Guide du Correspondant et du Visiteur
Bon Larron

Le Bon Larron
Statue de Michel Laude


Préambule

En vérité, je vous le déclare, chaque fois que vous l'avez fait à un de ces plus petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait." (Mt. 25,40)

Pour beaucoup d'entre nous, le désir d'aider les autres est entré dans nos cœurs, à cause d'une parole d'Evangile, d'un concours de circonstances, de retrouvailles etc. . La rencontre avec le père Aubry, a pu être alors le détonateur qui nous a donné la force de passer à l'acte. Nous nous sommes alors engagés qui comme visiteur, qui comme correspondant.

Au-delà de ce premier mouvement, il faut dépasser une certaine affectivité et s'arrêter un instant pour découvrir en quoi notre vie de chrétien est modifiée par ce choix.

Il suffit de quelques mots de l'apôtre Jean pour définir ce qu'est cette vie de chrétien. Au chapitre 17, il écrit :" La vie éternelle : c'est qu'ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu et celui que tu as envoyé, Jésus Christ." (Jn 17,3).

Aussi toute notre vie de chrétien, doit tendre, dès ce monde-çi, à une plus grande connaissance de Jésus Christ, en particulier, le temps de notre vie passé auprès des plus pauvres et des prisonniers.

Avant même de leur apporter Jésus Christ nous devons croire que notre propre relation au Christ va s'en trouver renforcée car déjà en chacun d'eux, comme avec toute personne, c'est le Christ que nous allons rencontrer.

"Comment cela se fera-t-il ?" (Lc 1,34) nous demandons-nous? Par certains côtés nous touchons là, au mystère de l'incarnation, mais dans le même temps il nous faut être persuadé comme l'a dit le Christ aux apôtres après la résurrection (Mt 25,35) qu'il nous précède dans nos visites, et dans nos lettres. Ainsi dans la mesure où nous obéissons à la parole du Christ : "J'étais en prison, et vous êtes venus à moi", chaque parole au parloir, chaque lettre écrite, est comme une parole échangée avec le Christ. Comment donc cette parole et cette relation ne renforceraient-elles pas notre propre relation avec Jésus et la connaissance que nous pouvons avoir de la pauvreté ? C'est ce mystère de la présence du Christ dans le pauvre qu'il nous faut méditer régulièrement. Cela implique que notre action ne se limite pas aux quelques instants passés avec eux, mais que nous puissions ensuite tout au long de la semaine porter devant le Christ et devant Dieu, leurs blessures, leur détresse, leur désespoir, à l'image des détresses, des blessures, du désespoir que le Christ a rencontrés au cours de sa vie.

Notre relation avec les détenus ouvre une histoire dont nous ne connaissons pas la fin. Simplement nous savons que nous ne serons pas seuls. Comme sur la route d'Emmaüs, le Christ nous accompagne et nous précédera au cours de ce cheminement. Comme Pierre allant à Césarée visiter le centurion Corneille, l'Esprit est déjà à l'œuvre dans notre interlocuteur. Si, en écrivant, en visitant, nous nous concentrons sur la personne du Christ, Il saura nous surprendre comme Il a surpris ses disciples en calmant la tempête, en marchant sur les eaux ou en apparaissant à Marie Madeleine au tombeau.

Au-delà des informations pratiques qui sont données dans ce livret, qui sont importantes et qu’il ne faut pas négliger sous peine de difficultés avec le détenu ou l’administration pénitentiaire, il nous faut garder présente à l’esprit cette phrase de Pierre au paralysé de naissance qui se tenait à la 'Belle Porte' du Temple : "De l’argent et de l’or je n’en ai pas, mais ce que j’ai, je te le donne : au nom de Jésus Christ, marche" (Ac. 3,6). C'est à travers nos faiblesses et nos limites, que, dans cette pastorale des Pauvres, nous reconnaîtrons le Christ et grandirons en lui.

Michel Barnérias
Introduction

Ce guide n'est qu'un guide. Il a pour objectif d'aider et faciliter les premiers pas des bonnes volontés qui ont décidé de faire quelque chose pour les détenus. Il n'est qu'un un cadre de conseils, de suggestions non de contraintes.

