux péchés et donnez m'en un sincère repentir qui puisse toucher Jésus, et m'obtenir son Pardon.

Voyez mes maux, ma détresse, les épreuves qui angoissent mon coeur et que mes péchés m'ont mérité.

Au Jardin des Oliviers, vous avez abreuvé la terre quand Jésus, saisi de frayeur à l'approche de sa cruelle passion, agonisait pour les pécheurs.

Venez par une Sainte Communion soulager mes peines et rendre la santé à mon corps et à mon sang malades, si telle est la volonté de Dieu.

Et, parce que j'aurai reçu votre Marque Sacrée, que l'Ange de la Mort n'ose approcher de moi et ne puisse désormais m'arracher à votre protection, sous laquelle je veux vivre toujours. Ainsi soit-il.

Gérard Vercauteren nous a quittés

Gérard, qui a su partager avec nous tous sa foi magnifique et son espérance indéfectible, a traversé avec un formidable courage la dernière épreuve de sa vie, lui donnant l'occasion de faire tomber toutes les barrières confessionnelles avec aumôniers catholiques, protestants et Fraternité du Bon Larron, qui se relayaient avec tout leur coeur à son chevet.
Gérard louait le Seigneur pour tout, il priait sans cesse – la prière était sa respiration. On partageait souvent ensemble le Notre Père devant le calvaire du parc de la maison de repos.
Quand nous le promenions dans son fauteuil le long du canal, il était heureux d'échanger avec les pêcheurs, de regarder passer les voiliers. Au bord du canal, il y avait le restaurant “l'Espérance”, le seul qui lui était accessible avec son cancer des os.
La fête des Pères a été pour lui un moment de Paradis : deux de ses enfants et son petit-fils étaient venu y déjeuner avec lui ! J'étais avec eux, et leur joie fut la mienne. Nous avons pris le menu de “L'Espérance”. Gérard grignotait à peine, mais il était si heureux ! Une belle grâce d'être un peu ressuscité ce jour-là !

Quand il se voyait dans une glace, il disait en riant : “Je ressemble à l'Abbé Pierre”, et quand il était allongé sur son lit, il avait la face du Christ en Croix pendant son agonie.
On se relayait tous près de lui, et il est parti dans la Paix du Seigneur.
Son inhumation a réuni une bonne partie de sa famille, ainsi que son fils spirituel, Ludovic Perez, venu spécialement d'Orange pour son Papa Gérard, comme il aime l'appeler.
Notre ami Claude Forcadel avait fait pour Gérard un beau poème.
Tout le monde était là, aumôniers protestants, catholiques, Fraternité du Bon Larron, anciens détenus, et même un détenu ami, sorti pour l'occasion. Tous, main dans la main, avons dit ensemble le “Notre Père” à Celui qui aime tant voir ses enfants réunis.
Mais, pour nous, dans la Foi, Gérard continue de marcher avec nous.

Dany Van der Linden et le Groupe de prière de Caen

A Gérard Vercauteren

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Tu viens de rentrer dans la joie du Père,
Ton âme, mon frère, est à présent ETOILE,
Lumière d'Amour au firmament,
Car dans les cieux, Dieu, l'Amour absolu,
À la miséricorde infinie, Rassemble ses enfants.
Quelle que soit de sa peau la couleur
Le Seigneur accueille toujours son serviteur.
Gérard, tu resteras toujours présent
Parmi tes frères, tes soeurs,
Dans le Christ Sauveur,
Toi qui, comme nous, savons, Que Sa Vérité rend libres
Et fait connaître le bonheur.
Au revoir, Frère !

Claude Forcadel

Temps perdu ?

Que de temps perdu plongé dans l'ignorance
Que de temps perdu en désobéissance
Que de temps perdu régi par l'arrogance
Que de temps perdu dans cette vile offense

Pourquoi n'ai-je pas eu le coeur de T'écouter ?
Toi qui es pour moi, pour expier mes péchés
Pourquoi n'ai-je pas eu de coeur pour T'aimer
Toi qui m'aimes malgré tout, Toi qui m'a racheté

Oui, tout ce temps perdu ne se rachèt'ra guère
Faire un pas maintenant pour m'approcher de Toi
Me plonger dans Tes bras et suivre Ta lumière
Faire de Ta vie ma vie et marcher dans Tes pas

Voilà dès à présent mon unique prière
Vivre tout simplement par, pour et avec Toi !

