Livret de Témoignages
Avant ProposAu cours de ses vingt années d'existence, la Fraternité du Bon Larron, sous l'impulsion du père Yves Aubry, son fondateur, a porté aux quatre coins de la France, le témoignage de la conversion de détenus suite à l'annonce de la Parole de Dieu qui leur était faite.
Lorsqu’il était aumonier de la prison de Bois d’Arcy, le Père Aubry a lui-même enseigné, à l’occasion de toutes ses réunions, la miséricorde de Dieu et la nécessité d'apporter cette Parole aimante à tant de personnes qui souffrent de n’avoir jamais connu l'Amour et l'affection de leurs proches.
Aussi, nous avons voulu rassembler dans ce livret les témoignages et les enseignements qui nous ont paru les plus forts et les plus à même d'aider le lecteur à grandir dans sa foi et sa relation à Dieu.
Ces enseignements et témoignages ont tous été donnés oralement, et nous avons voulu garder le style et la forme, pensant que cette spontanéité était préférable à une réécriture.
Bien fraternellement en Christ.
Michel Barnérias
Le Père Aubry : Redemptoris MissioLe "Bon Larron" est né d'une Parole intérieure que Dieu m'a donnée : " Tu annonceras Ma Parole, ce sera ton travail. Tu ne travailleras pas d'abord pour améliorer humainement la prison et la justice, non ! Ton premier but sera d'annoncer Ma Parole... Le reste suivra. "
J'ai été frappé d'entendre le même message tout au long de l'Encyclique du Pape, et du nombre de détenus qui ont puisé Force, Guérison et Re-départ dans cette Parole de Dieu proclamée en prison...
Leur nombre vient confirmer puissamment l'intuition reçue au point de départ. Le message du Pape vient nous éclairer sur cette route qui a été celle du Bon Larron et nous encourage à aller de l'avant : annoncer la Parole qui éclaire, console, guérit, envoie.
A propos de cette Parole qu'il faut aller annoncer à ceux qui ne La connaissent pas, le Pape nous dit que " c'est une nécessité, pour tout chrétien et pour tout groupe de chrétiens, d'annoncer la Parole de Dieu. "
Le Pape ne dit pas autre chose que ce qui est contenu dans l'enseignement du Christ : "II faut aller chercher la brebis perdue."
Saint Augustin disait : " C'est parce que tu t'es égarée et que je ne veux pas te perdre que je te cherche ! Je n'irais pas te chercher si tu étais déjà en sécurité. Tu vas te perdre, avec le chemin que tu prends ! Moi, je ne le veux pas ! "
Et l'apôtre Paul ne dit-il pas : "Annonce la Parole ! Insiste, à temps et à contretemps."
C'est ce que le Pape nous redit tout au long de son Encyclique : à temps avec ceux qui l'attendent, à contretemps vers ceux qui ne l'attendent pas.
Je voudrais préciser cette idée très simple, en employant les paroles du Pape dans cette Encyclique : "Nous devons entre-tenir, en nous. la passion apostolique".
Regardons Marie : J'oserai dire "cette petite jeune fille sans importance"... Posez-lui donc cette question : "pour devenir cette Splendeur que Vous êtes, qu'avez- vous fait"?... Et vous savez ce qu'elle va vous répondre, la Vierge Marie ? "Je n'ai rien fait. J'ai dit OUI et Je me suis laissé faire" !
" Voici que Je me tiens à la porte et que Je frappe...
Si quelqu'un écoute Ma voix, si quelqu'un ouvre sa porte,
J'entrerai chez lui, dans son intimité la plus profonde...
Je dînerai avec lui : lui près de Moi et Moi près de lui. "Voilà Ton idéal, Seigneur, voilà Ton but, ce pourquoi Tu es venu sur la terre : pour que, après qu'on T'ait dit "oui", Tu puisses t'asseoir à côté de nous, à l'intérieur de nous-mêmes et y faire ce que Tu nous as promis :
"J'essuierai toute larme de leurs yeux !"
Et nous avons entendu dire, et nous entendrons encore dire :
"Je suis heureux en prison ! "
Seuls peuvent dire cela ceux qui T'ont découvert Seigneur, seuls ceux-là !
L'être nouveau qu'il est devenu découvrira bien vite qu'il est devenu un être capable de sauver les autres . C'est toujours une Joie formidable de voir quelqu'un qui a été détruit et qui est, maintenant, Re-Créé et re-créateur des autres !
"Chaque fois que vous êtes réunis à plusieurs à cause de Moi, en Mon nom, Moi, le Tout-Puissant fait homme, Ressuscité, Je serai là, au milieu de vous !" Je serai dedans, à l'intérieur de vos cœurs, mais Je serai au milieu de vous".
"Le Seigneur est mon Sauveur,
le Seigneur est mon Salut,
le Seigneur est mon Amour"...C'est cela que le Pape Jean-Paul II vient nous redire dans l'Encyclique : REDEMPTORIS MISSIO".
Oui, c'est une grande joie de se sentir en plein accord avec son Eglise ! L'Église est le garant de notre route ! C'est une grande force de se sentir en son sein et bien accordé à son projet.
La Parole de Dieu, source inépuisable de joie et de paix pour ceux qui l’accueillentLettres de détenus adressées au Père Aubry
Homme d’une quarantaine d’années qui ne connaissait pas le Seigneur quand il est entré à la prison.
" Père, depuis que je vous ai entendu parler de Dieu lors de mon passage à B. en février, je pense souvent à vous. Oui, je pense souvent à vous et particulièrement en ce dimanche de Pâques où j’aurais tellement aimé vous entendre. Je ne sais comment exprimer ce que j’ai ressenti en vous écoutant mais j’avais l’impression que c’était Dieu lui-même qui parlait en vous.
Bien des camarades étaient attirés à venir vous écouter. Ce que je trouve formidable, c’est qu’ils venaient de toutes confessions : musulmans, juifs, tous étaient pendus à vos lèvres. Vous nous faisiez admettre que nous étions pécheurs mais que Dieu pardonne aux repentants et nous sortions apaisés de vos réunions. Mais ce n’est pas seulement cela. Vos paroles portaient quelque chose de plus, d’inexplicable. Est-ce la gentillesse, le pardon, l’amour, la compréhension ? Nous aurions passé des heures à vous écouter et je voudrais pouvoir vous entendre encore.
Je me sens faible, j’essaie de prier chaque soir et chaque matin. Oh ! parfois j’oublie, j’ai peur de ne pas savoir, je voudrais vous entendre pour prendre de la force dans votre foi.
Le prisonnier, vous savez, se sent seul, rejeté de tous, abandonné. J’ai découvert grâce à vous que Dieu, Lui, ne nous abandonnait pas et j’ai repris goût à la vie. J’étais désemparé, las, mais maintenant j’ai une flamme en moi qui me dit : " Va de l’avant, tu n’es plus seul. " J’ai confiance Père, mais j’ai besoin d’être guidé. Donnez-moi s’il-vous-plaît vos coordonnées de façon à ce que j’aille vous rendre visite à ma sortie de prison. Merci. Que Dieu vous garde. "
xxx
Homme de cinquante-cinq ans
" Bien cher Père, je viens par cette petite missive, m’entretenir un instant avec vous, tout d’abord pour vous remercier avec mes deux copains de cellule, Henri et Maurice, de la visite que vous avez bien voulu nous faire en cellule avant-hier. Je la garderai personnellement en mon cœur, comme un souvenir inoubliable, car c’était le contraire de ce qui aurait pu se produire puisque vous étiez absent depuis une certain temps pour cause de maladie. Donc un grand merci collectif pour cette grande joie que le Bon Dieu a bien voulu nous procurer à tous.
Voyez-vous, cher Père, cela peut paraître étrange mais je suis obligé de vous dire que je suis personnellement heureux ici, dans cette prison de B. Oui, particulièrement et personnellement heureux dans cette prison où le Bon Dieu a voulu me mettre. Oui, Ses desseins sont impénétrables, indéchiffrables et je Le remercie à chaque instant pour ce bonheur qu’Il m’a donné de pouvoir, grâce à l’isolement ici, coupé de la vie courante, prier, méditer, m’entretenir avec Lui quand bon me semble.
Bien qu’étant catholique depuis ma naissance, bien qu’ayant été élevé par des parents très croyants, surtout ma pauvre maman qui n’omettait jamais une seule journée de prier le Seigneur, bien qu’ayant été éduqué de la sorte par ma mère, comment consacrer à Dieu le temps qu’on devrait lui consentir avec la vie trépidante, la vie de fous que nous autres humains, nous menons ? Et même les prières que nous Lui adressons n’ont pas, je pense, la même valeur quand on est dehors car elles sont dites souvent un peu trop vite, dans toute cette précipitation, tout ce vertige, qui finalement nous désoriente complètement et nous conduit la plupart du temps dans le néant.
Voyez-vous, cher Père, plusieurs détenus me demandent souvent la raison de ma joie. Je leur explique le plus naturellement du monde que c’est la prière et les louanges que je ne cesse d’adresser au Seigneur, à Sa mère, la Vierge Marie, qui en sont à l’origine, mais je dois avouer qu’il y a beaucoup de sceptiques autour de moi. Cependant à ma grande joie, il y en a aussi qui me promettent de bien réfléchir à tout cela. Alors Père, j’en conclurai que le Bon Dieu a voulu opérer en moi quelque chose que je n’arrive pas à saisir mais je suis confiant car tout ce qui me sera donné par Lui ne pourra qu’être une grande grâce pour moi et pour ma nombreuse famille.
Je souhaite ardemment qu’il en soit de même pour tous les affamés spirituels que sont les pauvres humains…
Ces lettres montrent la joie qui arrive lors d'une rencontre avec le Seigneur.
xxx
Lettre d’un garçon de vingt-cinq ans.