On examinera tour à tour :

I - Eux, les détenus, le monde carcéral. A qui nous adressons-nous ?

II - Les buts et les moyens du Bon Larron.

III - Nous, membres du Bon Larron. Quel état d'esprit, quelles dispositions devons-nous avoir pour aborder les personnes incarcérées ?

IV - L'échange par le courrier si nous choisissons d'être des correspondants.

V - Les visites. Quel contenu, que dire, que faire, si nous choisissons d'aller rencontrer les détenus ?

VI - Les avis pratiques valables dans tous les cas, que le contact soit épistolaire ou de vive voix lors des rencontres.


I – EUX, LES DETENUS, A QUI NOUS ADRESSONS-NOUS ?

1 - La personne du détenu

Que ce soit pour échanger des courriers ou pour recevoir des visites, le détenu a formulé une demande par écrit. Nous adressons donc une réponse à quelqu'un qui demande.

Pourquoi le détenu a-t-il demandé?

En général pour rompre sa solitude, pour parler, échanger, avoir un contact avec l'extérieur; chercher l'âme sœur mais il peut aussi penser en tirer quelque avantage, éventuellement de l'argent.

Les détenus sont des personnes d'une diversité infinie, aucun ne ressemble à l'autre. Quelques traits sont néanmoins communs à tous. Ils souffrent, peuvent être plus ou moins abandonnés et chercher du réconfort. L'isolement provoque parfois l'angoisse et certains ont des pensées suicidaires.

Aller à leur rencontre, répondre par notre présence à l'appel qu'ils ont formulé, montre notre sollicitude. A priori, les détenus sont heureux de nous lire ou de nous voir. Ceux qui purgent de longues peines se savent incarcérés pour des années. Certains dans d'autres prisons, ont eu l'occasion d'avoir un visiteur et donc une expérience de ce contact ; ceux-là savent ce qu'ils attendent de nous. Ceux qui sont incarcérés de récente date inaugurent comme nous cette relation particulière. Autant de personnes, autant de situations, autant d'histoires.

Leur itinéraire peut varier, mais bien souvent le détenu a grandi dans une famille décomposée où les références morales et religieuses étaient quasi nulles. Leur éducation, leurs études sont de bas niveau. Le départ dans la vie n'a pas été aisé. Les multiples sollicitations de l'argent facile se sont offertes ; la vie en bande incitant à l'entraînement et à la surenchère : alcool, drogue, actes collectifs...

Souvent on se demande si dans de telles conditions on n'aurait pas, soi-même, succombé à la tentation et commis les délits qui nous sont rapportés.

Certains de ces délits ou crimes sont abominables. La lecture des journaux nous apprend chaque jour que des actes pervers révoltants et odieux ont été commis. Ils sont absolument condamnables mais ne confondons pas le délit et celui qui l'a commis.

Croyons qu'il y a toujours une étincelle qui peut jaillir. Comme le disait J. Vanier : "l'amour n'est pas de faire quelque chose pour quelqu'un, mais de lui montrer qu'il a de la valeur pour nous".

Sous l'emprise de l'alcool ou de la drogue (souvent les deux associés) les hommes deviennent "fous". Il y a beaucoup de malades, intoxiqués, en prison. Ils ne le sont peut-être plus, mais l'ont été lorsqu'ils ont commis le délit qui les a fait tomber.

A leur arrivée en prison ou après leur jugement, les détenus se disent victimes, sans doute le sentent-ils ainsi. C'est le système, le gouvernement, les riches et l'administration qui les ont poussés en prison. A leurs yeux, il y a injustice, ils ne méritent pas cela. Les récidivistes qui sont tout de suite catalogués comme tels par l'administration, sont très sensibles à "l'étiquette" qui leur est attribuée de ce fait. Il n'y a plus d'équité à leur égard puisqu'ils sont récidivistes.

De surcroît, les détenus s'estiment injustement traités par rapport aux puissants qui, eux bénéficient de régimes de faveur. Ils font toujours la comparaison en leur défaveur ce qui exacerbe leur rancœur.

