Fraternité des Prisons BON LARRON - Région SUD-EST

LETTRE pour les " priants " de la Fraternité
N° 34 - JUILLET 2004

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Comme chaque année à cette époque, nous pensons aux vacances. Certains partiront vers d’autres horizons et les autres resteront sagement dans leurs régions. A tous, nous souhaitons un repos bien mérité, des moments de détente et un renouvellement spirituel et physique.

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LES INTENTIONS QUE NOUS CONFIONS A VOTRE PRIERE :

Soeur Martha, correspondante au Sénégal, demande notre prière pour son prochain travail au Cameroun auprès des enfants de la rue.

Elle nous confie également Gerhard, détenu, qui risque de perdre son travail en prison pour raisons de mauvaise santé.

La mise en place des cours Alpha à la Maison d’Arrêt de Grasse.

Les démarches de Bernard, de Philippe, Jean-Paul et autres volontaires pour devenir visiteurs de prison.

Christophe, Pasteur. Son épouse Lise, (ancien aumônier à la prison de Toulon) a rejoint le Seigneur le 26 juin. Et pour leur fille Noémie qui se mariera au mois d’août.

Claire, étudiante et correspondante, en grosse dépression.

 

PARTAGE

Bonnes nouvelles de Jean-Pierre … dont vous avez pu lire le témoignage dans le dernier bulletin :

" Je suis enfin à …je ne pouvais plus supporter de rester loin de ma fille pour des mensonges. Nous nous sommes retrouvés le 19 mai après-midi, nous étions heureux. Ma fille m’a serré dans ses bras et nous avons pleuré.

" A peine arrivé chez elle, lorsque j’ai vu l’état de l’appartement, j’ai remis les robinetteries de l’évier, lavabo, douche en état. La machine à laver était en panne, je l’ai réparée. J’ai fait du vide dans les affaires, ai décapé les parquets, je les ai cirés.

" En ce qui concerne l’affaire, ma fille m’a demandé de laisser tomber. Donc, je passe l’éponge. Mon ex est gentille, je l’ai excusée et ne lui en ai même pas parlé.

Heureusement que tu m’as conseillé, tout s’est bien passé dans l’ordre et sans aucune histoire. Ma correspondante Christiane m’a bien aidé, soutenu. Donc, comme tu pourras le constater, Jean-Pierre a enfin, grâce à Dieu, retrouvé son équilibre en retrouvant sa fille. Merci Seigneur ! "

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Edouard :

Intercéder, c’est d’abord un partage de sensibilité avec celui ou celle qui est éprouvé, c’est la compassion, la miséricorde. C’est en même temps prendre à témoin le Seigneur de la peine de nos frères dont nous sommes solidaires.

Mais ce que nous demandons à Dieu pour eux, ce n’est pas seulement la guérison, mais bien une restauration de tout leur être afin que, remis en possession de tous leurs moyens, ils puissent à nouveau servir à l’avènement du Royaume de Dieu et participer à l’achèvement de la création à laquelle ils sont associés. "

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 Exrait du bulletin de Prison Fellowship de janvier 2004 (tiré d’une publication du Collège Providence et Séminaire Théologique) Témoignage de Gus Konkel.

" Le sens clair des paroles de Jésus est devenu évident à l’Assemblée générale mondiale de Toronto l’an dernier. Je pouvais voir ceux en prison comme des criminels : Jésus les voit comme des frères qu’Il aime. Je pouvais penser que j’amène Jésus à la prison : Jésus dit qu’Il y est déjà et que vais Le visiter "

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(Et si je vous donnais mon témoignage ?) … Je ne priais pas moi-même !

Responsable des catéchistes de ma paroisse, je me suis aperçue que le mot " prière " était pour beaucoup synonyme de corvée… Je me suis dit qu’il y avait quelque chose à faire, d’autant plus que je ne priais pas moi-même, ou si peu !

Je me suis inscrite à un week-end d’école de prière dans ma région. Ce fut pour moi le début d’une vie nouvelle.