" Je vous écrit ces quelques lignes pour que vous sachiez ce qui m’est arrivé. Depuis quelques jours, voyez-vous, j’ai découvert que Dieu était vivant. Et non seulement qu’Il était vivant mais je sentais qu’Il m’encourageait dans cette tâche de Le découvrir. L’illumination spirituelle est là et j’éprouve un sentiment intense, un réconfort merveilleux de me savoir guidé par le Seigneur. J’aimerais vous féliciter pour ces moments intenses et pleins de recueillement que nous avons, mes frères et moi, ressentis pendant la messe de Pâques. Dieu, plus que jamais, a pénétré en nous. L’Esprit et ma foi en Lui n’ont jamais été aussi grands. J’ai eu l’impression que Jésus ressuscité, Fils bien aimé de Dieu, me voulait entièrement à Lui. Oh ! Combien il est rassurant de se savoir aimé par son Créateur.
A un moment donné, je me suis, je crois, fondu en Lui, car je ressentais intensément Son désir de m’étreindre et de m’aimer. Dieu accomplit des miracles en moi. Il a pris possession de mon âme et je suis vraiment aux anges.
Par Sa volonté infinie de m’aimer, j’ai crié au plus profond de ma détresse : " Seigneur, si Tu m’aimes, viens à moi ! " Et j’ai sentit une voix, un appel réconfortant à ma supplique qui disait " Je t’ai toujours aimé, mon petit, c’est toi qui ne voulais pas de moi. Tu es mon enfant bien aimé, voyons ! J’ai crié mon amour pour toi mais tu étais si préoccupé et si absent que tu semblais avoir oublié que j’existais. " Par la grâce divine, voyez-vous, j’ai pu m’entretenir avec mon Seigneur bien-aimé et je Lui ai répondu : " Mais Seigneur, comment peux-Tu m’aimer aussi intensément ? Moi qui n’étais qu’un ingrat, qu’un indocile, moi qui ai péché ! " Et la réponse est venue : " A mes yeux, tous tes péchés te sont pardonnés. Aime-moi autant que je t’ai aimé et fais partager autour de toi à tes frères miséreux mais combien aimés ma présence et mon message d’amour. "
Oh Père, que le Seigneur est grand dans Son amour ! Jésus est vivant plus que jamais. Jésus est miséricordieux, plus qu’il ne l’a jamais été. Qui veut connaître la vérité, la justice divine et l’amour éternel ? Qu’il me suive, qu’il vienne à ma suite !
Oh ! Père, il y a une dizaine de jours, c’était le commencement d’un profond désespoir, car l’esprit du mal s’était insinué dans notre cellule, semant la discorde et laissant planer un nuage chargé d’électricité. Au milieu de ce tumulte, j’ai crié : " Prends pitié Seigneur, prends pitié d’un pauvre pécheur ! " Et doucement, comme après une mer déchaînée, j’ai senti une présence qui me disait : " Prends patience, mon fils, je suis là, moi ton Dieu, et je suis avec toi. Et tout s’est enchaîné. Si je n’avais écouté que moi, j’aurais certainement changé de cellule. Mais cette voix se faisait si insistante que je ne pouvais résister. Aujourd’hui c’est le commencement d’une ère nouvelle !
Prière et Prison, par le Père Aubry
La Prière, je l’ai vue s’éveiller, prendre vie, se développer et métamorphoser tant de détenus en prison…
Pour pouvoir en parler un peu il faut nous transporter en esprit dans la synagogue de Nazareth, là où en sa première prise de parole en publique sur la terre, le Christ venait d’affirmer qu’il était le Messie attendu…Si le Père l’avait envoyé, disait-il, c’était pour " annoncer aux captifs la délivrance, porter la bonne nouvelle aux pauvres, aux aveugles le retour à la vue et rendre la liberté aux opprimés ", en un mot, pour libérer l’homme de tous les étouffements , de tous les emprisonnements qui l’empêchent de venir à Lui et à son Père pour recevoir paix et guérison.
" Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et qui ployez sous le fardeau… ", " Je suis la voie, la vérité et la vie ", " N’ayez pas peur, j’ai vaincu le mal ".
Cette promesse incroyable de Dieu venant mettre sa toute puissance – son amour - sa tendresse au service de l’homme en détresse… je l’ai vue si souvent se réaliser en prison de façon évidente et cela dès qu’un dialogue confiant, aimant s’établissait entre le Ressuscité et le détenu. Dialogue dont le Seigneur avait l’initiative et qui montait comme spontanément du fond de lui-même.
Voici deux courtes réflexions sur ce thème.
Patrice, 23 ans
" On sentait que le Christ était là dans la salle (…) A cause de cet office et malgré la détention, j’ai vécu cette semaine de fête entre Noël et le jour de l’an sans aucun regret d’être là, en prison, et non dehors en liberté car mon Bon Seigneur a pris place dans la vie. Je lui parle tout au long du jour, je ne suis plus seul et ne le serai plus jamais… La raison pour laquelle je suis là, je la partage avec Jésus… Je sais qu’il m’a pardonné… depuis cette Messe ma vie n’est plus la même ! "
Francis, 60 ans, condamné à une très longue peine
" Pour moi le meilleur moment c’est le soir. Je passe toute cette veillée à la prière : 4 ou 5 heures régulièrement chaque jour ! Chaque soirée est merveilleuse ! "
Serge : Lève-toi et marche !Je voudrais revenir en arrière, au temps où j'étais un délinquant... Cette grâce de conversion m'a été donnée par des personnes qui viennent annoncer la Parole en prison.! J'étais si loin de Dieu ! La vie de prison nous met dans une situation d'angoisse lancinante… par l'enfermement, les portes qu'on ne peut ouvrir... l'angoisse du jugement qui vient... Il faut essayer de voir clair dans ce milieu angoissant !
Tout ce que m'a apporté le Bon Larron, c'est la Vérité ! J'ai compris que Dieu était bien vivant, qu'on ne m'avait pas trompé ! Puis Dieu, c'est un Etre si merveilleux, si grand et si présent au fond de nous-même que, lorsque l’on se convertit, on sent monter pour Lui un sentiment tellement grand, tellement fort... qu'on en devient amoureux. On est amoureux de Dieu !
C'est ce que j'avais compris. C'est cela que je veux communiquer aux autres. C'est-à-dire que la Lumière qui est Dieu illumine leurs ténèbres. En nous aidant à comprendre cela, le Seigneur nous envoie aimer ceux qui sont plus pauvres que nous, plus "écrasés", plus "dépassés"...
Dans la prison, j’ai rencontré Dieu en profondeur. J’ai eu une chance formidable, c’est d’avoir le Père Aubry qui, par l’annonce de la Parole qu’il faisait à l’aumônerie, tout d’un coup, m’a fait tomber en pleurs devant le Seigneur. Puis Sœur Marie-Agnès m’a beaucoup suivi en devenant la confidente de mes découvertes spirituelles et de mes combats. Sœur Marie-Agnès était ma visiteuse. Tout seul je serais retombé dans la délinquance.
Maintenant je vis en communauté avec Sœur Marie-Agnès et Sœur Jacqueline : avec elles, tout au long du jour, je vis la règle de leur ordre et récite l’Office. Quelle découverte et quelle force j’y puise !
Un jour j’ai compris que la justice condamne l’action d’un homme qui n’existe plus. On cherche à le punir mais pas à le guérir. Si personne ne l’aide, comment voulez-vous qu’il garde l’espoir de se relever ? Qu’en sera-t-il si la Parole ne nous est pas dite ?
Alors j’ai voulu me mettre totalement au service de mes frères sortant de prison. J’ai donné mon compte, me privant de salaire. J’ai convaincu la Supérieure et la Congrégation et nous avons monté une association. Sous la conduite du Seigneur, nous avons appelé l’association " Lève-toi et marche ". Avant de nous préparer une maison, le Seigneur avait préparé mon cœur. Je crois maintenant deviner ce qu’est la Miséricorde. La plus belle preuve d’amour c’est de donner sa vie pour ceux qu’on aime.
Commentaires du Père AUBRY
Il ne faut pas oublier que Serge a découvert le Seigneur dans la prison. Il y a des situations très douloureuses pour l'homme qui sont en même temps des situations de salut... C'est vrai pour la prison. C'est vrai pour chacun d'entre nous. "Tout coopère au bien de ceux qui aiment Dieu !"
Remarquez comment Serge est devenu missionnaire dans sa prison et comment il le demeure à sa sortie ! Il a choisi, avec une toute petite retraite, de rester seul dans une petite chambre, dans la région parisienne. Il parcourt la France et témoigne. C'est maintenant sa vie ! La grâce de Dieu est transformante ! Car, pour lui, "II n'y a qu'un seul but : annoncer la Parole de Dieu".
Charles, ou la métamorphoseIl y a beaucoup de personnes qui me connaissent, car il y a longtemps que je fais partie du Bon Larron. J'ai été à la maison d'arrêt de Bois d'Arcy et là, j'ai été sauvé et j'ai pu, armé de ma foi retrouvée, me remettre en marche pour une étape nouvelle de ma vie que je voudrais sous la conduite de l'Esprit. C'est pourquoi j'ose dire que je suis heureux de cette incarcération, parce que j'ai découvert que Dieu est vivant, qu'il nous aime, qu'il nous reconstruit aussi à l'intérieur.
Souvent, mon genre de travail m'amène à collaborer avec les assistantes sociales et je sais combien la qualité de leur vie est précieuse pour ceux et celles qu'elles aident à leur sortie de prison pour leur réinsertion, c'est-à-dire pour les aider à trouver hébergement, travail, nourriture et équilibre, bref, une place normale dans la vie.
Il y a quelque chose d'essentiel que nous avons à faire découvrir à ceux que nous accompagnons. C'est qu'ils ont un Père merveilleux qui les aime, certes, mais qui aime aussi les autres... Ils ont un père qui veut que chacun de Ses enfants ait sa place et que chacun la lui reconnaisse et que lui reconnaisse la place des autres. Il faut leur faire découvrir que chaque fois qu'ils agressent les autres, c'est eux-mêmes qu'ils agressent...