Le temps de la haine ou du désir de revanche contre la société et l'administration pénitentiaire est une étape à vivre. La haine ronge et détruit. Lorsque le détenu souhaite rencontrer un visiteur, il a généralement dépassé ce stade et cherche quelque chose ou quelqu'un à l'extérieur de lui-même pour reprendre appui, mais il a vécu des jours, des semaines, des mois où il a ruminé son échec, les causes de celui-ci et en mesure les conséquences.

Il aura peut-être à nous raconter tout cela, c'est une autre étape qui conduit à l'apaisement et nous pouvons l'aider dans cette évolution.

2 - Dans quel contexte le détenu vit-il ?

Les conditions de l'incarcération varient des maisons d'arrêt aux centres de détention anciens ou plus récents. Mais trois éléments sont incontournables : le règlement, les surveillants, les co-détenus.

1- Le règlement propre à chaque prison, organise la vie, en rythme le temps, indique ce qui est permis et ce qui est interdit. Tous doivent s'y plier; c'est la loi pénitentiaire qui adapte la vie carcérale à l'évolution de la société. La hiérarchie est omniprésente.

2- Les surveillants font vivre le règlement à l'intérieur de la prison. Souvent, hommes et femmes de bonne volonté, la tendance actuelle les fait évoluer du "gardien de prison" vers l'éducateur. Mais ce sont des personnes elles aussi enfermées, qui ont des vies de famille et qui passent leur temps à assurer la sécurité : portes, clés, surveillance, réprimandes, exercice d'autorité. Le détenu a des rapports constants avec les surveillants, qui ont des fonctions difficiles à exercer ; leur influence sur la vie des détenus est importante.

3- Enfin les co-détenus et voisins de cellule constituent l'environnement immédiat des détenus. Souvent le fort s'impose au faible, il y a des rivalités, des règlements de compte, des bandes plus ou moins organisées. Il y a aussi, et c'est heureux, de profondes amitiés et des gestes de solidarité qui apparaissent entre les détenus.

Ces constantes sont le cadre habituel des prisonniers et on comprend leur aspiration à vouloir, par notre intermédiaire, respirer l'oxygène du monde extérieur. Nous offrons, la possibilité d'évoquer ce qu'ils ont vécu quand ils étaient libres et ce qui se passe dans le monde, dans les lieux qui les intéressent. Le détenu a soif d'autre chose, de tout ce dont l'enfermement le prive.

La pauvreté, la détresse aux quelles l'incarcération conduit se révèlent souvent dans des caractères assez faibles, mais ceux qui s'affichent "des durs" sont bien souvent des malheureux et des pauvres qui savent mal gérer leur liberté intérieure, celle à laquelle personne ne peut toucher si l'individu a du caractère. Cette pauvreté donne soif de spiritualité et parler de Dieu au détenu éveille ou réveille une dimension qui lui manquait cruellement.

Ce temps réservé à la réflexion sur soi-même et à la découverte de l'Evangile suscitent, si nous y contribuons activement, une métamorphose dont le Père Aubry a connu maints exemples en prison, d'où le titre de son livre : Prison, Terre de métamorphose.

Le détenu est un fils de Dieu qui peut se transformer, qui peut se remettre debout, à qui on peut proposer de substituer l'amour qui guérit à la haine ou au ressentiment qui détruisent. La miséricorde de Dieu existe, il faut la révéler au détenu car elle fait des merveilles. Dieu l'aime et lui pardonne.

Dire aux détenus qu'il n'y a que Dieu qui peut nous donner la vraie joie. Voilà notre mission, au Bon Larron : que cette joie se répande comme un feu dans le cœur des détenus et aussi dans le cœur de tous les intervenants du monde carcéral.

Leur faire découvrir qu'ils sont aimés par un Père, leur Créateur, avec une intensité que nulle créature ne peut égaler, afin de les ouvrir à une vie nouvelle.

Les inciter à entretenir une relation personnelle à Dieu et leur faire expérimenter sa miséricorde afin qu'ils soient recréés, consolés, éclairés dans leur vie, saisis jusqu'au plus profond d'eux-mêmes, merveilleusement réconfortés et relevés.

