| Quelques autres points sont à revoir, et
seront rectifiés l’année prochaine : trop peu de temps accordé à nos
frères ex détenus, à la louange finale…
Chantal nous dit : « Ce week-end m’a fait grandir, grâce à la qualité des interventions et à la fraternité palpable des participants. Ce fut une grande joie de vivre ensemble cette aventure. Que le Seigneur en soit béni. Alléluia ! » Ci-dessous, vous trouverez, par ordre de leur ‘entrée en scène’, des extraits des principales interventions. |
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Frère Pascal et le Refuge Notre-Dame
Je travaille avec les détenus qui le souhaitent à un projet de réinsertion. Tous peuvent demander à venir, mais, d’abord, le prisonnier doit m’écrire, montrer qu’il est motivé. Il doit avoir déjà eu des permissions, et je reçois un rapport du travailleur social. Certains prisonniers viennent avec un bracelet électronique. Mon but est de les aider à se réinsérer. D’abord avec un hébergement, puis un travail, une formation ou un stage. J’aide les détenus aussi bien sur le plan administratif qu’au niveau relationnel. Avec eux, je pratique la confiance, l’honnêteté et la sincérité, c’est essentiel pour eux. |
Comment m’est venu cet appel à travailler auprès des exclus Originaire d’une famille d’ouvriers pratiquants de Nancy, j’ai été bouleversé dès ma jeunesse par cette parole « heureux vous les pauvres ». J’ai d’abord travaillé comme ouvrier, puis commercial, puis l’électricité et l’électronique. J’ai alors rencontré les Conférences St Vincent de Paul. Se mettre au service des plus pauvres, ça m’a parlé. J’ai rencontré des clochards, des SDF… L’évêque m’a conseillé de vivre avec les pauvres, mais je ne voyais pas comment cela pouvait se concrétiser. C’est alors que j’ai rencontré la communauté du Pain de Vie. J’ai passé avec eux la semaine Sainte 2002. Là, j’ai ressenti à la fois comme une épreuve et une interpellation. J’ai commencé à me poser la question d’une vie consacrée. Je me suis engagé le 8 décembre 2002, jour de l’Immaculée Conception. Je voulais par là répondre à l’appel de Dieu, à travers son Eglise. Je suis resté 5 ans et demie à Sommervieu. Mais je ne voulais pas faire de l’accueil pour l’accueil. Pour vraiment aider les gars, il faut un projet de réinsertion. Des SDF aux détenus Depuis longtemps j’étais sensible au sort des prisonniers. Autrefois j'avais un ami qui était SDF. Il s’est retrouvé en prison. Je suis devenu visiteur de prison. J’aurais pu désespérer de cet ami, mais, maintenant, ce gars là vit bien, il a une situation stable. Fin 2005, j’avais dans le coeur la parole de l’Evangile selon St Jean « pour que les hommes aient la vie, et qu’ils l’aient en abondance ». Il faut redonner à ces hommes une chaleur humaine, les aider à redevenir dignes. En prison, j’ai eu des contacts avec des membres du ‘Bon Larron’. Ça m’intéressait bien. J’ai entendu des témoignages de conversion incroyables. Je voulais que le Refuge Notre-Dame soit sous l’autorité du ‘Bon Larron’. Mgr Pican, mon évêque, a rencontré les responsables et a accepté le projet. Depuis le 1er avril, je suis salarié par le ‘Bon Larron’. Parallèlement, je me suis rapproché de la Communauté des Béatitudes, et je viens de m’engager dans « les Béatitudes de la Sainte Famille. » Je recherche maintenant une ou deux personnes pour m’aider dans les tâches quotidiennes. Il y a 10 places dans
le Refuge, et je souhaite qu’elles soient en permanence
toutes occupées ! tel. : 02 31 62 17 13 - fax. : 02 31 62 17 13 mèl : frpascal1@yahoo.fr |
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« Arraché à l'enfer » Chacun travaille à la place où Dieu le met. Pour moi, je prie le Seigneur pour retourner en prison - non pas du côté des détenus, mais pour rencontrer les prisonniers et témoigner de ce que Dieu a fait dans mon coeur ! C'est aujourd'hui le dimanche de la miséricorde. La miséricorde, c'est quand t'es dans la misère et Dieu te jette une corde ! |