Il nous faut, nous les croyants, qui avons découvert le secret de la puissance de la Parole de Dieu, avoir le courage et l'audace de la transmettre. Il nous faut faire découvrir à tous la vérité, cette vérité qui nous rend libres et forts et qui est : " Nous sommes tous Enfants de Dieu ! "
De par mon travail, je suis chargé d'aider ceux qui sortent de la maison d'accueil de l'Ilot à se reclasser, à retrouver un logement et à gérer, sous leur propre responsabilité, cette nouvelle étape de leur vie en liberté. A tous, de la façon qui est adaptée à chacun, je donne la Parole de Dieu... Eh bien ! Je peux vous dire que, souvent, la manière dont ils la vivent m'émerveille ainsi que la manière dont ils prient. Ils ont découvert le Christ qui est en eux et, dès qu'ils rencontrent l'occasion de vivre de Son Amour, ils en vivent.
Certes, cette manière éducative qui consiste à leur révéler l'Amour de Dieu afin que, en toute liberté, ils en vivent, est mal vue et en contradiction avec celle employée par la plupart des "éducateurs" et enseignée par le système éducatif en cours. Mais elle les met en contact avec la Lumière et la Force même de Dieu qui leur permet de dépasser des obstacles souvent au-delà de leurs forces. II me faut apprendre " sans les bousculer - à ceux qui me sont confiés à se relever sous la Lumière de Dieu... c'est leur demander d'aller à contre-courant des idées tout humaines ainsi que des méthodes des corps socio-éducatifs actuels. Mais les fruits qu'elles portent témoignent que ce sont les méthodes vraies et efficaces, ne consistant pas à épouser l'esprit du monde, mais l'Esprit de Dieu.
Je m'adresse aussi à tous les correspondants qui écrivent à ceux qui sont incarcérés. Durant ma détention, j’ai pu correspondre avec une femme. Cette correspondante nous apportait le salut à travers ses lettres ! J'ai dit "nous" car mes compagnons de cellule lisaient aussi les lettres qu’elle me destinait et en bénéficiaient. Je tiens aujourd'hui à lui donner un petit coup de chapeau. Car elle est allée jusqu'au bout de son engagement puisque, maintenant que nous sommes sortis de prison, elle continue de s'occuper de nous et nous réunit régulièrement.
Et je vous assure que cela nous fait du bien ! Chacun a trouvé une voie Nous nous sommes mariés. Il y a des naissances. Toutes ces joies qu'elle nous a apportées, elle les ressent aussi. Elle est un peu notre marraine. Merci à Marie José !
Commentaire du Père AUBRY
Quand un détenu découvre le Seigneur, il va approfondir sa relation au Seigneur et, dans le temps et sous Son influence, se transformer.
Il serait intéressant de lire la lettre que Charles m'a envoyée au moment de sa redécouverte du Seigneur il y a 4 ans environ :
"Je suis heureux de vous témoigner, aujourd'hui, de mon chemin (c'est un chemin, une route, ça varie, ça change avec les étapes de la vie : c'est mon chemin)... Je suis heureux de vous témoigner de la foi et de toutes les transformations que cela a opéré en moi..."
"Pour information, j'ai été incarcéré par l'accusation de 4 hold-up dans des établissements bancaires. Par bonheur, j'ai été affecté ici, dans une cellule où les détenus sont croyants et prient longuement chaque jour. Ils m'ont aidé à me tourner longuement, moi aussi avec eux, vers le Seigneur"...
Dès les premières soirées, ils m'ont invité à me joindre à leur prière. Quelque temps après, l'un d'eux a été libéré mais, en partant, il m'a laissé une richesse, un guide pour mieux vivre. C'est le livre de prière : la Bible. Curieux, je me suis mis à parcourir, superficiellement d'abord, puis plus profondément, l'Evangile. De cette lecture est née en moi une vraie soif d'apprendre à connaître Jésus.
Il y a d'abord une illumination, on devine qui II est et, rapidement, on veut savoir. Mais l'illumination précède le savoir, l'illumination précède l'étude. L'étude n'intéresse que parce qu'il y a eu illumination. L'illumination ne vient pas après un travail, du moins la plupart du temps, elle vient tout d'un coup, comme un vrai cadeau... Elle donne le goût de Dieu, ce goût gratuitement reçu qui va permettre de lire et de relire la Bible...
Un jour, un ami, dans la cour de promenade, m'invite à venir à l'office du mercredi et c'est là que j'ai trouvé ce qui me manquait, j'ai trouvé un guide : vous, Père Aubry, qui annonciez la Parole. Vous m'avez appris à m'arrêter sur tel ou tel passage de l'Evangile, vous m'avez appris aussi à méditer et, surtout, à prier, ce que je ne savais plus faire, ayant abandonné toute pratique religieuse depuis mon adolescence, il y a de cela 17 ans !
Au fur et à mesure de mon approche vers Dieu, j'ai commencé à ressentir le remords, comprendre aussi un peu la notion de péché"...
Ce qui, hier, était mon orgueil, est devenu ma honte aujourd'hui. J'ai pris conscience que mes négligences vis-à-vis de ma famille et des autres les avaient blessés, meurtris. J'ai souffert et, au lieu de m'enfermer dans mes pensées douloureuses, j'ai revu certains de mes actes et leurs conséquences... cette fois, sous une toute autre lumière, celle du Seigneur ! J'ai ainsi saisi la répercussion de mes actes sur ceux de mon entourage et cela m'a amené à pleurer.
Oh ! Je n'ai pas pleuré sur mon sort, mais sur mes péchés parce que, surtout, je découvrais sous cette Lumière nouvelle que j'avais offensé mon Sauveur.
J'ai senti le besoin de me confesser et, ce jour-là, j'ai compris l'Infinie Miséricorde de notre Sauveur, ce qui m'a conduit à saisir sa Puissance Rédemptrice. Je comprenais que je n'étais pas réduit à l'impuissance par ces quatre murs qui me tenaient captif et que, par la prière, je pouvais demander à Dieu tout en sachant qu’Il allait me répondre et me donner Sa Force parce qu'Il m'aimait comme j'étais : dans ma misère, parce qu'Il est Miséricorde. Plût au Ciel que tous les gens honorables puissent eux aussi avoir le sens de leur misère : c'est ce qui nous sauve...
Je me suis aperçu que, tout autour de moi, dans cette même prison, d'autres détenus avaient suivi le même chemin que moi. Il y avait là une Puissance qui travaillait ce monde de souffrance. Je ne l'avais pas vue jusqu'ici, cette Puissance qui travaillait cette souffrance... Et je comprends mieux cette Parole de l'apôtre Saint Jean :
"Purifie ton œil intérieur et toute chose t'apparaîtra nouvelle".
Aller porter, dans les rues, le Message du Seigneur !
Par le Père Yves Aubry
C'est ce que le pape nous demande dans son Encyclique sur l'Evangélisation. Je voudrais vous dire quelques mots de cette Encyclique.
Le "Bon Larron" est né d'une Parole intérieure que Dieu m'a donnée : " Tu annonceras Ma Parole, ce sera ton travail. Tu ne travailleras pas d'abord pour améliorer humainement la prison et la justice, non ! Ton premier but sera d'annoncer Ma Parole... Le reste suivra. "
J'ai été frappé d'entendre le même message tout au long de l'Encyclique du Pape. Et puis, du nombre de détenus qui ont puisé Force, Guérison et Re-départ dans cette Parole de Dieu proclamée en prison...
Leur nombre vient confirmer puissamment l'intuition reçue au point de départ. Le dernier texte du pape vient nous éclairer sur cette route qui a été celle du Bon Larron et nous encourager à aller de l'avant. Annoncer la Parole qui éclaire, console, guérit, envoie. A propos de cette Parole qu'il faut aller annoncer à ceux qui ne La connaissent pas, le Pape nous dit que" c'est une nécessité, pour tout chrétien et pour tout groupe de chrétiens, d'annoncer la Parole de Dieu".
Le Pape ne dit pas autre chose que ce qui est contenu dans l'enseignement de Saint Augustin : "II faut aller chercher la brebis perdue".
Saint Augustin y disait : " C'est parce que tu t'es égarée et que je ne veux pas te perdre que je te cherche! Je n'irais pas te chercher si tu étais déjà en sécurité. Tu vas te perdre, avec le chemin que tu prends! Moi, je ne le veux pas ! "
Et l'apôtre Paul ne dit-il pas :
"Annonce la Parole ! Insiste, à temps et à contre-temps"C'est ce que le Pape nous redit tout au long de son Encyclique :
- à temps avec ceux qui l'attendent,
- à contre-temps vers ceux qui ne l'attendent pas.Je voudrais préciser cette idée très simple, en employant les paroles du Pape dans cette Encyclique : "Nous devons entre-tenir, en nous. la passion apostolique".
La passion apostolique… Qu'est ce que cela veut dire? Sinon ressentir un besoin violent de transmettre à d'autres la Lumière et la Joie de la Foi ? Le Pape ajoute :"Nous devons former à cet idéal tout le peuple de Dieu".
Trois jours de grâce
Alors que je cherchais comment partager la grâce que Jésus m’avait faite en me convertissant, je me trouvais vers l’année 1990 à Lourdes, en même temps que le Père Yves Aubry, qui parlait de la prison et plus précisément de sa vocation de prêtre aumônier à Bois d’Arcy. J’ai tout de suite compris que là était ce que je cherchais sans le savoir : " les plus malheureux ". Car lorsqu’on est coupable, le remords est là, la paix n’existe plus. Alors, à ce moment là, il faut non pas les juger (Dieu est là pour cela) mais les aider à vivre leur temps d’incarcération et préparer leur sortie.
Voici le témoignage de J.C qui fut mon premier détenu en correspondance.
J.C. : C’est un cheminement logique. Petit délinquant, on commence par voler un vélo et on finit par faire des braquages, donc je me suis retrouvé en prison.
Dans quel état se retrouve t-on ?
J.C : On n’est plus rien.
A quel moment fait-on ce constat de n’être plus rien ?
J.C : On s’en rend compte nous-mêmes et on vous le fait bien sentir, que vous n’êtes plus rien. La société peut vivre sans vous.
Et vous rencontrez l’aumônier qui est le Père Yves Aubry et qui vous dit : J.C, reprends courage, il y a quelqu’un qui t’aime et qui peut t’aider, c’est Jésus.