Permettre au temps de la détention de devenir un temps de réconciliation avec soi-même, avec Dieu, avec les autres, si possible avec les victimes, est l'ultime objectif qu'un visiteur puisse s'assigner vis à vis du détenu qu'il rencontre. Chemin difficile, certes, mais qui a déjà été parcouru par de nombreuses personnes. De nombreux témoignages l'attestent.

Si cette étape est atteinte, la vie du "sortant" est transformée, les bases sur lesquelles il se reconstruit sont solides et les risques de récidives minorées.

Il faut, dès le début, avoir bien en tête de "durer" jusqu'à la sortie, jusqu'à la libération. Nous verrons au chapitre VI ce que l'on peut faire pour aider le détenu visité ou son correspondant à s'insérer ou à se réinsérer dans la vie sociale, familiale, économique.

Vierge à l'enfant
Constantinople 10ème Siècle

II - LES BUTS ET LES MOYENS DU BON LARRON.

"L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'Il m'a oint. Il m'a consacré par l'onction, m'a envoyé porter la bonne nouvelle aux pauvres, et annoncer aux prisonniers qu'ils sont libres" (Lc 4,18.

"Tout ce qui fut écrit dans le passé fut pour nous être enseigné, de sorte que nous puissions espérer, grâce à la force et aux encouragements des Ecritures" (Rm 15,4).

Fondée sur ces Paroles de l'Ecriture, la Fraternité "Bon Larron" appelle ses membres à transmettre la bonne nouvelle en prison, dans le respect des personnes, et annoncer aux prisonniers qu'ils sont déjà libres,.

Les buts

Evangéliser, c'est annoncer et faire connaître le royaume de Dieu en ce monde par la puissance de l'Esprit Saint. C'est donc annoncer aux détenus que Jésus-Christ; Fils de Dieu, ressuscité, vivant, est venu en ce monde pour le salut de tous les hommes.

"Le salut que Jésus a apporté, pénètre dans les profondeurs les plus intimes de la personne, la libérant du Malin, du péché et de la mort éternelle. En positif, le salut est l'avènement de la vie nouvelle dans le Christ. Il est un don de Dieu qui sollicite la libre adhésion de l'homme. En effet, il doit être conquis tous les jours au prix d'un effort crucifiant. Il n'y a pas d'autre libération par laquelle on puisse parvenir à la possession de la vraie paix et de la joie qui ne peuvent jaillir que de la rencontre avec le Dieu-Vérité : "Vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libres" (Jn 8,32) .

Comment invoquer celui en qui on n'a pas cru ?

Comment croire en celui qu'on n'a pas entendu ?

Comment entendre sans que l'on prêche ?

Comment prêcher si on ne nous a pas envoyés ?

Rm 10,14-15

Evangéliser c'est aussi raviver, et soutenir la foi des détenus baptisés

Pour parvenir à ces buts nous disposons :

- de l'annonce de la Parole
- de la prière
- du témoignage

1- Jésus est le Verbe qui, de toute éternité, a vécu la vie trinitaire. Il sait qui est Dieu. S'Il vient c'est pour nous en parler. C'est pourquoi on appelle Christ : le Verbe. Jésus Christ, voit dans la lumière de Dieu, son Père. Il vient en notre temps en étant la Parole qui nous dit avec ses mots et par sa vie que Dieu est Amour et veut notre salut. C'est pourquoi les mots de la Sainte Ecriture sont extraordinaires. Ce sont les meilleurs mots du langage humain qui ont été choisis par Dieu Lui-même, "fait homme", pour nous donner ce regard et, dans la foi, voir les événements et les personnes comme Lui les voit, c'est à dire avec un regard de miséricorde ( miseri- cor- dare : Dieu donne son cœur à la misère).

2- Jésus disait à ses apôtres qu'il fallait prier sans cesse sans jamais se décourager (Lc 18,1). Lui-même a donné l'exemple en passant des heures et des nuits à prier le Père (Lc 5,16 ; 6,12). Tous les apôtres, toute l'Eglise, nous invitent sans cesse à persévérer, à durer dans la prière "apportez-y une vigilance inlassable" (Ep 6,18), "Soyez assidus à la prière, qu'elle vous tienne vigilants, dans l'action de grâces" (Col 4,2). Si la prière est un dialogue d'amour avec Dieu, peut-on cesser de prier ? Pour un chrétien cesser de prier c'est cesser de respirer.