Gérard Vercauteren

C'est maintenant chose faite, Gérard ! Merci pour tout !

Ludovic est invité à témoigner

Moment fort, pour moi, ce dimanche 11 novembre. J'étais appelé à témoigner dans l'église Evangélique de Rouen, comme membre du Bon Larron et fils spirituel de Gérard Vercauteren, suite à ma décision de reprendre le flambeau si merveilleusement allumé du Groupe de Prière des Prisons de France.
Quel moment fort de me retrouver seul, face à mes frères chrétiens, ouverts à la Foi en Notre Seigneur, mais vivant cette Foi si différemment de moi.
Prière intense pour demander au Seigneur de mettre Ses mots dans ma bouche, de compléter Sa palette de couleurs dans l'arc en ciel de l'Unité !
Mais plus encore, le cadeau de la journée fut la rencontre du frère Pascal au Refuge. Lieu de famille, d'une deuxième famille, où chacun est apprécié et reconnu avec son histoire, où chacun vit dans le respect de l'autre. J'ai perçu de la part de chacun le désir de me connaître.
J'ai eu le bonheur, fort de cette présence de Notre Seigneur, de pouvoir leur parler de ce détenu invisible, qui nous aime tant, au cours d'un moment de prière et de partage, dans la chapelle. J'ai vécu aussi le moment du départ comme celui où j'ai moi-même quitté la prison.
Chacun reste gravé dans mon coeur, comme il l'est dans le coeur du Seigneur, échange des mêmes mots, conscience d'être aimés de ce même amour profond.
Merci au Seigneur pour ce temps de la prison.
Portons dans la prière ce projet de refuge modèle que nous voulons construire ensemble, comme une nouvelle famille. Merci au frère Pascal de m'avoir invité, car mes yeux se sont remplis de l'Amour de Notre Seigneur à travers tout ce que j'ai vu au Refuge.

 

Le courrier du BON LARRON

Comme l'a voulu le Père Aubry, la correspondance entre détenus et membres de la Fraternité est une activité importante pour nous et qui génère une quantité et une qualité de liens fraternels et réciproques entre les correspondants.
Selon tous les témoignages, nous pouvons mesurer l'importance que peut prendre l'arrivée d'un courrier dans une cellule : c'est une ouverture sur l'extérieur, un signe concret que quelqu'un pense à vous, prend du temps pour vous écrire, vous soutenir, vous faire partager un peu de sa vie.
Et, si le détenu est réceptif au message chrétien d'Amour, ce peut être un échange très riche qui s'établit.

Actuellement, environ 250 correspondants échangent du courrier avec autant de détenus. Certains correspondants qui écrivent depuis longtemps au même détenu condamné à une longue peine nous disent combien la confiance s'est installée entre eux ainsi qu'une véritable amitié.
Bientôt Noël, période spécialement difficile à vivre pour tous les détenus : ceux qui sont seuls, sans famille et ceux qui sentent encore plus la séparation avec leurs enfants. Que nos courriers soient encore plus chaleureux et porteurs d'Espérance, concrétisés par des cartes de Noël, peut-être un petit texte spécialement choisi ou autre… selon votre imagination.
(Pas de paquets, pas d'argent dans les lettres, interdits par l'Administration).

Auprès de certaines prisons, le Secours Catholique se charge de faire parvenir aux enfants de prisonniers un colis confectionné par des bénévoles, selon les voeux du détenu. Renseignez-vous !
Pour préserver votre anonymat, vous pouvez passer par le Bon Larron pour envoyer un mandat cash. Merci à vous tous de ce soutien si précieux que vous apportez à nos frères prisonniers.

Bonne fête de Noël dans la Joie d'accueillir la venue du « Sauveur ».
Propos de visiteur

J'étais en prison, et vous êtes venus me voir !” (Mt 25, 36)

Expérience merveilleuse que celle du visiteur !
Accueil de l'invitation du Christ à se mettre à la disposition de l'autre. Mettre la tenue de service.
Etre simplement là, à l'écoute de ce frère en difficulté, et cueillir les fruits de l'échange.
Accompagnement d'une souffrance, une lueur d'espoir qui grandit, un sourire, une amitié qui naît, des relations brisées qui se renouent. Moments parfois difficiles, mais le plus souvent merveilleux, d'une totale gratuité.
Joie de pouvoir être là, pour notre rendez-vous hebdomadaire !