J’ai commencé par prendre la décision de consacrer à Dieu trente minutes chaque matin, dès le lever, avant même le petit déjeuner. Je me suis mise à Son écoute, lui demandant de m’apprendre à prier. Je ne faisais rien d’autre que de me laisser regarder par Lui. Je laissais venir à moi telle ou telle phrase d’un psaume ou de la bible, sans essayer de méditer, simplement en restant en présence du Seigneur, le sachant là, vivant, tout au fond de mon cœur.

J’ai pratiqué cette façon de faire durant 18 mois. Les débuts ont été faciles, puis il a fallu persévérer. Mais peu à peu, ces minutes sont devenues plus agréables, et je ne pourrais plus m’en passer.

J’ai découvert que Dieu m’aimait d’une tendresse pleine d’attentions, qu’Il avait toujours été là. J’ai maintenant cinquante ans et j’ai donc mis quarante huit ans de ma vie pour découvrir la prière !

Comment je prie maintenant ?

Je remercie d’abord le Seigneur pour toutes ses merveilles passées et à venir, je Le loue, je laisser aller ma joie lui appartenir. Je Lui confie toute ma famille, mes amis, ceux qui se sont recommandés à moi… Et puis je fais silence aussi, beaucoup de silence, attentive à ce qu’Il a à me montrer.

Il m’arrive parfois de renâcler lorsque le Seigneur m’invite à Le prier. Mais je n’ai jamais eu à regretter un long moment passé avec Lui, car Il comble ses amis au-delà de leurs espérances !

(signé J.J. article paru dans " Il est vivant " en 1990)

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Prière de Consécration du Sadhou Sundar Singh

O Seigneur Dieu, Tu es mon tout vie de ma vie. Esprit de mon esprit. Use de miséricorde envers moi et remplis-moi de ton Saint-Esprit d’amour, afin qu’il n’y ait plus de place en mon cœur pour quoi que ce soit d’autre. Ce ne sont pas tes grâces que je réclame, mais toi-même ; Tu es la source de toute bénédiction. Je ne demande pas la gloire du monde, ni même le ciel ; mais j’ai besoin de Toi car là où Tu es, là est le ciel. En Toi seul mon cœur trouve satisfaction et plénitude. Tes multiples bontés font déborder mon cœur de gratitude et de louange. Mais la louange de mes lèvres ne suffit pas, tant que je pourrai Te prouver par mes actes, que ma vie est entièrement à Ton service. Louange à Toi de ce que Tu m’as fait passer de la mort à la vie, tout indigne que j’étais, et m’as fait jouir de Ta communion et de Ton amour. Ote de mon cœur tout ce qui pourrait s’opposer à Toi, habite et règne en moi.

Maître, être assis à Tes pieds est infiniment meilleur qu’être assis sur le trône le plus élevé de la terre, car cela signifie habiter toujours avec Toi, dans Ton royaume éternel. Et maintenant, je m’offre à Toi comme un vivant sacrifice. Accepte-moi dans Ta miséricorde et je suis à Toi. Tu pris cette poignée de poussière, Tu me créas à Ton image et m’accordas le droit de devenir Ton fils.

Honneur, louange et gloire te soient donnés d’éternité en éternité. Amen.

(Un Témoin du Christ)

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Extrait du bulletin de Prison Fellowship de mars-avril 2004, par Gerry Ayotte, Aumônier régional du service correctionnel du Canada, Pacifique.

Jésus doit présider un " tribunal " de jugement et refuse de jouer le jeu. A la place, Il fait appel à chacun de nous, nous demandant de parler et d’agir en toute honnêteté et intégrité radicale. Dans Jean 8 : 3-11, nous retrouvons l’histoire de la femme prise en état d’adultère, une histoire qui selon moi, contient les éléments généraux d’un système de justice criminelle qui est juste et bon.

Les autorités masculines amènent l’accusée à Jésus, à qui ils demandent de servir à titre de médiateur pour leur violence et compromettre Son Esprit d’amour compatissant.

Debout seule, cette femme porte le fardeau de chaque élément d’oppression : exploitée, abandonnée par celui qui partage la complicité dans son " crime ", elle se tient sur les marges de sa société, impuissante en tant que femme, elle a peur de la violence systématique de ses accusateurs qui pourraient accomplir le processus d’oppression qui caractérise son expérience désavantagée, en tant que femme.