Simplement, moi, je manquais peut-être un peu d'affection. Vers 10 ans, quand je rentrais de l'école, il n'y avait personne à la maison et je supportais mal cette solitude. Donc j'ai appris la vie en bas de chez moi, dans la rue. A 12 ans, je fumais du shit et puis, du fait que je ne me sentais pas bien à la maison, je me suis fait un petit personnage, comme mes potes, une petite racaille de la rue. Je suis devenu chef de bande. Ca a été très vite, on faisait les 400 coups. Pour fumer, il faut de l'argent, ça ne tombe pas comme ça. On fait des petits larcins et puis des trucs plus importants pour avoir de plus en plus d'argent. A 14 ans, l'engrenage m'a conduit à l'héroïne : j'ai commencé à me piquer. De 14 ans à 17 ans, j'avais toujours des produits à la maison, j'avais tout ce que je voulais, je pensais que j'étais libre. Quand je me suis fait arrêter, là, j'ai compris ce qu'était la drogue. Mon corps a commencé à sentir le manque physique, quelque chose d'intolérable. Je n'ai pas été condamné, je n'ai pas été jugé mais j'ai su que j'étais un toxicomane. Ça veut dire que vous ne pouvez pas vous lever le matin si vous n'avez pas une dose dans le moteur. A 20 ans, j'ai eu la chance de partir à la campagne, dans le Sud de la France. J'avais arrêté la drogue, mais je vivais dans la débauche. Un jour j'ai rencontré une jeune fille, Florence. Elle a commencé à bouleverser mon cœur à tel point que j'ai fait des projets avec elle. Je voulais retourner sur Paris. Le problème, dans les bandes où ça se défonce, c'est que les mecs ne supportent pas que vous vous en sortiez. C'est ce qui s'est passé. Un pote est passé avec de l'héroïne, « un truc que t'as jamais pris ». Pour l'ancien toxico que j'étais, ça n'a fait ni une ni deux, je suis retombé dedans. Je suis devenu un gros trafiquant. Je travaillais pour un des barons de la drogue. Florence a débarqué à ce moment là. Elle m'a fait choisir entre elle et la came. Quand vous êtes camé, vous ne pouvez pas choisir ; c'est impossible. Elle est restée avec moi, les 6 premiers mois, sans se piquer. Mais, un jour, c'est moi qui l'ai shootée ! Je le dis souvent, depuis que je suis chrétien : celui qui fréquente des produits comme ça, qu'ils s'appellent drogue ou alcool, il fait entrer chez lui l'esprit du mal. Et l'esprit du mal, c'est le malheur. Entre les années 1974 et 1988, j'ai perdu 50 copains des conséquences la drogue : sida, overdose, règlement de compte… c'est de cela que je veux témoigner aux jeunes. Avec Florence, on n'en pouvait plus et on s'est dit ‘on va arrêter'. C'est dur, car les dealers ne vous lâchent pas comme ça. Avec des médicaments, j'ai arrêté pendant un an. J'ai réussi à travailler. Socialement, ‘ça allait'. On voyait un peu le bout du tunnel. Depuis quelques mois, le ventre de Florence s'arrondissait, elle était enceinte, elle a été passer une échographie. Ce jour là devait être le plus beau jour de ma vie. Mais le médecin a annoncé qu'elle avait le sida, qu'elle ne pouvait pas garder cet enfant. On lui a fait une IVG. Le bébé, direction poubelle. C'était très difficile. Et puis je me suis retrouvé à Fresnes. Une bagarre qui a mal tourné : je me suis battu avec le dealer, et il est mort. La prison, c'était pour moi l'école de la haine. A ce moment là, j'avais un poids de culpabilité énorme par rapport à Florence, et à cet enfant. J'étais englué dans ce poids de mort. Je n'ai jamais vu un toxicomane ou un drogué heureux, ça n'existe pas. Je ne supportais pas la personne que j'étais. Le 17 février 1988, j'ai commencé, en pleine nuit, à préparer mon suicide. Dieu était inexistant dans ma vie. Mais je n'étais pas complètement athée. Alors je me suis adressé à celui qui gérait ce qui se passait en haut. Je ne savais pas