« Prison Terre de métamorphose », dix ans après (1)

L'ouvrage du Père Yves Aubry est toujours d'actualité.
Une lectrice le recommande aux adultes et grands adolescents.

(1) Ed. Les Enfants du fleuve, chez Fayard

cliquez pour en savoir plus
« De l'avis général, la prison est l'enfer des vivants.
L'auteur, aumônier de prison nous dévoile dans ces pages la face cachée du monde carcéral.
Seul aumônier catholique pour environ 600 détenus, le Père Aubry effectua d'abord dans les cellules des visites pour apporter chaleur, affection, amour de Jésus pour ses frères. Puis il organisa des rencontres de trente détenus (invitation individuelle) faisant jusqu'à trois réunions certains jours !

La messe est un moment pendant lequel s'effectuait un début de conversion, lors de la récitation du psaume 50 ; la lumière divine pénétrait dans les détenus comme en témoigne la confidence suivante : « Je ne sais pas ce qui s'est passé mais ce qui faisait mon orgueil fait maintenant ma honte ».
Les réunions et les livres prêtés par le Père ont provoqué un sérieux changement chez certains d'entre eux. Touchés au fond d'eux-mêmes, ils ont ressenti le besoin de prier mais sans savoir le faire…
Il les aidait à connaître, à aimer Dieu, leur confiant l'Evangile ainsi qu'un plan de lecture et de réflexion.
Ainsi nourri le détenu priait de plus en plus, aspirant même le soir à se retrouver seul dans sa cellule pour prier. Quand il était bien instruit, le baptême était envisagé. Et il arrivait qu'ainsi le nouveau converti et baptisé convertisse sa famille du fond de sa prison !

Les aspects du ministère sont décrits avec une grande simplicité et une profonde humilité. Au fil des lignes on voit clairement combien l'action intense de Jésus Christ dans les coeurs par l'Evangile, associée à la vertu de charité de l'aumônier ou des visiteurs, permet de remettre debout des détenus dans leur prison, et cela justement parce qu'Il est miséricorde et que là où il y a péché il y a miséricorde.
Le Père Aubry était ébloui de si beaux fruits de paix et même de joie.»

Jean-Jacques Henry
et la maison Dominique Savio

Jean-Jacques, membre du Bon Larron, ancien détenu, a monté, avec sa femme, Marie-France, entre Poitiers et Parthenay, la maison Dominique Savio, qui accueille des jeunes placés par l'Aide sociale à l'Enfance.
Tout allait aussi bien que possible, jusqu'au mardi 18 septembre, jour où Jean-Jacques a fait un grave AVC.

Afin de pouvoir poursuivre leur activité, Marie-France recherche d'urgence
l'aide d'une femme bénévole
qui pourrait quelque temps la seconder auprès de ses filles de 11 et 9 ans, (spécialement entre 17 et 22 h),
4 familles d'accueil,
relativement proches géographiquement, pouvant accueillir un WE sur deux l'un des jeunes pris en charge par la maison Dominique Savio, moyennant une rémunération de 50 euros par WE,
ainsi que, à moyen terme, un couple ou un assistant permanent pour participer en tant que salarié à l'activité de la maison.
Contact
: 06 80 45 25 21, jmfhenry@wanadoo.fr,

Week-end National Bon Larron 2008

“Prisonnier, mon frère…”
avec Jean Vanier,
et Frère Pascal du “Refuge Notre-Dame/ Fraternité du Bon Larron”

Samedi 29 après-midi et dimanche30 mars 2008
A la Fondation d'Auteuil - 40, rue La Fontaine 75016 Paris

Renseignements et pré-inscriptions :
W.E. NATIONAL BON LARRON

E-mail : week.end.bon.larron@gmail.com
site www.bonlarron.org ; Tél : 01 30 21 28 89

Quelques possibilités de logement sur place
Toute aide bienvenue pour la préparation du WE !!!

INVITEZ VOS AMIS !

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Bulletin de liaison n°30 - décembre 2007

Directeur de la Publication :
François Broustet
Equipe de rédaction :
Daniel Martin,
Béatrice K.,
Elisabeth Vassy
Editeur :

Fraternité du "Bon Larron'
4, rue du Pont des Murgers
78610 - Auffargis - Tél. : 01 34 84 13 08
Site : www.bonlarron.org
Courriel : info@bonlarron.org
Impression :
Ateliers de Frileuse
91640 - Briis-sous-Forges - Tél. : 01 64 90 85 40