Fraternité des Prisons BON LARRON
Région SUD-EST


LETTRE pour les " priants " de la Fraternité
N° 38 – JUILLET 2005
« Demandez au Seigneur la pluie tardive du printemps. C’est le Seigneur qui provoque les orages ; Il accordera la pluie en averse, à chacun les produits des champs. »
« La pluie de l’arrière-printemps indique la bénédiction que Dieu a en réserve pour son peuple d’Israël dans les derniers jours. Lorsque ce moment sera là, Dieu attendra que son peuple Lui demande la bénédiction : puis Il la lui accordera en réponse à ses prières. Dieu veut que nous exposions nos requêtes, que nous Lui fassions des prières pour toutes les choses qui sont selon Sa Volonté ».
C’est de cette manière que Dieu entretient la communion avec nous.
(commentaire du Site Internet Bibliquest)

LES INTENTIONS QUE NOUS CONFIONS A VOTRE PRIERE :

Sœur Martha nous confie les enfants de la rue au Cameroun, abandonnés par leurs parents.

Paul-Roger, ex-détenu au Cameroun, pour qu’il retrouve une place dans la société, avec un travail et un logement. (voir extrait de sa lettre plus loin)

Le pèlerinage Bon Larron annuel à Chartres, du 23 au 25 septembre 2005.

La multiplication des groupes de prière pour les prisons.

Les aumôniers de prison et leurs équipes.

PARTAGE

PARTAGE

Sœur Jeanne, à Rome, qui nous avait confié le couple de sa nièce en avril dernier, nous écrit :
" Merci pour avoir recommandé aux prières le cas de mes neveux. J’ai su, fin mai, que les parents de ce neveu viennent d’aller à Londres pour le récupérer. (il avait disparu). Nous savons donc où il est, mais tous ses problèmes ne sont pas résolus pour autant, car il a été déboussolé par son divorce.
Je veux aussi vous mettre au courant d’une décision qui vient d’être prise à mon sujet. Je suis fatiguée depuis quelque temps et je pense rentrer définitivement en France dans quelques mois. Je reste fidèle à la prière du lundi.
"

Sœur Martha, de Douala au Cameroun nous dit : « Depuis le mois de février, j’ai commencé à aller à la prison avec une équipe de quatre personnes : deux chez les femmes, un garçon et moi-même chez les mineurs. C’est très passionnant, mais la prison n’est vraiment pas comme ailleurs. Les jeunes mangent très mal. La santé n’en parlons pas. Justement le 1er avril, j’ai perdu un jeune de seize ans. Il était anémié, atteint du Sida au dernier degré. Pour le faire sortir pour le soigner à l’hôpital, c’était tout un problème. Je le confie à l’intention des prières. Il est mort dignement quand même, malgré les difficultés rencontrées au cours de sa prise en charge. Il n’était pas abandonné. Seulement, nous l’avons découvert très tard. Il s’appelait Williams, originaire de la République Centrafricaine.

Paul-Roger MBAH, ex-détenu à la prison de Tcholliré (au Cameroun), introduisait sa lettre du 27 avril dernier par ce verset : « Louons l’Eternel, Il est grand Son Amour ». Et il continue :
« Après un long silence, je vous écris en remerciant grandement le Seigneur Jésus-Christ qui me donne cette occasion très exceptionnelle pour vous dire que je suis sorti de la prison depuis le 27 décembre 2004, après 32 ans de prison, en passant par la condamnation à la peine de mort. Je vous joins ici la photocopie de mon papier de libération qui peut-être vous servira de témoignage à votre idée. Je ne cesserai de rendre témoignage de ce que, grâce à vous, j’ai retrouvé une vie normale, car mon passage à la prison de Tcholliré II a été pour moi un calvaire. Une épreuve très très difficile dont seul le Seigneur Jésus reste et restera le plus grand témoin. « J’étais nu et vous m’avez habillé, j’avais faim et vous m’avez donné à manger ». Ma famille et mes anciens amis m’ont abandonné, mais vous, vous m’avez assisté. De tout mon cœur, je le parle et je le parlerai jusqu’au dernier jour de ma vie : grâce à vous et à ma correspondante Nicole, j’ai pu trouver un amour de Dieu que l’on dit incommensurable.
Les mots me manquent. Dites à ma mère Nicole que je suis libre. Dites-lui que seul le Seigneur lui revaudra tout ce qu’elle a fait pour moi. Je me rappelle mon arrivée dans cet enfer en 1990. C’est encore très difficile pour moi. Vous pouvez imaginer la réinsertion à la vie sociale, surtout pour celui qui a tout perdu : la liberté, le père et la mère, sans aucun secours. Je vis sous un vieux toit abandonné de mon père 26 ans après sa mort, où l’eau coule quand il pleut comme sous un arbre, sans matelas, sur des cartons étendus sur le sol. Ma misère est si grande, mais je me réjouis dans le Seigneur Jésus et reste confiant que l’Esprit Saint m’aidera à trouver un petit travail un jour qu’Il voudra.
J’ai eu de la peine pour arriver à Yaoundé, ma ville natale. J’ai passé plusieurs jours en route sur une distance de 700 kms. Dieu merci, je suis arrivé, et merci encore je suis en bonne santé malgré une toux sèche périodique qui ne finit toujours pas, manque de soins.
Ma correspondante Nicole ne peut plus rien pour moi, à cause de sa maladie. Dieu seul sait où Il me conduira. Transmets-lui de mes nouvelles. Dis-lui tout ce que je te dis.
A vous et toute la communauté du Courrier Bon Larron, je vous embrasse de tout cœur dans les doux cœurs de Jésus et Marie. »

Philippe nous annonce la création d'un groupe de prière d'intercession pour la prison à Marseille, qui se réunit le dernier mardi du mois à partir de la messe de onze heures à l'église Saint Ferréol – Les Augustins (Vieux Port).