J.C : De là a commencé ma conversion. Le Père avec sa grande bonté m’a accroché, nous avons approfondi des choses sur la spiritualité. Il parlait avec une telle beauté de Jésus que j’étais émerveillé. Je me disais : si cela est vrai tout ce qu’il raconte sur Jésus ce doit être merveilleux tout ça. Mais au fond de moi se faisait un combat. Il me restait par moment des doutes.
Vous aviez reçu une éducation chrétienne ?
J.C : Oui comme beaucoup, à l’âge de l’école primaire. Mais c’était très superficiel, donc vite effacé… Le Père, en développant ma foi, m’a donné une force intérieure.
Que vous disait le Père ?
J.C : Il expliquait l’Evangile et, pour moi, je comprenais que c’était la vérité. Il m’a expliqué aussi comment le cœur de l’homme est bon ou mauvais, selon ce que l’on veut qu’il soit. Car l’homme a la liberté . Puisque Jésus est Amour, si nous ne mettons pas l’Amour dans notre cœur, nous ne savons pas aimer, pas donner, on est égoïste et dans son orgueil, l’homme se croit le nombril de la terre, c’est lui le plus beau.
Vous pensez que c’est cela un délinquant ?
J.C : Un délinquant est une personne normale. Mais, s’il n’a pas l’amour de Dieu qui lui donne une certaine moralité, par les temps actuels, il chute très vite.
Mais il m’a fallu persévérer dans les prières pour que le calme revienne en moi. Car les prières ne sont pas forcément exaucées de suite et puis je comprenais de mieux en mieux les Evangiles, donc je prenais confiance en moi, je devenais joyeux. J’avais acquis un certain bonheur. Mais la pression de la prison est telle que j’ai eu un jour peur de craquer, de laisser ma foi, mes prières et j’ai eu cette grâce pendant trois jours : j’étais conscient d’avoir cette communication avec le Christ, une joie intérieure inexplicable et je sais qu’à la fin des trois jours, j’ai beaucoup pleuré en regardant une image du Christ en croix. J’ai demandé au Père ce qui m’arrivait. Lui m’a tout de suite rassuré, trouvant que cela était normal.
J’ai éprouvé le besoin de communier au sang du Christ car je me disais : si je meurs, au moins j’aurai le sang du Christ en moi, je ne pourrai pas être damné. Le Père m’a fait tout de même patienter plusieurs mois et voilà qu’un jour le Père me dit : J.C, aujourd’hui c’est ta messe, tu communies au sang du Christ. Et voilà, tout le monde communie. Arrivé à la fin, le Père me dit : mets-toi sur le côté. Il m’a tendu la coupe et je suis allé m’asseoir. Je croyais pouvoir parler au Seigneur mais il m’a été impossible d’ouvrir la bouche et alors là, il m’est venu une paix comme je n’avais jamais connu. Je ne voyais et n’entendais plus les gens autour de moi. Ensuite je suis remonté en cellule. Si par la suite l’esprit suicidaire venait me tenter, il n’avait plus de prise sur moi. Le Seigneur se révèle à toute personne qui le cherche. Mon cas n’est pas unique. Le Père fait un tel travail qu’on ne pourra jamais assez comprendre la valeur d’un aumônier qui parle de Dieu dans une prison.
Et si vous n’aviez pas rencontré le Père ?
J.C : Si je n’avais pas rencontré le Père, j’aurais fait mon temps de prison et en sortant j’aurais sans doute continué ma vie facile et dangereuse.
Que pensez-vous des correspondants ? Qu’est ce que cela vous apporte ?
J.C : Les journées sont longues et il faut bien le dire que la santé laisse à désirer. Aussi quand du courrier arrive, c’est de l’air frais qui vient de l’extérieur et c’est grandement apprécié. En plus, dans mon cas, je pouvais parler de ce qui me tenait le plus à cœur et éventuellement combler mes lacunes. Les correspondants sont une richesse car dans beaucoup de cas les familles rejettent les détenus.
En Dieu… la clé du bonheur !Je m’appelle Léonard, je suis natif de la Haute-Corse.
A 27 ans, je me suis marié. Pour faire vivre ma famille, j’ai décidé de devenir meunier. Puis j’ai voulu industrialiser la farine de châtaigne. J’ai convaincu les paysans de la région et au bout de quelques années notre petite usine de séchage de châtaignes marchait très bien. J’étais un homme heureux. Quand tout paraissait aller bien, un drame est arrivé. Après 32 ans, j’ai dû tout quitter. De 78 à 83, Dieu était perdu pour moi. Puis un nouveau drame m’a amené à Bois d’Arcy où j’ai rencontré le Père Aubry.
J’avais appris qu’il y avait une aumônerie et, petit à petit, tous les jours, j’y allais. Et cette Parole du Père Aubry commençait à me remuer complètement. Je ne pouvais me passer d’entendre cette Parole et le soir dans ma cellule je la revivais. Le Père Aubry est allé rechercher ma foi, il l’a réveillée.
Depuis je n’ai plus eu qu’un désir : dire à tout le monde qu’il n’y a que Dieu qui peut nous donner la joie ! Les joies humaines sont des illusions. ..
Je Lui ai donné ma vie. Dans la prison, à ceux qui me le demandaient je disais : " Pour être toujours joyeux, priez : vous ne trouverez le bonheur qu’en Dieu ". Les jeunes venaient vers moi : " Tu sais Pépé je fais une demande pour ma permission, il faut que tu pries. Il faut que nous soyons deux. Si tu pries aussi ce sera mieux. " Et il priait avec moi. Il faut témoigner ! Il faut parler de Dieu !
Père Aubry : Tous les vendredis, Léonard faisait son chemin de Croix dans la cour, au milieu de tous les détenus, à genoux, chantant entre chaque station… Sa Foi était si vraie qu’aucun autre détenu ne s’est moqué de lui.
Stéphane ou la victoire de l'amourPar Philippe
A sa naissance, comme beaucoup malheureusement, Stéphane n'a pas trouvé une famille pour l'accueillir. Non désiré par une mère qui, un an après la naissance de son enfant, a quitté son ami, Stéphane n'a jamais connu son père...
Il a été élevé chez sa grand'mère avec sa mère jusqu'à l'âge de 7 - 8 ans. Puis un jour, il avait 8 ans, sa mère est arrivée avec son futur beau-père. Stéphane a dû quitter sa grand'mère et ce fut sa première rupture.
Il s'est alors installé chez son beau-père, dans un pavillon du Val-d'Oise. Puis les rapports entre eux deviennent très mauvais et Stéphane subit des violences de la part du beau-père qui a tué le chien qu'il lui avait donné !
Alors le beau-père frappe le pauvre gosse. L'école constate les coups et appelle la police, qui ne fait rien et reconduit l'enfant chez le beau-père ! Celui-ci, constatant que la police s'en mêle, redouble les coups...
Pour échapper à cette misère et à cet écrasement quotidien, l'enfant se met à faire des fugues, de plus en plus nombreuses. Par ailleurs, Stéphane commence à commettre quelques menus actes de délinquance : vols de nourriture, vols de vélo, vols de vélomoteurs.
Vers l'âge de 13 ans, la situation ne fait que s'aggraver. A 15 ans 1/2, Stéphane fugue définitivement. Et sa vie d'errance durera à peu près 2 ans. Il échappe à la police grâce à de fausses identités.
A 18 ans, il devance le service militaire. L'armée n'a pas meilleur effet sur lui. Il va souvent au "trou". Il déserte... Il est condamné à une peine de 4 mois avec sursis. Il est obligé de faire 5 mois de plus au service militaire. Il quitte l'armée fin 88.
Peu de temps après, il est arrêté pour vol avec effraction et condamné à 6 mois ferme à Fleury-Mérogis. Ce nouveau régime ne semble pas davantage l'arranger. Son comportement est toujours aussi emporté. A l'intérieur de la prison, il a de nouveau des histoires. Il est condamné à 40 jours de " mitard ".
La question se pose à nouveau : "Qu'est-ce qui peut bien pousser Stéphane à avoir un tel comportement, aussi marginal ? La réponse est : le manque d'amour, qui s'accumule depuis son enfance, le pousse à la haine des autres et à la révolte. Il n'a pas le désir de faire quelque chose de positif ou de construire quoi que ce soit pour lui-même. Cela le conduit à un comportement anarchique d'autodestruction.
Il sort de Fleury-Mérogis le 27 mai 89 pour une courte durée : 6 mois ! En effet, le 11 novembre 89 il rentre de nouveau en prison, cette fois à Bois d'Arcy : deux affaires criminelles graves, très graves, pour lesquelles il est inculpé, lui valent les Assises. Stéphane se sent complètement perdu, plus que jamais.
Grâce à un camarade de cellule, il est invité à aller à la messe avec le Père Aubry, en décembre 89. Jusqu'à cette date, la notion de Dieu lui était complètement étrangère. Il ne se sentait pas concerné. La seule chose que le copain de cellule lui ait dite : "cela te fera du bien"... L'accueil est chaleureux et donne à Stéphane l'envie d'y retourner.
Le Père Aubry lui propose d'avoir un visiteur. Et c'est ainsi que je suis devenu le visiteur de Stéphane. "Heureusement", dit-il, car il traversait une période très dure. Il ne voyait pas comment surmonter et remonter le courant. Il était vraiment à bout, presque au bord du suicide.
La Parole de Dieu, son Message d'Amour qui lui furent transmis lui ont donné la force. Il a repris rapidement le goût de vivre et s'est inscrit à des stages de formation. Il a réappris à lire, à compter, à écrire ! En 5 mois, il obtenait le C.F.G. (Certificat de formation générale). Puis il a suivi un stage de formation dans le bâtiment, avec l'association A.R.I.E.S.
Entre-temps, Stéphane a demandé le baptême, qu'il reçut en avril 90. Sa demande de baptême était motivée par un besoin urgent de concrétiser son changement et son adhésion à l'Amour de Dieu. Il était poussé, me disait-il, par une force pour demander son baptême, une force qui ne dépendait pas de lui. Je sentais à l'époque chez lui une impatience incroyable. En même temps qu'il découvrait Dieu Amour, il annonçait la Parole qui lui était dite à un camarade de cellule qui avait beaucoup souffert et qui lui aussi a demandé le baptême.