"Priez sans cesse", priez en tout temps l'Esprit (Ep 6,18). "Celui qui prie sans cesse reçoit perpétuellement de Dieu sa nourriture ; il se reconnaît en perpétuelle dépendance de Dieu et Dieu se plaît à déverser en lui des torrents d'amour. Et Dieu agira sans aucun doute." René Jacob

3- Le témoignage est un des fruits de l'action de l'Esprit Saint en nous.

"C'est l'Esprit Saint qui, aujourd'hui tout comme au début de l'Eglise, agit dans chaque évangélisateur qui s'abandonne complètement à Lui et se laisse donc guider totalement. L'Esprit Saint place sur les lèvres les mots qu'on ne peut trouver soi-même, et en même temps l'Esprit Saint prédispose l'âme de celui qui écoute, à être ouverte et réceptive à la Bonne Nouvelle et au Royaume qui est proclamé".

"Aujourd'hui et depuis la venue de Jésus, l'Esprit Saint est tombé sur le monde et tous ceux qui s'ouvrent le reçoivent. L'Esprit est destiné à éclairer tout homme. Encore faut-il savoir qu'il existe. L'Esprit Saint est pour nous parce que nous sommes des pauvres, parce que nous ne savons pas comment faire. Tout le monde a besoin de l'Esprit Saint. Si nous nous laissons guider par Lui, nous finirons par voir et les fruits jailliront. Les fruits, ce sont les hommes qui ont reçu la parole de Dieu et qui se convertissent en prison".

"Allez,... vous serez mes témoins" Par le baptême tout chrétien est appelé à être témoin de Jésus-Christ. Jésus a dit à ses disciples qu'ils recevraient l'Esprit Saint et qu'ensuite, ils iraient témoigner jusqu'au bout de la terre (Ac 2-18). C'est seulement dans la mesure où nous témoignons que notre joie sera complète (1Jn 1,1-4). Comme le pape Paul VI nous le rappelle : "l'homme moderne écoute plus volontiers les témoins que les enseignants".

Les autres buts d'ordre humain, découlent directement du premier : rompre la solitude, chasser le désespoir, redonner confiance, exprimer chaleur, compassion, tendresse, amitié, encourager la préparation à la vie post-carcérale. C'est toute la tendresse et la miséricorde de Dieu qui doit se manifester à travers nous pour permettre au détenu de vivre en plénitude.

Le Christ, Marie et l'apôtre Jean
Co
nstantinople 10ème siècle


III NOUS, MEMBRES DU BON LARRON

1 - Nous appartenons à la Fraternité des Prisons : "Le Bon Larron".

La Fraternité a une mission spirituelle à remplir, à laquelle les membres adhèrent, sur les pas de son fondateur, le Père Yves Aubry qui est "entré dans la Vie" le 18 janvier 2002.

Le lieu de mission où le Père Aubry fut envoyé par son évêque fut la prison où il a entendu résonner en lui cette Parole rapportée par Saint Paul à Timothée (2 Ti 4,2) "Tu annonceras ma Parole à temps et à contre temps".. C'est ainsi qu'il suivit le Maître dans sa mission, faisant siennes ses paroles : "L'Esprit du Seigneur est sur moi parce qu'il m'a consacré par l'onction. Il m'a envoyé porter la bonne nouvelle aux malheureux, annoncer aux prisonniers qu'ils sont libres" (Luc 4,18).

Selon le commentaire de saint Augustin, annoncer la Parole "à temps" signifie à tous ceux qui le demandent, et à "contre-temps" à ceux qui ne la demandent pas, dans le respect et l'amour de ceux à qui l'on s'adresse.

La fraternité s'appuie, en outre, sur la lettre apostolique du Pape Jean Paul II : "En Jésus Christ, Dieu ne parle pas seulement à l'homme, Il le recherche. L'Incarnation du fils de Dieu en témoigne : Dieu recherche l'homme".

Il serait bon de lire la Charte en son entier afin de vérifier que l'on est bien en accord avec ses fondements et son orientation.