La réponse initiale de Jésus est dirigée vers ses oppresseurs : admettez d’abord vos propres péchés avant de pouvoir vous préoccuper de la culpabilité perçue d’une autre personne. Les hommes, démasqués et réticents à risquer de s’identifier à cette femme, ont choisi à la place de la laisser dans le temple… avec Jésus.

Ce modèle de châtiment de justice de la culture dominante, contraste avec la justice réparatrice incarnée dans la relation de Jésus avec la femme. Le premier modèle est celui d’une énergie de condamnation et de châtiment. Mais la justice-amour de Jésus cherche à restaurer la relation de la femme avec Dieu, avec sa communauté et avec elle-même, un changement de la honte à la vulnérabilité, pour la résignation aimante.

Jésus lui a répondu avec un équilibre de tendresse et de fermeté, un pardon compatissant et un défi réaliste, une validation qui n’a pas tendance à juger et un appel à la responsabilité et à l’engagement de grandir. Jésus nous appelle à un modèle de justice qui répare la victime brisée, à un état apparenté à l’intégrité et celui qui viole les limites d’une autre personne, à un état d’expiation responsable et de réconciliation.

Les visages des hommes et des femmes en prison semblent parfois refléter l’égoïsme, l’avidité et même le mal. Mais bien souvent nous voyons en eux les visages de pauvreté, d’abandon et de marginalisation. Ils semblent être une réflexion mal fondée du côté ombragé d’une culture. Tant que nous pouvons punir un prisonnier, nous évitons d’accommoder le système social dans lequel il s’est développé et le cycle de pauvreté et violence générationnels dont il est la manifestation courante.

Pour placer un visage humain dans cette situation, je me souviens de l’histoire vraie de Paul. Paul purgeait une peine d’emprisonnement à perpétuité à la prison à sécurité maximale à laquelle j’ai déjà été ministre en tant qu’aumônier catholique. Il était anti-autoritariste avec dévotion et tolérait très peu de prisonniers collègues sauf ceux qu’il avait choisis. Le crime que Paul avait commis, était un meurtre et il avait passé la plus grande partie de sa vie adulte, en prison. Il avait 46 ans lorsque je l’ai connu.

Paul fut diagnostiqué du cancer et sa santé s’est rapidement détériorée. Ses traits irascibles ont persisté, mais il est devenu de plus en plus évident que sous ces caractéristiques défensives, il y avait un esprit blessé et vulnérable. A mesure qu’il est devenu de plus en plus malade, ses soeurs m’ont raconté des détails supplémentaires de l’histoire de Paul. Il était fils unique dans une famille de quatre enfants. Leur père était régulièrement violent avec leur mère et Paul, lorsqu’il a atteint l’âge de 8 ans, a commencé à intervenir pour la protéger et plus tard, protéger aussi ses soeurs. Elles m’ont dit que lorsque Paul a atteint l’âge de 12 ans, " chaque os de son corps avait été cassé au moins une fois ". " Lorsqu’il a tué cet homme, racontaient-elles, c’est vraiment notre père qu’il tuait ". Paul est mort après avoir entendu parler et avoir vu l’amour profond que Jésus a pour lui.

Je n’ai pas tiré de conclusions simplistes de l’histoire de Paul, mais cette histoire m’a mis au défi en tant que chrétien. D’abord, lorsque nous regardons la vie de Paul avec les lentilles de Jésus, à quel point la société peut-elle justifier de remplacer pleinement la compassion larmoyante que nous ressentons pour l’enfant de 8 ans avec le jugement absolutiste et vindicatif que nous ressentons pour l’adulte " assassin " ? Deuxièmement en dépit de notre répugnance pour l’acte meurtrier que Paul a commis, n’y a-t-il pas, à l’intérieur de nous, la Grâce (de l’Esprit) et la grâce (de la décence humaine) de voir une personne brisée, un enfant chéri de Dieu ?

Lorsque nous enlevons la colère d’un homme, nous rencontrons souvent la douleur profonde. La justice ne peut être vraiment réparatrice que lorsque nous cherchons à aborder les besoins vécus par la victime et la personne qui a offensé. Je me demande combien d’occasions n’ont pas abordé le vrai problème lorsque Paul était un jeune garçon qui grandissait… !