Commentaire du Père Aubry
C'est une nouvelle illustration de cette Puissance de la Parole de Dieu qui est Amour, qui n'est qu'Amour. Dieu aide particulièrement ceux qui n'ont pas reçu au départ cette dose d'amour.
Yves : " Désormais, il ne m’est plus pensable de vivre sans Jésus ! ""J’ai rencontré Jésus alors que j’étais dans la souffrance et la misère. Il m’a guéri avec son amour. Maintenant, je suis heureux et dans la joie. Je vais vous raconter ma merveilleuse histoire.
Mes parents étaient ouvriers agricoles. Chez nous, il n’y avait pas de câlins, pas de tendresse. C’était à cette époque là, la survie, pas la vie. Il fallait travailler beaucoup pour gagner très peu. Et mes parents pouvaient-ils donner ce qu’ils n’avaient pas reçu ?
J’avais 9 ans. A l’école, j’étais le seul fils d’ouvrier, mal habillé. Je n’avais pas d’ami et je sentais même le mépris de l’institutrice. Je crois que c’est à ce moment que ma marginalité a pris naissance et ma haine aussi.
Les vacances, c’était dans les champs… J’observais les animaux que j’approchais assez facilement. Je restais émerveillé devant le manège de tout ce petit monde. J’étais bien dans la paix. Je crois que cela mettait du baume à mon cœur déjà piétiné.
Aux premières vendanges que je fis, j’ai connu un autre monde : celui des gitans avec lesquels je ne me sentais pas rejeté. Les gamins m’ont appris à rendre coup pour coup. Ils me disaient " Frappe-les, même si tu ne sais pas pourquoi ; eux savent que c’est parce qu’ils te méprisent." Ils m’ont aussi appris à me battre en donnant des coups vicieux qui font très mal.
Avec la haine qui grandissait en moi, ces dix jours passés avec eux m’ont incité à mettre en application tout ce que les gitans m’avaient appris à propos de la violence. Pour ce faire, j’avais terrassé tous les plus grands de l’école qui me méprisaient toujours sans me le faire voir.
Je revoyais mes gitans tous les deux mois. J’apprenais à chaque fois des choses nouvelles sur le combat de rue. J’apprenais mieux avec eux qu’avec l’institutrice !
Pour ne pas se faire trop mal voir, mes parents m’avaient envoyé au catéchisme. Au bout de quelques semaines, j’ai eu l’impression que le vieil abbé m’aimait plus que les autres.
Quelques temps plus tard, il m’a demandé d’être enfant de chœur. Au début, nous étions quatre. Un mois plus tard, je n’étais plus que tout seul. Les autres enfants avaient demandé mon expulsion à l’abbé. Ils ne devaient pas bien connaître leur prêtre, car c’est eux qu’il a virés.
J’aimais cet homme, l’abbé PAULET. Je n’ai jamais compris le sens profond de ce qu’il enseignait, mais j’aimais l’écouter. Il racontait de belles histoires. Il m’a fait faire ma première communion, ma confirmation, ma communion solennelle. Quand ce bon vieil abbé est parti, j’avais 13 ans½.
Après quoi, j’ai travaillé dans la même ferme que mon père. Par la suite, je suis devenu cambrioleur jusqu’au jour où dans un règlement de compte, j’ai tué quelqu’un. J’ai pris 15 ans de prison. De transferts en transferts, je suis parvenu à la centrale de St Martin de Ré. Je n’avais alors plus aucune nouvelle de ma famille.
Dans les différentes prisons que j’ai fréquentées, je n’ai pas eu à me battre. J’étais respecté. En arrivant en centrale, en dehors d’une mise à l’épreuve de laquelle j’ai pu sortir vainqueur grâce à mon habileté à manier les lames de couteaux, je n’ai plus eu aucun problème avec les autres détenus. J’avais même gagné le droit d’aller dans tous les clans. Tout c’est donc bien passé pendant quelques années.
J’avais fait 5 ans de prison quand ma santé s’est dégradée. Je ne mangeais presque plus. Je perdais mes dents. Je n’avais plus goût à rien et j’avais coupé les ponts avec toute correspondance. Je me réfugiais alors dans le sommeil. Je pouvais dormir plus de douze heures consécutives sans prendre de médicament.
Lentement, une idée faisait son chemin dans ma tête. Je commençais à détruire le peu de courrier que j’avais reçu. Je faisais place nette. Je ne voulais plus vivre. Ce n’est pas dur de partir quand on ne veut plus rester !
Et pourtant, je me souvenais de ce bon vieux curé qui m’avait parlé de l’enfer. Je n’avais plus aucune issue. Ma conviction était faite. J’étais bon pour le four crématoire. Malgré cela, j’avais envie de demander pardon. A qui ? Comment ? J’avais l’impression que je partirais ainsi le cœur plus léger. Toutes ces questions m’ont fait tenir quelques jours de plus.
Comme les douleurs qui me serraient le cœur étaient de plus en plus fortes, j’avais demandé à me rendre à l’infirmerie. C’est là que j’ai rencontré un petit homme auquel je n’avais pas prêté attention jusque là. Nous étions trois enfermés dans la même cage. J’avais très mal. L’un d’entre nous fut appelé.
Je restais en compagnie du petit homme. Bientôt, il engagea la conversation. Comme tout arrivant, il se renseignait sur la discipline et le règlement intérieur de la centrale. Nous avons parlé un moment.
Tout à coup, il s’est exclamé : "- Tu n’as plus mal maintenant." Je l’ai regardé interloqué. En effet, je me sentais bien. Il déposa sur le banc, entre nous deux, un livre dont le titre était "Jésus, notre destin". Il me dit "- J’ai prié le Seigneur pour qu’il te soulage".
Pour moi, c’était comme si j’avais reçu une douche froide. Je n’étais certes pas tout à fait athée, mais je supportais très mal les "préchi-préchas". Je ne fis cependant rien paraître. Il était si passionné, si rayonnant, que j’avais écouté son témoignage et toutes les choses que son Dieu avait faites pour lui. Je sentais une douce chaleur me traverser le corps et une conviction s’imposait au plus profond de moi. Cet homme disait la vérité.
Nous sommes restés l’après-midi durant dans la même cellule. Nous échangeâmes nos prénoms. Il s’appelait Claude. Cette nuit là, j’étais excité. Quelqu’un savait ce qu’il y avait au fond de moi. J’éprouvais une profonde angoisse. J’étais foutu. J’avais trop commis de péchés. J’avais tué ! Mais cela ne faisait rien ; je voulais savoir !
Le lendemain, je retrouvais Claude avec joie. Il allait devenir un frère pour moi. Il m’expliqua le rôle de Jésus, Fils de Dieu, venu racheter les hommes. Il m’exposa l’histoire du bon larron et, bible en mains, il me raconta pourquoi les anciens faisaient des sacrifices.
Tous les jours, nous passions quatre heures avec Dieu. Au bout d’une semaine, j’éprouvais la nécessité de me convertir, mais je me sentais encore bien maladroit pour parler au Seigneur. Claude me dit alors "Parle au Seigneur comme à un ami. Dis-lui tout et tu sentiras son pardon venir dans ton cœur."
C’est ce que je fis, le 28 avril 1991, durant toute la nuit. J’ai raconté au Seigneur mes 400 coups. J’ai pleuré comme je n’avais jamais pleuré. C’était bon. Cela me faisait tant de bien que je ne sentis plus ce poids qui m’accablait. Cette nuit là, quelque chose est né en moi. Je me suis senti soudain envahi d’un amour indéfinissable. J’ai pleuré tout simplement devant l’amour de Jésus, qui sans relâche, veut sauver le plus misérable, le plus vil des hommes. Oui, on ne peut que pleurer ou chanter face à cet amour incommensurable. Le lendemain, avec Claude, je reconnaissais JESUS comme mon MAITRE et mon SEIGNEUR.
Tous les jours pendant 4 ans, j’ai étudié la Bible avec Claude, dans la cour de promenade. Mon ami m’a inscrit aux cours bibliques par correspondance. Dehors, on priait aussi devant les autres détenus. Comme ils me connaissaient d’avant ma rencontre avec Jésus, ils ne comprenaient pas et pensaient que j’étais fou. Ils se méfiaient cependant.
En quelques jours après ce 28 avril 1991, mon langage a changé. Avant je parlais comme les autres détenus, un langage ordurier. Désormais, je revivais. J’avais un espoir et de nouveau un but.
Je n’ai pas eu d’efforts à faire. Les changements se sont fait tout seuls. J’avais pris un engagement vis-à-vis de Dieu et je devais honorer mon "étiquette de chrétien". J’ai eu pourtant des ennemis. J’ai pu ainsi mieux comprendre le psaume 23 "Ils ont rugi, ils ont montré leurs dents, mais personne n’a pu nous toucher."
On peut parler de Dieu aux incroyants sans que cela les gêne par trop. Par contre, le seul nom de Jésus déchaîne bien des colères. Il fait frissonner les âmes. Nous avons reçu beaucoup de bénédictions Claude et moi dans ce milieu hostile. Croyez-moi, notre prière était fervente.
Je suis sorti de prison le 20 juin 1995. Je suis allé chez Pierre Deglos, Pasteur à Soissons. Le visiteur qui a fait faire l’expérience de Dieu à Claude à la prison de Soissons, était de confession protestante. Claude m’a présenté au pasteur. Je suis resté chez lui 4 mois environ. Je n’ai pas retrouvé ce que je vivais en prison.
Un jour, Jean-Jacques et Marie-Christine, un couple de jeunes gens venus assister au culte, m’ont invité à venir chez eux bricoler. Comme je n’avais rien à faire, je me suis rendu à leur domicile. J’y suis resté 18 mois durant. Je leur dois beaucoup. Non seulement ils m’ont aidé à rester près du Seigneur mais en plus, ils m’ont réappris à travailler et à prendre des initiatives. J’avais presque tout oublié.