La Fraternité du Bon Larron est une association privée de fidèles, reconnue par l'évêque de Versailles ainsi qu'une association loi de 1901.

La Fraternité des Prisons, le Bon Larron, fait partie de la Fraternité Internationale des Prisons. Elle partage la même vision et les mêmes objectifs que notre Fraternité, c'est un lieu d'échange d'expériences et de prières communes. Elle regroupait en 2002, 96 pays. Son siège est à Washington (USA)

2 - Qui sommes-nous ?

Le Père Yves Aubry nous définissait ainsi :

1 - Des hommes et des femmes comme les autres mais qui se sont laissés imprégner, saisir par le Christ et le laissent ainsi parler par leur cœur, leur bouche, leur plume :

"Je ne suis pas venu pour les bien portants, Je suis venu pour les malades"

"Venez à moi vous tous qui ployez sous le fardeau et je vous soulagerai".

Les correspondants et les visiteurs ont fait eux-mêmes l'expérience de la miséricorde ; témoins vivants et encore pécheurs, ils désirent la faire découvrir aux détenus.

2 - Le membre du Bon Larron est celui qui, avec bouleversement, a vu ou verra un jour dans sa persévérance, la paix, la joie toute surnaturelle de Dieu éclater dans ces vies isolées, et y murmurer comme une source jaillissante pour la vie éternelle, cela dès cette terre d'obscurité et de souffrance.

3 - Il se sent en plein accord avec son Eglise. Il s'enracine toujours plus profondément en elle qui lui demande d'annoncer cette Parole pleine de tendresse et d'efficacité. L'annonce ne s'impose pas, mais se propose. Pour tout chrétien, cette annonce est devoir suprême nous dit le Pape Jean Paul II : "Aucun de ceux qui croient au Christ, aucune institution d'Eglise ne peut se soustraire à ce devoir suprême : annoncer Jésus-Christ".

4 - Il ne se laisse nullement troubler par l'objection de certains croyants : "De quel droit annoncez-vous la Parole de Dieu à des gens dans la misère de la prison, s'ils ne vous le demandent pas ? Que faites-vous de leur liberté "? Le membre du Bon Larron leur répond avec les mots mêmes de Jean Paul II : "La liberté de conscience suppose la liberté religieuse, c'est à dire la liberté de choix entre diverses solutions religieuses".

5 - Le correspondant Bon Larron, est celui qui, dans sa persévérance à écrire, prend conscience peu à peu que les petites phrases du Seigneur; s'enfoncent en lui, l'imprègnent progressivement, deviennent vivantes et font de plus en plus partie de lui-même. Plus il abandonne sa plume à la main divine qui a pris la sienne, plus vite elle court sur sa feuille et mieux elle réconforte le détenu avec qui il correspond..

6 - Le correspondant ou le visiteur, fait l'expérience, à travers les réponses de ses interlocuteurs, des fruits que la parole du Seigneur met dans leur cœur. Ainsi encouragé, le "bon larron" grandit toujours : en amour, en délicatesse et en audace aussi.

7- Il peut dire ainsi, reconnaissant : "Oui, c'est vrai, Dieu s'est saisi de moi, pour une œuvre qui me dépasse... mais son Amour coule à travers moi et je dois le constater... Il se répand en cette terre de la prison... oui, Il est attendu... bien plus que, jamais, je n'aurais pu le penser ".

N'est-ce pas ce que disait aussi Monseigneur Dagens lors d'une assemblée plénière de l'Episcopat : "L'Evangile est attendu plus que nous n'osons le penser nous-mêmes".

Dans la joie de cet appel pressant du Seigneur, croyons qu'Il se saisit de notre propre faiblesse. Alors, dans les cœurs en détresse, Il fera jaillir sa paix.

3 - Quelques réflexions à garder présentes à notre esprit.

Les détenus sont fils de Dieu, aimés du Père, ce sont nos frères. Quand nous les visitons, quand nous leur écrivons c'est vers le Seigneur que nous allons : "En vérité, je vous le dis : chaque fois que vous l'avez fait pour le moindre de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait" (Mat 25,40).

Nous sommes des annonceurs de la Parole, des instruments de l'Esprit. Les détenus ne découvriront ou ne redécouvriront le Seigneur que si la Parole leur est annoncée et nous avons à le faire parmi d'autres.