En tant que chrétiens, nous participons à l’incarnation qui se développe du cierge pascal dans le monde : l’inévitabilité de la nature cyclique de vie, de souffrance et de vie réparée et la promesse qu’un Dieu intime et aimant est au coeur de ce mystère. En tant que chrétiens, nous sommes appelés à la communion avec le Christ, avec toute l’humanité, avec la création de Dieu mais spécialement avec les opprimés. Et cette communion exige la générosité et le risque.

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Nous sommes actuellement quarante frères et soeurs engagés dans la prière d’intercession pour les prisons du lundi soir, entre 20 heures et 21 heures, et qui recevons cette lettre.

Il serait souhaitable que ces feuillets ne soient pas une simple lettre, mais deviennent un vrai " bulletin de liaison " entre nous. Et pour qu’il le devienne, nous avons besoin de votre participation, sous la forme d’un petit mot, d’un témoignage, d’un souhait, d’une idée. Nous avons en effet besoin de nous encourager les uns les autres, de nous connaître un peu mieux, malgré la distance en kilomètres qui nous sépare .

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 Et si l’autre, c’était toi !

J’ai rêvé d’un matin où, dans l’aube naissante,

Un monde merveilleux surgissait de la nuit.

Des peuples hier soumis vivaient une naissance

Et les anciens tyrans basculaient dans l’oubli.

Il n’était plus question de guerres intestines

Ou du veto sournois qui bloque les chemins.

Les bras étaient nombreux pour relever les ruines

Et fournir à chacun la maison et du pain.

L’école recevait, sans distinction aucune,

Les enfants de partout, avec pour seul refrain

De les faire grandir, d’effacer les lacunes

Et de les préparer à édifier demain.

Un rêve ? Et pourquoi pas ?

Si tu y crois vraiment

Si tu œuvres à pleins bras

Pour le rendre évident

Notre monde pourri cache sous sa misère

Des êtres merveilleux, capables du meilleur.

Puissent-ils continuer à relever la terre

Contre vents et marées, apportant du bonheur.

Puissent ceux dont la charge est de faire justice

Rester persuadés qu’eux-mêmes sont néant

S’ils ne sont pas donnés, et jusqu’au sacrifice,

Pour faire triompher le pauvre et l’innocent.

Sachent tous les puissants retrouver la sagesse

Et gérer leur pouvoir comme un don du Seigneur. Jn.19,11

Rejetant les tyrans, attentifs aux détresses

Et experts à gérer la force et la douceur.

Qui pourrait, penses-tu

Avoir si grande foi ?

Ne cherche plus, veux-tu ?

Si l’autre, c’était toi ?

Oui, tu as pour mission d’atteindre le Royaume Luc 12,12

Où le Seigneur nous veut, heureux, auprès de Lui.

Il visite chacun et Son appel résonne

Au cœur des malheureux, des pauvres, des petits. Mt 19,14

Descends de tes hauteurs, c’est Jésus qui t’invite Luc 19,5

Il vient te visiter pour te combler d’Amour.

Mais oui, tu entends bien, c’est toi qu’Il sollicite.

Accepte le bonheur. Aujourd’hui c’est ton jour.

Ta vie compte pour Dieu

Et nul autre que toi

Ne pourra faire mieux

L’autre, ce sera toi ! (Maurice)

Jean 19,11 Tu n’aurais sur Moi aucun pouvoir si cela ne t’était donné d’en-haut.
Luc 12,12 Votre Père a jugé bon de vous donner le Royaume.
Mat. 19,14 Les enfants, le Royaume des cieux est à ceux qui leur ressemble.

Luc 19,5 Hâte-toi de descendre car aujourd’hui, il faut que Je loge chez toi. 

Merci à l’avance de nous transmettre vos intentions de prière, de nous partager vos suggestions et réactions, afin que ce petit bulletin réalise vraiment la liaison et l’union entre tous.

Adresse pour le courrier :
Courrier BON LARRON
B.P. 60
06211 MANDELIEU CEDEX


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