Ce n’est pas sans souffrance, ni révolte, que je suis toujours avec Jésus. Marie-Christine et Jean-Jacques ont une patience divine. La naissance de leur bébé prénommé Joseph et l’amour de ce petit enfant que Jésus a mis sur mon chemin, m’ont aussi transformé.
Je sais que le Seigneur me regarde et continue de s’occuper de moi car il ne cesse de placer des frères sur ma route. Parfois après de longs jours de solitude, quand ma fatigue est grande, les circonstances m’amènent à rencontrer des gens. C’est ainsi que j’ai fait la connaissance de Monsieur et Madame Tirhoin et du Père Yves Aubry. Et je suis là aujourd’hui !
Il ne m’est plus pensable de vivre sans Jésus. Il est maître du temps et des circonstances. Je lui fais confiance pour l’avenir car il a dit de ne pas s’inquiéter pour le lendemain, de rechercher Dieu d’abord et tout le reste nous serait ensuite donné de surcroît. Le mot merci que je dis au Seigneur est un mot bien dérisoire pour exprimer ce que mon cœur voudrait crier, chanter, hurler. Alléluia !
Je Te promets, Seigneur, de vivre avec Toi toujours, car je sais que tu ne m’éprouveras pas au-delà de mes forces. Amen."
Témoignage de PHILIPPEPendant 5 ans, je vivais bien : je voyageais à travers le monde. Un soir, alors que je rentrais, la Brigade financière m'attendait chez moi... ils me suivaient depuis 3 mois, ils avaient un fichier et des photos... Je me suis retrouvé à la maison d'arrêt de Nice mais, comme j'avais une autre affaire sur Paris, j'ai été transféré à la prison de Bois d'Arcy.
Ma rencontre avec le Père Aubry qui en était l'Aumônier, a changé toute ma vie. Ce fut une démarche difficile de ma part, car je n'aimais pas plus entendre parler de curés que de la Bible !
Dans ma cellule, un codétenu lisait la Bible. Alors je lui ai demandé : - Que ressens-tu quand tu lis la Bible ? - La Parole de Dieu me redonne confiance et espérance. Viens à l'Aumônerie avec nous, tu entendras le Père Aubry ; c'est lui qui m'a appris à connaître le Seigneur.
Le jour où il y a eu une messe pour mon bâtiment, j'y suis allé. C'était formidable ! J'y suis retourné régulièrement et là, grâce au Seigneur et au Père Aubry, j'ai fait la connaissance de notre Père à tous. Le jour de cette découverte fut le plus beau jour de ma vie !
J'ai ressenti comme une immense chaleur qui m'envahissait. J'avais trouvé un ami ! Le Seigneur ! Un ami merveilleux à qui je pouvais me confier. J'ai compris que le Seigneur était un Amour qui dure toujours.
Il nous apporte ce qu'il y a de plus important : Paix, Joie, Amour !
Je suis resté en prison de février 90 à septembre 90. A ma sortie, je devais retourner à Nice mais, dans mon appartement à Nice, il n'y avait plus rien : des amis étaient venus chez moi et s'étaient servis... Heureusement, il y avait la péniche du Bon Larron, où Jacques et Geneviève m'ont accueilli. J'ai cherché du travail et, presque aussitôt, j'en ai trouvé, dans une société d'électronique. Je remercie le Seigneur !
J'ai encore des tentations ! Quand je vois une voiture, quand je vois de l'argent qui traîne... Je prie beaucoup. Je sais, comme le disait le Père Aubry tout à l'heure, que je ne suis pas complètement converti. J'ai encore des faiblesses : l'homme est plein de faiblesses. C'est très dur ! Je demande au Seigneur de m'aider, de m'encourager dans mon travail.
Merci, Seigneur, d'être là ! Merci, Seigneur, pour les frères qui m'entourent ! Tu es là pour nous écouter, pour nous aimer ! Nous t'aimons! Merci, Seigneur, pour les enfants de Jacques et Geneviève que j'aime beaucoup : ils sont, en gros, de mon âge et sont comme des frères et sœurs.
Merci aussi à la Vierge Marie que j'aime beaucoup : je peux lui exposer mes problèmes d'enfant : chaque jour, Elle m'accom-pagne dans mon travail, j'aimerais beaucoup la serrer contre mon cœur...
Je n'ai pas vécu dans un milieu familial. Sur 23 ans, je n'ai vécu que 6 ans avec mon père. Ma mère m'a laissé... J'avais 3 ans, j'étais chez les sœurs. Je veux remercier Jacques et Geneviève : j'ai vraiment trouvé un père, une mère, des frères et sœurs.
Je veux remercier Pierre, mon visiteur : comme je n'avais pas de parloir, il venait me voir une fois par semaine. J'avais Pierre pour me soutenir. J'ai aussi une pensée pour quelqu'un qui vient régulièrement célébrer la messe : c'est le Père François d'Assise : il va rentrer à l'hôpital. Je Te demande, Seigneur, de les protéger tous et que, bien vite, le Père revienne nous célébrer la messe ! Je veux que ma foi augmente. Je veux réussir dans la vie et être fidèle au Seigneur !
Témoignage de MARIO : En prison, j'ai rencontré l'Amour de Dieu…La chance d'aller en prison ? Ça peut paraître étonnant, ça peut paraître paradoxal et pourtant, j'ai eu la chance d'aller en prison... Pourquoi est-ce une chance ?
Parce que, si je n'avais pas été en prison, je n'aurais pas connu 1e Père Aubry – article 1. Je ne vous aurais pas connus tous - article 2 !
En prison, j'ai connu beaucoup de choses, j'ai vu aussi beaucoup de choses qui m'ont ouvert les yeux. J'ai lu un jour un texte assez étonnant qui parlait d'histoires de perles. Un corps étranger pénètre dans une huître. Pour se défendre, elle l'entoure et l'enferme dans une substance qu'elle sécrète : la nacre, et ça devient une perle... J'ai réfléchi à ce texte qui disait en fait que le plus petit accident peut se révéler comme un joyau à la Gloire de Dieu.
Donc le passage en prison peut se transformer en positif pour le salut d'un homme et la Gloire de Dieu. Ce qui me semble capital, quand on entre en prison, c'est avant tout de retrouver la paix intérieure, la paix que Dieu seul peut donner.
Pourquoi ?
Parce que vous avez un esprit troublé, embrouillé et vous êtes dans un état de grande révolte intérieure... Vous commencez par vouloir répondre à une bêtise par une autre bêtise, vous avez une haine au fond de vous-même, une révolte. Avant toute chose, il faut absolument dominer tout cela, retrouver son calme, retrouver sa sérénité, retrouver la paix intérieure, retrouver la Paix du Seigneur. C'est la base de tout, c'est le plus important, c'est ce qui va déterminer le reste.
Ensuite, il faut se dominer et ne porter aucune appréciation sur les cas des gens qui nous côtoient. Quelle que soit la raison pour laquelle ils sont là, il ne faut pas porter de jugement ! Il faut aider : plus le fait est grave, plus les détenus qui nous entourent ont besoin d'amour, de compréhension, d'apaisement. Le Père Aubry venait nous réunir chaque semaine à l'isolement et nous parlait de tout cela.
Oui, j'ai rencontré l’amour de Dieu en prison. J'étais en cellule avec un garçon sympathique, gravement malade et qui faisait beaucoup de sport. Il ne prenait jamais de sucre. Nous étions 3 en cellule. Il s'est aperçu que, ayant un compte bloqué, je ne pouvais rien acheter à la cantine pour améliorer l'ordinaire, de même que l'autre détenu. Il a ‘’cantiné’’ un certain nombre de denrées, dont le sucre, pour que nous n'en manquions pas. Ça, c'est l'amour de son prochain et, en même temps, l'amour de Dieu !
Il a vu que j'avais besoin de faire un certain type d'exercices : il a abandonné les promenades auxquelles il avait droit et a demandé à sortir avec moi en promenade d'isolé, afin de me faire faire des répétitions de gymnastique, afin que je ne perde pas le mouvement. Quand je suis sorti, après 5 mois d'isolement, j'avais complètement perdu l'habitude de marcher : ampoules sous les pieds, etc... S'il n'avait pas été là, cela aurait été complètement dramatique.
Je vous demande de prier pour les surveillants, pour tous ceux qui, dans les prisons, doivent nous apporter beaucoup de compréhension, afin que l’Esprit Saint les pénètre.
J'ai eu la chance et le bonheur de rencontrer Gisèle qui a accepté de m'aider. Merci à tous les visiteurs : le moindre signe d'intérêt est important !
A Bois d'Arcy, lorsque les surveillants ouvrent la porte le matin, ils disent "Bonjour !" Pour nous, ce bonjour est important, c'est le trait d'union avec la Paix et la Vie de tous les jours. Ce
bonjour" montre au détenu qu'il demeure quelqu'un, quelqu'un qui sortira un jour... Ce n'est pourtant qu'un simple bonjour et pourtant, c'est fort et riche de conséquences.
Prions donc, voulez-vous, pour que les détenus découvrent la paix et la joie du Christ, mais aussi pour ceux qui, à l'intérieur de la prison, encadrent les détenus et dont l'attitude retentit si fort en eux.
Témoignage d’André, juge d'instructionJe ne suis pas devenu juge comme ça : je voulais être Jésuite !
Je suis allé à une retraite d'exercices spirituels et il s'est passé quelque chose... Dieu était une "idée" et non une Personne dans ma vie. Et je rencontrais Quelqu’un qui était mon Père : c'était le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob... J'étais chrétien et je suis sorti Juif ! C'était bizarre... et II m'a dit : "Tu es un homme de l'Ancienne Alliance, tu appartiens au monde de la Loi, un homme de violence comme Jacob !"
J'étais étudiant en droit, je me suis présenté au concours de la Magistrature. J'ai tiré mon sujet au grand oral, et c'était un texte de Voltaire : "J'accuse les juges qui sont des hommes de violence et qui brandissent l'arme de la Loi".