Rendons grâce à Dieu pour ces groupes de prière qui se multiplient.


A propos d’Isaïe ch 42, V 4 : « Il n’écrasera pas le roseau froissé », repris en dernière page de ce bulletin, Saint Cyprien (évêque de Carthage, martyr du IIIe siècle) nous dit ceci :
« La patience commence là où sa dignité et sa gloire prennent leur source. L’origine et la grandeur de la patience se trouvent en Dieu, son auteur. L’homme doit aimer ce qui est cher à Dieu et que la majesté de Dieu recommande. Si Dieu est pour nous un maître et un père, imitons la patience du maître comme celle du père ; car il convient aux serviteurs d’être dociles et aux fils de n’être pas indignes.

Mais en vérité, quelle grande patience que celle de Dieu !… Il fait naître le jour et se lever la lumière du soleil à la fois sur les bons et sur les méchants ; Il arrose la terre de ses pluies, et personne n’est exclu de Ses bienfaits, si bien que l’eau est accordée indistinctement aux justes et aux injustes. Nous Le voyons agir avec une égale patience envers les coupables et les innocents. »


Invitation à la prière

Il y a des moments où l'on est fatigué de voir toujours les mêmes problèmes remis sur le tapis, pas seulement ceux du monde, mais aussi ceux de notre vie sociale, de notre vie d'Eglise, d'association, de famille, de notre vie personnelle aussi. Il nous semble alors que rien n'est jamais résolu, que toute tentative d'amélioration d'une situation subit ses contrecoups ou ses revers. Mais il y a des cycles, entend-on dire, dans la vie des sociétés comme dans la vie de la nature et on ne peut rien y changer.

L'homme serait-il donc un être ballotté à tous vents, sans espoir de changement de sa condition de façon durable et satisfaisante ? Notre monde, dans son immensité perceptible et sa complexité visible, ne serait-il pas devenu une menace pour tous et pour chacun ? C'est dans cette perplexité que nous retrouvons notre si actuel Livre de Jonas où il est écrit qu'au cœur de cette tempête –incompréhensible apparemment -, «  chacun se tourna vers son Dieu . »

La prière, si nous y croyons et la pratiquons avec confiance, l'humilité et la sérénité, peut nous aider très concrètement à discerner hic et nunc ce qui nous est demandé et à transformer en nous ce qui nous apparaît pourtant comme immuablement figé et désespérément bloqué dans nos pensées et notre comportement. Louis Evely, dans son livre Méditations d'Evangile (Edit. universitaires, 1973), nous livre quelques réflexions sur cette force transformatrice de la prière, que je laisse à notre méditation personnelle et communautaire :

« Je ne crois pas que la prière agisse sur Dieu et sur les événements en modifiant la Volonté de Dieu à notre égard (bien que je pense que la prière peut influencer directement gens et choses par un pouvoir psychique immédiat). Mais la prière nous change, et nous sommes responsables de changer le monde. Elle nous met en contact avec nos forces les plus profondes et nos ressources les plus puissantes : l'inspiration créatrice de l'Esprit, capable de renouveler sans cesse la face de la terre.

« Ce n'est pas Dieu qui change dans la prière, c'est seulement l'homme qui s'ouvre enfin à la sollicitation constante de Dieu, et qui établit entre soi et le monde, entre soi et les autres, un rapport d'harmonie et d'efficacité qu'ignorent ceux qui ne prient pas.

« Certes, il faut prier, et prier sans cesse, mais la résistance qu'on use ainsi, ce n'est pas celle de Dieu à donner, c'est celle de l'homme à recevoir.

« Dieu est en nous bien plus aimant qu'aimé, bien plus servant que servi, bien plus priant que prié. La prière est ce moment où nous exauçons Dieu pour changer le monde et les hommes dont Il souffre bien plus que nous ».

Henriette Tourne


 Dieu,

Peux-tu entendre ma prière
Mon cri arrivera-t-il jusqu'à Toi ?
Mais Toi Dieu,
Tu ne peux pas
Toi Dieu, Tu ne peux me laisser tomber.

C'est Toi-même qui dit
Que tout ce qu'on fait pour un prisonnier
C'est à Toi qu'on le fait.

Toi Dieu, Tu viens,
Tu es ici
Malgré les hauts murs,
Les longs couloirs,
Les trousseaux de clefs,
Les grilles et les matons.

Tu es ici
Dans ce trou,
Si proche que je ne Te vois pas.

Peux-Tu entendre mes prières ?
Mon cri arrivera-t-il jusqu'à Toi ?
Toi Dieu, Tu n'es pas prisonnier de ton ciel,
Tu vas, Tu viens où Tu veux,
Tu es libre,
Tu vas, Tu viens dans les rues,
Tu te lèves quant Tu veux,
Tu rentres quand ça te plaît,
Tu écoutes les respirations des taulards,
Tu réveilles les cœurs,
Tu les comprends et Tu les aimes.

Pour Toi un taulard, c'est toujours un homme
C'est Ton enfant.

Merci à l'avance de nous transmettre vos intentions de prière, de nous partager vos suggestions et réactions, afin que ce petit bulletin réalise vraiment la liaison et l'union entre tous.

Adresse pour le courrier
Jacqueline
Courrier BON LARRON
B.P. 60
06211 MANDELIEU Cedex


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