L'amour de Dieu est absolu quel que soit le détenu et les raisons de sa détention. Soyons en pénétrés ; notre conviction spirituelle est donc essentielle, ce qui ne veut pas dire qu'elle doit se manifester le premier jour, au premier contact, mais elle sous-tend notre démarche dans la durée.

La réconciliation des auteurs de délits avec leurs victimes est un objectif à ne pas éluder. Si, en conscience, le regret, le remords, la demande de pardon ont pu être formulés par le détenu, si les victimes veulent bien s'y prêter, nous pouvons favoriser cette rencontre. On assiste alors à la réconciliation qui met en présence les acteurs mêmes du drame. Plusieurs exemples ont montré que cette rencontre était bouleversante. Une telle démarche ne peut se réaliser sans précaution. De par le monde des Fraternités des Prisons, réalisent un tel projet qui se déroule sur huit séances. Prendre contact avec le bureau de la Fraternité des prisons.

Avec la grâce de Dieu, c'est la phase ultime de la mission du correspondant ou du visiteur que d'avoir contribué à réunir, en vérité, les antagonistes, souvent longtemps après les faits.

La Fraternité, avec douceur mais détermination, veut mobiliser de plus en plus de chrétiens en vue de l'évangélisation dans les prisons. Par leur nombre, ils pourront offrir à chacun des détenus de recevoir le message de miséricorde et s'ils en font le choix, le soutien pour en vivre.

Nous avons rappelé les aspects spirituels de la Fraternité. Quelles sont les dispositions requises pour être correspondant ou visiteur?

4 - Les dispositions requises.

Par opposition au monde carcéral, et donc à l'enfermement où les maux tels que : la routine, l'ennui au mieux, l'angoisse au pire, et en tous cas la solitude et le dénuement sont l'ambiance générale, nous sommes à l'extérieur et pouvons offrir un peu d'air frais, un peu d'oxygène.

Nous sommes porteurs de patience, d'espérance, d'amour. En tenant compte d'une part de la durée de détention et d'autre part de ce que l'on pourrait qualifier de progression dans le temps, il faut être patient, ne pas se décourager, rester très modestes dans ses ambitions.

Si nous voulons communiquer cette patience à ceux qui sont détenus, il faut nous-mêmes en être armés. On ne pourra donner d'espérance humaine et chrétienne qu'avec la durée. Etre porteur d'amour nécessite de notre part de nous en nourrir pour le refléter, et le diffuser autour de nous.

Une prédisposition à l'altruisme nous pousse à nous occuper des autres, à désirer les aider, sans jamais vouloir être curieux ou indiscrets, ce qui fausserait gravement nos rapports avec les détenus.

Si le détenu fait spontanément des allusions à sa vie passée et aux raisons qui l'ont conduit en prison, on peut y revenir, mais ne pas poser de questions. Si le détenu ne parle pas de son passé ni de son histoire, se garder d'évoquer le sujet, ce n'est pas notre rôle, nous n'avons ni à instruire son affaire ni à porter le moindre jugement sur ses actes mais à le soutenir dans l'épreuve de sa détention.

Le détenu doit savoir que nous allons à lui gratuitement, sans avoir de compte à rendre à personne. Cette gratuité est semblable à celle des dons de Dieu et nous ne faisons là que rendre ce que le Seigneur nous a donné. Cette connaissance de notre disponibilité par le détenu le met en confiance et permettra le développement ultérieur des relations, en particulier celles ayant la foi pour thème.

Le détenu est sensible au fait qu'on lui donne du temps, de l'attention, de l'amitié. Personne ne nous oblige, c'est une force intérieure, celle soufflée par l'Esprit, qui nous pousse à nous occuper des détenus. Chacun y a été invité d'une manière particulière.

Nous sommes des "encourageants". Notre désir profond est d'aider ceux qui l'acceptent à se remettre debout en leur offrant des appuis solides sur lesquels ils pourront reconstruire leur vie, éviter de retomber et de récidiver, s'ils choisissent cette voie nouvelle. La révélation progressive des réalités de l'Evangile et l'amour miséricordieux du Christ permettront la guérison des êtres humains les plus meurtris. De nombreuses expériences le prouvent ; toutefois, il faut que notre proposition s'adresse à un cœur ouvert même s'il a été brisé.