Merci, Seigneur ! J'ai eu l6... C'était un sacré clin d'œil... J'ai compris que Dieu me parlait. II parlait d'abord dans nos cœurs, et on pleurait quand Dieu nous parlait. Il parlait par nos émotions. Il parlait aussi par des signes, et il fallait que ça parle dans mon cœur et que ça corresponde à des signes dans ma vie... Et j'ai commencé à avoir une expérience de Dieu dans ma vie, qui s'est approfondie.
Je suis devenu Juge, mais Dieu s'est tu pendant 4 ans : c'était le silence, je ne voyais plus rien... Je crois que j'étais injuste. J'avais une violence qui montait en moi. Je me défonçais tous les soirs ! J'allais me casser la tête sur les stades... Il n'y a que comme ça que je tenais. La violence montait... Progressivement, je vivais des choses dans ma famille qui ne correspondaient pas à cela : ils sont tous entrés au Renouveau charismatique ! Moi, je traînais les pieds : je ne voulais pas y aller.
Puis je me suis laissé traîner dans un pèlerinage du Lion de Judas et là... j'ai "chialé" pendant tout le pèlerinage. J'étais comme une serpillière qui ruisselle. J'ai vu mon péché, j'ai vu des tas de choses, j'ai entendu chanter en langues, je me suis demandé ce qui se passait... J'ai pris les Actes des Apôtres... Tout ce qui était dans les Actes des Apôtres, je le voyais vivre, là, sous mes yeux. Pendant ce pèlerinage, on a annoncé une Parole de connaissance : "Dieu me dit qu'il y a quelqu'un qui a tué et qui"...
Il y avait un meurtrier dans l'assemblée ! Mais où était-il ? Je suis monté dans le car pour revenir. Là, j'ai vu un type au fond et une place libre à côté de lui. Tous mes poils se sont hérissés : je me disais "je ne m'assois pas à côté de ce type, il me dégoûte" ! Je ne sais pas, c'était physique. Je me suis mis derrière...
Et il a raconté son histoire : c'était lui, le meurtrier ! La Parole de connaissance l'avait bouleversé et il fallait qu'il parle, et moi, j'ai "chialé" comme un bébé... Depuis, il est devenu pour moi un frère : je suis allé à son baptême. Quand je le vois, je sais que c'est un "vrai frère" que j'ai reçu du Seigneur. Ce fut le premier signe.
Puis après, j'ai reçu une onction de l’Esprit. Je suis ensuite allé faire une retraite : une seconde fois, les exercices spirituels ! Et j'ai été délivré d'un "lien" : je n'étais pas chaste et je ne pouvais pas être chaste, c'était impossible. J'étais un débauché ! Et le Jésuite m'a délivré de mon lien. Il m'a marqué avec de l'huile... Deux jours après, j'ai dû me lever pendant la nuit et aller rendre grâce au Seigneur.
Puis, je me suis recouché et j'ai cru que j'allais crever dans mon lit. Quelque chose est sorti de moi : j'étais jaune, j'étais comme un cadavre ! Depuis ce jour, je suis devenu chaste sans combat. La chasteté, c'est une expérience franciscaine : c'est la pauvreté, la pauvreté du corps. Je l'ai reçue... Ce n'est pas quelque chose que j'ai conquis ! Je l'ai reçue comme une grâce.
J'ai compris que Dieu guérissait, délivrait. Ce fut pour moi une espérance. Les liens que je vois : les liens de l'alcool, les liens de la drogue, les liens de la violence, sont des liens réels et on ne peut pas les guérir "comme ça". Il faut vraiment la puissance de Dieu. A partir de là, j'ai rencontré le Cœur de Jésus. Puis Dieu le Père, et ensuite, le Saint Esprit et là, le Christ en Son Cœur... Je suis devenu un chrétien trinitaire et ma vie a complètement changé.
Au Lion de Judas, ils m'ont dit :"Allez voir le Père Aubry"! J'ai traîné les pattes pendant pas mal de temps. Il a fallu que je fasse cette expérience très forte sur la Miséricorde. J'ai vraiment prié. J'ai reçu un enseignement d’un prêtre sur le Bon Larron... Ça "tapait" de plus en plus fort ! Je me suis dit que j'allais peut-être aller voir le Père Aubry... Je me méfiais un peu. Je suis allé à Nouan-le-Fuzelier : il y prêchait une retraite. J'ai apprécié.
C'est bon ! Je suis venu au Bon Larron... La première fois, ici, j'ai été attaqué comme une bête. J'avais des doutes. Je n'y croyais pas. Je me suis presque accroché avec un ancien détenu qui m'attaquait parce que j'étais juge. Je voulais partir. J'ai demandé la prière des frères... et je n'ai pas compris ce qui s'est passé.
Le Père Aubry et un groupe de frères ont prié sur moi. Le Christ a coupé un gros tendon : il y avait une sécurité que je ne voulais pas lâcher ! Je suis parti. J'ai pris la voiture et je ne sais pas comment je suis rentré chez moi. Pendant 2 jours, je suis resté hébété. Je n'avais rien compris à l'amour du Christ. La deuxième fois que je suis venu au Bon Larron, ça a été "la cuite dans l’Esprit Saint" C'était extraordinaire...
Il y avait là Fabrice, un ancien vendeur de drogue : je l'ai entendu témoigner avec une force formidable... Lui aussi, il avait connu une "cuite de l’Esprit-Saint"...La Gloire de DIEU était là, dans cette salle. Je L’ai vraiment vue !
Dans mon boulot, ça a changé plein de choses. Je suis un juge dur, je suis un juge sévère. Mon surnom, ce n'est pas saint François, c'est Ivan le Terrible... Ça veut dire que je mets beaucoup de gens en prison. Je ne suis pas complaisant. J'ai quand même converti mon regard. J'ai compris qu'ils étaient mes frères …
En voyant ce qui se passe au Bon Larron, j'ai retrouvé une Espérance : c'est celle du Christ qui, par Sa Parole annoncée à temps et à contretemps, fait émerger la lumière dans les cœurs enténébrés... leur montre la vérité et permet leur re-départ.
Je pense que l'on peut rendre la prison chrétienne. Ne pas avoir un regard qui tue, un regard qui vous nie. Il faut avoir un REGARD qui fait VIVRE, un regard qui est exigeant au niveau de la VERITE, mais un regard qui espère...
Je commence à espérer quand le gars s'est cassé la gueule 2,
3 fois ! Les rechutes devant mes yeux éclairés par la foi sont maintenant non plus une impasse, mais une route d'espérance. La plus grande découverte que j'ai faite, c'est que Dieu est Réaliste !
On change peu les choses : c'est Lui qui les change. L'Espérance, c'est très fort : c'est ne plus douter en voyant les gars rentrer dans mon cabinet de Juge. Je les vois comme des êtres aimés de Dieu.
Une autre expérience : c'est que je me présentais toujours devant Dieu en habit du dimanche ! Je n'osais pas Lui présenter ma propre misère ! J'ai découvert que c'est faux. Il faut se présenter devant le Seigneur avec son costume "dégueulasse", parce qu'’’Il a payé le prix fort pour pouvoir nous aimer à même la misère qu'on est". Et ce prix fort, c'est la CROIX . Si vous voulez vous présenter en habit du dimanche, vous êtes un "juste", vous n'êtes pas un Sauvé !
Je suis défiguré... et beaucoup d'entre nous sont défigurés par le péché, - c'est évident ! Les larrons sont défigurés par un péché particulièrement visible qui est la violence. On n'est pas plus clair qu'eux. Le droit que Dieu a payé de pouvoir nous regarder défigurés, ce droit, on ne peut pas lui contester : C'est la CROIX.
Je suis sale et je peux me présenter tel que je suis devant le Seigneur, parce qu'Il m'aime comme je suis. Il faut aller vers Lui avec notre vie telle qu'elle est réellement et non pas telle qu'on la rêve. Il y a beaucoup de chrétiens qui rêvent leur sainteté. Dieu S'est fait Homme : II a mangé comme tout le monde ! Il est le plus réel !
Plus vous vous convertissez, plus vous devenez réaliste : c'est, je crois, un des grands signes. On ne juge pas le monde avec des idées fumeuses, on le change par de petites choses réelles, on le change par la prière, on le change par les charismes, on le change par l’Esprit Saint.
La gloire de Dieu, c'est l'homme vivant" disait St Irénée. Et je l'ai découvert dans mon métier. Je pense qu'il y a peut-être d'autres juges qui essayent ou essayeront de porter le même regard et que nous nous rencontrerons. Laissons faire le Seigneur : Il fera grandir tout cela ! Alléluia !
Un groupe de prière à la SantéÇa m'impressionne de vous parler de ce qui est vraiment le fond de mon cœur et aussi de ce qui est le fond du cœur de ceux avec lesquels je vis chaque semaine à la Santé, depuis un peu plus de 8 ans.
Ce n'est pas un choix que j'ai fait. On m'a sollicitée pour les étrangers, puisque ce sont les plus pauvres : ceux qui n'ont pas de parloir, ceux qui n'ont pas de famille ! Donc, je suis entrée par l'Administration comme enseignante pour les étrangers. Je les vois en cabinet particulier, à partir des langues étrangères. Je fais de l'alphabétisation, des études de textes, des mathématiques.
Mais très vite après mon arrivée à la Santé, Sœur Cécile Bigot, qui est là, m'a proposé d'organiser avec elle un groupe de prière. Cette réunion se passe dans une salle de l'école. Ce sont des cours de lecture de l'Ecriture Sainte chaque mardi, à 10 heures, pendant 1 h 1/2 (si vous y pensez, vous pourrez vous unir à nous...). C'est un des meilleurs moments de la semaine et... de mon existence. Il s'agit de "récupérer" les détenus volontaires qui sont dans leur cellule, à chaque étage. Les détenus qui viennent se privent de leur promenade. La première fois, ils viennent pour se distraire. S'ils persévèrent, le Seigneur leur parle au cœur.
N'importe qui peut venir. .
La Santé est une maison d'arrêt. On n’y reste pas longtemps, jusqu’à 4 ans. Le plus ancien de notre groupe est un Musulman, dont la famille est très pratiquante, mais il est de plus en plus intéressé par l'Ecriture Sainte. Il y a aussi 2 Israélites qui viennent de nous quitter et 1 Protestant. Ces hommes sont émerveillés comme nous le sommes nous-mêmes.
