| L’homme a toujours une part de responsabilité quand il fait le mal, mais nous constatons chaque
jour que l’homme sans amour, sans l’amour de sa famille, l’homme qui ne connaît pas l’amour
de Dieu, va souvent se révolter à cause de ce manque, car nous sommes faits pour aimer.
Le faux consolateur, le malin, va s’occuper de l’homme sans amour.
Il va lui souffler à l’oreille : tu n’as pas été assez aimé, console-toi et venge-toi, fais souffrir tes
proches, fais souffrir ta famille, fais souffrir la société, ça leur apprendra. Jouis de la vie à
n’importe quel prix, sers-toi, tu y as droit. Eclate-toi… Il y a bien une petite lumière qui clignote
quelque part dans l’âme, mais on passe outre, on passe à l’acte, à l’acte mauvais, et c’est souvent
l’escalade.
Le résultat de cette escalade inspirée par le malin, c’est que notre frère prisonnier se retrouve
souvent avec toutes les pauvretés : manque d’amour familial ou famille bancale, difficultés
scolaires, haine contre la société, ennuis d’argent, liens avec l’alcool, la drogue ou le sexe,etc.
Mais la plus grande pauvreté, comme nous le disait si souvent le père Aubry, est de ne pas
connaître le Dieu d’amour. Comment s’étonner de tant de suicides, un tous les trois jours dans
les prisons françaises ?
Notre Dieu est un Dieu d’amour, de miséricorde et de rédemption. Si nous l’oublions, il apparaît,
comme s’il n’en pouvait plus de ne pas être aimé.
Il apparaît à Paray le Monial, et dit à Marguerite-Marie (1) : «Voici ce Coeur qui a tant aimé les
hommes qu’il n’a rien épargné pour leur témoigner son amour. Et pour reconnaissance, je ne
reçois de la plupart que des ingratitudes.»
Il apparaît à Soeur Faustine Kowalska (1) pour dire « je veux que l’on me connaisse comme Dieu
de miséricorde. »
"Ce ne sont pas les bien-portants qui ont besoin de médecin, mais les malades; je suis venu
appeler non pas les justes, mais les pécheurs." Marc2 ;17 Les prisonniers sont bien ces captifs,
ces malades dont parle l’Evangile, pour lesquels le Christ est mort, après avoir, lui aussi, connu
l’incarcération, le procès, l’erreur judiciaire, le tabassage, le châtiment suprême. Comment ne
serait-il pas proche des frères prisonniers, dont il a expérimenté toutes les souffrances ?
Mais, nous-mêmes, sommes-nous si différents des prisonniers ? Nous sommes des
multirécidivistes du péché, que Jésus acquitte à chaque confession… Pourtant, quels sont nos
mérites ?
Si nous voyons notre propre misère, nos faiblesses, nos limites, nos péchés, nous verrons aussi
avec tendresse les pauvretés du prisonnier, nous serons frères en pauvreté, nous serons pris d’un
désir de charité : vouloir, le bien, le bonheur pour l’autre.
La véritable charité, l’amour profond du frère souffrant, doit être de l’aider à se reconstruire par
étapes, à voir clair dans sa vie : discerner qu’il a fait le mal et causé de la souffrance, mais qu’il
peut se relever, se pardonner à lui-même.
Pour l’aider, il y a les moyens employés par le monde : l’écoute, le dialogue, la psychologie. Ils
sont utiles et respectables. Il y a aussi la voie royale d’accompagnement du frère en prison : la
prière et l’Adoration, la correspondance.
Cette prière faite à Dieu : « Seigneur, tu ne peux pas laisser ce frère dans cet état de souffrance
morale, dans cet état de haine, de tous et de lui-même, viens l’aider à voir clair en lui.
Esprit Saint, viens lui montrer sa faute, la souffrance des autres, mais aussi la puissance du
pardon qui lave tout. Dieu d’amour, fais connaître ta tendresse à ce pauvre frère. »
Cette démarche de prière et d’intercession, dans l’adoration confiante, est le coeur de la vocation
de notre fraternité.
La misère du prisonnier doit toujours nous bouleverser, nous scandaliser, et nous déterminer à le
tirer vers le bonheur vrai par la prière. Faisons à sa place la prière du Bon Larron : « Souviens-toi
de moi, quand tu seras dans ton royaume. »
Le pape Benoît XVI, dans sa dernière encyclique, nous a rappelé que le salut n’est pas
automatique, mais demande la volonté de l’homme, qui reste toujours libre. Notre prière peut
retourner bien des âmes. Nous serons sans doute surpris au Ciel de retrouver tous ceux que notre
prière bien imparfaite, et présentée à Jésus par Marie, aura contribué à sauver. Nous avons
besoin de priants, de nouveaux groupes de prière et d’adoration.
Venez à notre week-end des 29 et 30 mars, approfondir ce lien de fraternité priante, qui doit nous
unir aux prisonniers.
Le Père Jean-Marie Crespin, ancien aumônier de prison, et Jean Vanier, nous aideront à entrer
dans ce mystère de l’amour du frère souffrant en qui l’Eglise a toujours vu le visage du Christ.
Nous serons aussi présents, cet été, à Paray le Monial, à Lisieux et au rassemblement annuel des
Frères de St Jean (2). Nous y témoignerons, et espérons que l’Esprit Saint nous enverra de
nouveaux larrons, qui prieront pour ceux que le père Aubry appelait ses petits frères les
prisonniers.
(1) Marguerite-Marie Alacoque et Faustine Kowalska ont été canonisées.
(2) Si vous souhaitez aider aux sessions d’été auxquelles participe le Bon Larron, merci de
bien vouloir remplir le coupon ci-dessous, et de le renvoyer au :
‘Secrétariat du Bon Larron’ - 4, rue du Pont des Murgers - 78610 – Auffargis
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