si j'allais rencontrer un ami ou un ennemi. Ce que je savais c'est que mon enfer était dans ma cellule. Alors, j'ai commencé à crier, mais il était 2 heures du matin, je n'allais pas réveiller les détenus, c'était un cri intérieur, un cri tellement puissant. J'ai réveillé toute la cour céleste avec mon cri ! Et, pour la première fois de ma vie, j'ai pleuré. Au fur et à mesure que je pleurais, je voyais toute ma vie qui se déballait - Et je sentais un souffle de vie m'habiter, quelque chose d'extraordinaire, je sentais comme un courant d'amour me remplir. Dieu donne quand on crie, c'est quelque chose de merveilleux. Et je suis sorti. Grâce à Dieu, j'ai eu une légitime défense, je suis pas passé aux Assisses et j'ai eu un non-lieu. Mais si tu n'es pas guidé, tu as beau être appâté par Christ, excusez moi c'est comme du vent ! Il n'y a pas eu d'association pour la réinsertion. Les seuls gens que je connaissais, c'était les gens de ma cité, et là, rebelote. Florence avait été prise en main par des mecs qui l'avaient forcé à se prostituer. Je ne comprenais pas ce qui se passait. Je rentrais dans les églises, je me mettais à genoux devant le Seigneur en croix et je pleurais. Ma vie n'avait pas bougé et c'était même pire qu'avant, car, quand vous êtes habité par l'amour de Dieu, vous ne pouvez pas vous retrouver à faire du mal comme ça, parce que Dieu est là. Pendant 5 ans j'ai vécu ce combat intérieur. J'étais dans un autre style d'enfermement, je me suis retrouvé chez les fous - ce n'est pas mieux que la prison. A 29 ans, j'étais un vieillard, avec le sida et l'hépatite C. Maintenant je vais vous parler d'un Dieu que vous connaissez, un Dieu de miséricorde, un Dieu rempli d'amour, un Dieu qui visite ses malades, et qui vient les guérir. Le médecin m'avait dit que je n'avais que quelques semaines à vivre. Pourtant, dans cette chambre d'hôpital, j'avais la certitude que Dieu allait accomplir pour moi sa promesse de bonheur. C'est à ce moment-là que j'ai rencontré frère Jean Emmanuel , qui visitait les malades du sida. Je lui ai révélé ce que j'avais reçu dans mon cœur de la part de Dieu. Ce chrétien a commencé à me guider, c'était comme un ange. C'est ça que le Seigneur nous demande - d'être des instruments sur la route. Il m'a parlé de la Communauté des Béatitudes, des soins palliatifs. Normalement, il était prévu que j'y finisse ma vie. Mais ce n'était pas le plan de Dieu. Je suis arrivé là-bas et les hommes et les femmes qui m'ont accueilli, pour la première fois de ma vie, m'ont regardé avec un regard d'amour. Le même regard que le papa du ciel pose sur chacun de ses enfants. Le Seigneur a commencé par me guérir de toute drogue - ce que j'appelle une Christothérapie ! En 1999, le Seigneur m'a permis de rencontrer une femme merveilleuse, Marie-Dominique, qui allait devenir mon épouse. En général quand vous avez décidé de vous marier devant Dieu, que vous recevez ce beau sacrement du mariage, le fruit de cet amour c'est d'avoir des enfants, mais comment un séropositif peut-il avoir des enfants ? Mon épouse a fait ce choix, qui s'appelle la sainte folie de l'amour. Elle m'a donné 2 merveilleux enfants : Raphaëlle une petite fille de 7 ans et Jérémie un petit garçon de 3 ans, tous en bonne santé !... Le Seigneur Jésus est vivant pour chacun d'entre nous. Alléluia ! (1) « Arraché à l'enfer, la résurrection d'un toxico », par Laurent Gay, Editions des Béatitudes Mèl : laurent64.gay@wanadoo.fr |
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Venez prier, marcher, adorer avec nous Pour ceux qui le peuvent, veillée d'ouverture et messe Saint Eloi guidera notre méditation . Il avait un zèle merveilleux pour l'assistance aux captifs : Pour tous renseignements : |
Bulletin de liaison n°31 - Juin 2008 Equipe de rédaction : Editeur : Fraternité du ' Bon Larron' secretariat-bon-larron@orange.fr |