Nous sommes tous autour d'une table, de la même table ! La règle du jeu est de partir de la Parole de Dieu. On prend un texte et chacun intervient au moins une fois, choisit un verset et dit pourquoi il a choisi ce verset. Peut-être parce qu'il n'est pas d'accord ? Ou parce qu'il est ému par ce verset ? On reste émerveillés de ce que chacun trouve pour son compte et présente aux autres, dans l'Ancien Testament, dans un Psaume.
" Que le Seigneur soit une citadelle pour l'opprimé,
une citadelle pour les temps de détresse !
Qu'ils comptent sur Toi, ceux qui connaissent Ton Nom,
car Tu n'abandonnes pas ceux qui Te cherchent, Seigneur. "Psaume 9
"Seigneur. vous exaucez les désirs des humbles.
Vous réconfortez leur cœur,
Vous leur prêtez une oreille attentive...
Gloire à Toi, Seigneur!
Les mots, ce sont les Tiens.’’Chacun s'émerveille du goût qu'il acquiert, de mardi en mardi, pour cette Parole qui est tout à fait vivante. Quand il y en a un qui est libéré, ou qui part en Centrale, c'est notre règle du jeu : on pensera toujours les uns aux autres, le mardi à 10 heures.
Quand nous avons commencé, j'avais téléphoné le matin très tôt au Père Aubry pour lui demander conseil : il m'a répondu "priez !"
Avant d'arriver, sur ma bicyclette, je me demandais vraiment ce que j'allais faire, ce que je venais faire ici, je questionnais le Seigneur... Je me souviens qu'il faisait froid, il pleuvait. Et j'entendais dans mon cœur : "C'est Moi que tu viens voir! "
Quelque temps après, un mardi, je prenais ma bicyclette, j'étais heureuse dans mon cœur. J'avais perdu le sens des réalités tandis que j'entendais "C’est Moi que tu viens voir !" J'ai compris ce que le Seigneur cherche à nous donner : c'est Sa Joie !
Nous vivons une grande, grande amitié pendant ces heures de rencontre. Le mardi à 10 heures, nous sentons très fort la communion avec les anciens détenus, les moines, les religieuses, ceux du Bon Larron qui soutiennent, par leur prière, cette connaissance de la Parole qui prend un relief au-delà de ce qu'on peut imaginer.
Merci, Seigneur !
Témoignage de Michael LONSDALEJe veux tout d'abord rendre grâce au Seigneur pour les très belles choses que j'ai entendues : c'est vraiment merveilleux de savoir qu'il y a tant d'êtres qui sont soucieux du sort du prochain... qui vont "porter" le Seigneur : II est tellement attendu ! Tant de témoignages forts, émouvants ! Je veux témoigner un peu du chemin que j'ai parcouru, à partir de mon séjour auprès de Clairvaux : j'étais en effet à 2 km de la Centrale. Nous présentions un spectacle que j'avais monté sur Saint Bernard. A ce spectacle sont venus les gens du coin et, notamment, des gardiens de la prison. Cette Centrale... il est bien certain que, quand on arrive là pour la première fois, on ne voit que ces grands murs... On essaie d'imaginer que, derrière, il y a des frères et des sœurs !
Nous avons rencontré ces personnes qui y travaillent et là, nous est venue l'idée qu'il nous fallait absolument entrer dans la prison et présenter ce spectacle d'autant que ce lieu avait été un Monastère de Saint Bernard ! En tant qu'acteurs, nous avions le souci de ne pas travailler là où des personnes sont enfermées et, en même temps, de les ignorer... Il fallait qu'on aille les voir. Alors, nous avons fait des démarches, nous avons rencontré le directeur de la prison, l'aumônier... On a attendu mais, quand même, on a demandé au Seigneur de nous permettre de faire quelque chose en ce milieu cistercien : nous avons enfin été exaucés.
Je me suis demandé alors ce que j'allais leur dire : lire des textes ? Lire un poème ? J'ai demandé au responsable de me donner des textes, ce qu'il a promis. A la réunion de préparation, il n'avait rien apporté du tout mais il me donnait l'assurance que je trouverais... Nous avons passé la nuit chez une dame près de Troyes. Je lui ai demandé s'il n’y avait pas des livres dans la maison : il y avait effectivement une bibliothèque. Les premiers livres que nous avons remarqués, c'était : "Les grandes évasions des prisons au XIXe siècle" et puis "J'ai fait la manche 3 fois"... Ce n'est tout de même pas ça que j'allais leur lire !
Il y avait aussi quelques petits fascicules. rien ne me paraissait important, rien ! Mais impossible de dormir ! Et, en pleine nuit, je me réveille et je demande au Seigneur de faire quelque chose, car je me sentais incapable, indigne, nul... Alors, en feuilletant un des petits fascicules, je me suis aperçu qu'il était de Saint François ! Cela m'a réjoui ! Vers la fin du livret je trouve enfin la réponse : un merveilleux texte ! Saint François disait comment, dans les pires difficultés, il trouvait encore le moyen d'aider ceux qui sont dans de plus grandes difficultés encore ! Ce me fut comme un soulagement et je me suis endormi aussitôt.
Et puis le lendemain, enfin, est arrivé... J'avais un peu peur d'aller à l'intérieur de ces murs : là sont détenus de "longues peines"... Et on a toutes sortes de fausses images. On arrive, on franchit une porte, puis 4, 5, 6... 17 portes ! Pour enfin arriver au saint des saints. Et en entrant j'ai été bouleversé parce que je croyais être devant... comment dire ? quelque chose de terrible... Et je me suis trouvé devant 10 prisonniers qui étaient comme des enfants et... comme des gens qui avaient fait une grosse bêtise, mais qui n'étaient pour moi absolument condamnables en rien... Je "sentais" des frères humains. Et quand je leur ai dit : "Je fais ça parce que c'est le Seigneur qui m'a demandé d'aller vous voir dans la prison", j'ai connu une grande émotion. J'ai vraiment eu l'impression de rencontrer le Seigneur à travers ces visages... On a chanté, on a prié -je devais dire quelque chose - alors je me suis levé et j'ai sorti le texte de Saint François et puis, à partir de là, je me suis mis à improviser, à dire ce qui me venait au cœur : parce que c'est ça le plus important, c'est ça que les gens attendent.
Enfin... Je témoigne que ce fut vraiment une rencontre avec des frères.
A travers ces visages, tout à coup, j'ai compris une certaine gravité du Seigneur dans les êtres humains qui sont en situation d'enfermement. Ce fut un échange, mais ils m'ont donné beaucoup plus que moi, je ne leur ai donné. Oui, c'est eux : ils m'ont apporté une grande paix. Nous avons vécu avec eux 3 séances, une le matin, une à 2 heures et une à 6 heures. Après la messe, on a pu se parler et il y a eu beaucoup de questionnements, d'échanges !
Je veux vraiment vous signifier publiquement combien il est important d'aller vers ceux qui attendent, ceux qui n'ont personne, qui sont réjouis d'avoir des visites - mais vous le savez mieux que moi ! C'est le Seigneur que nous "apportons" aussi et qui construit. Et le Seigneur donne et nous est donné... par eux!'
"Quand il reste à un homme un souffle de vie
Qu'il peut recourir à la main de Dieu et au pardon...
Si les hommes savaient combien Dieu les attend,
plein de Miséricorde :
Peu importent vos misères, ce que Je veux
C'est l'Amour, la Confiance".C'est la CONFIANCE qui conduit à l'AMOUR !
Tu as prié et tu n'as pas été exaucé,
Permission ou conditionnelle refusée,
Tu te dis "peut-être"? et tu te répètes :
Prière : égale = foutaise !
Ou encore : Dieu ne m'écoute pas,
Ne m'entend pas,
Ne m'aime pas !
Au fait :As-tu prié pour que ta volonté soit faite,
Ou que Sa volonté soit faite ?
Comme un Père, il se doit de faire notre éducation
Durement parfois... et II en souffre !
Au lieu de ronchonner contre Lui,J
ette-toi dans ses bras et dis-Lui :
"J'ai confiance en Toi"!
Vaincu par ta Foi, Il te comblera !
LIVRET DE TEMOIGNAGES
Avant propos 3
Le Père Aubry : Redemptoris Missio 4
La Parole de Dieu, source inépuisable de joie et de paix pour ceux qui l’accueillent 7Prière et prison 11
Serge : Lève-toi et marche 13
Charles, ou la métamorphose 15
Aller porter dans les rues le Message du Seigneur 19
Trois jours de grâce 21
En Dieu… la clé du bonheur ! 24
Stéphane ou la victoire de l’amour 25
Yves : " Désormais, il ne m’est plus pensable de vivre sans Jésus ! " 28Témoignage de Philippe 34
Témoignage de Mario :
En prison, j’ai rencontré l’Amour de Dieu… 36
Témoignage d’André, juge d’instruction 39
Un groupe de prière à la Santé 44
Témoignage de Michael Lonsdale 47
" Nul donc ne pourra désormais désespérer de son salut
en voyant un homme chargé de milliers de fautes
franchir les portes du Royaume.
Par une simple parole,un seul acte de foi,
il s'élance avant les apôtres dans le paradis,
pour donner à comprendre
que ce ne sont pas ses bonnes actions
qui lui ont valu cette faveur,
mais la philanthropie du Seigneur qui a tout fait.
A-t-il jeûné? A-t-il versé des larmes?
A-t-il accompli une longue pénitence ?
Pas du tout !
Mais sur la croix elle-même,
par une seule parole,il a trouvé le salut.
Voyez avec quelle rapidité il va de la croix au ciel,
du supplice au salut !Le bon larron est la preuve évidente
que la miséricorde de Dieu
ouvre à tous l'accès au salut.
Prodige incomparable de la miséricorde divine !
C'est la miséricorde qui fit tout.
Voyez la célérité. "Saint Jean Chrysostome
FRATERNITE DU BON LARRON
4, rue du Pont des Murgers
78610 – AUFFARGIS
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