Il faut donc du temps, de la délicatesse, une infinie patience, une prière continue de notre part pour proposer et encourager. Le Christ l'a dit, il vient guérir les malades et apporter le réconfort à ceux qui en ont le plus besoin.

Avec délicatesse et prudence, faisons partager, nos soucis, nos joies, nos peines aux détenus. Ils feront à leur tour, s'ils le souhaitent, des confidences et nous feront partager leurs difficultés. De plus, même si cela paraît étrange, parler d'espace, de diverses contrées apporte un souffle d'air frais et leur rappelle qu'un monde existe à l'extérieur.

Rester constamment ouverts et disponibles, accessibles, à l'écoute des détenus, c'est se donner les moyens de les comprendre, de les aimer, de les servir, de leur faire rencontrer le Christ.

Croix de procession
Constantinople 11ème siècle


IV - L'ECHANGE PAR LA CORRESPONDANCE

Quel sujet aborder lorsqu'un nom et une adresse nous sont donnés par le service du courrier?

La première lettre est importante mais n'est que la première. Avant de prendre sa plume, il est bon de prier à nouveau, comme nous avons pu le faire avant, en pensant au détenu qui allait nous être confié. L'Esprit Saint est un recours auquel il ne faut cesser de demander sa lumière.

Au plan de la forme, user d'un style simple, d'une écriture lisible. Les détenus ont un niveau intellectuel moyen (certains écrivent phonétiquement), se mettre à leur portée. Utiliser l'ordinateur peut permettre de compenser une écriture manuelle difficile à lire pour une personne non habituée.

Sur le fond se présenter, dire pourquoi on a entrepris cette correspondance et exprimer l'attention que l'on porte aux personnes incarcérées. On peut poser quelques questions sur leurs centres d'intérêts et leurs goûts pour démarrer l'échange.

Selon la réponse, et à la convenance réciproque, le rythme des échanges sera en moyenne la quinzaine. Au fil des échanges le correspondant et le détenu vont faire peu à peu connaissance et des sujets d'intérêt commun apparaîtront. On doit s'obliger à un certain suivi si des questions sont posées dans la lettre précédente qu'il faut relire avec attention. En cas de non-réponse, il faut persévérer. Nous avons connu le cas extrême où la personne a écrit durant 12 mois. Au bout de l'année, le détenu a enfin répondu pour dire que toutes ces lettres lui avaient permis de tenir pendant une période très dure.

Inviter le détenu à s'occuper dans toute la mesure du possible. Toutes les maisons d'arrêt et les centres de détention n'offrent pas les mêmes capacités de pratiquer le sport, de se distraire, de travailler. Il faut, d'après les renseignements recueillis, persuader le détenu que son temps en détention doit devenir un temps utile ; qu'il peut se fixer des objectifs, accéder à des cours, à des lectures, réaliser quelque chose. Qu'il sache que ce qu'il fait aujourd'hui lui sera utile pour demain.

Qu'il ne se décourage pas dans ses démarches auprès de l'administration pour postuler à telle ou telle activité. L'inactivité et le désœuvrement sont source de perturbations psychologiques et morales. Au contraire, s'insérer dans une vie plus active, que ce soit cérébrale ou pratique, passer des diplômes, fait passer le temps et prépare le plus efficacement à la réinsertion.

Mettre l'accent sur ce qui nous arrive personnellement en famille, nos rencontres, nos découvertes, tout ce qui peut donner de la joie au détenu et susciter de l'espoir. Se garder toutefois d'être trop précis et ne jamais donner d'indications sur des adresses ou des lieux repérables, domiciles, écoles, etc. .

En principe des relations d'amitié et de confiance vont s'établir. Mais il faut penser à la sortie du détenu et qu'en aucun cas il ne puisse exercer quelques pressions que ce soit, ni lui, ni d'autres co-détenus, sur nous-mêmes ou nos familles. On se parle en prison et souvent nos lettres sont lues par d'autres détenus.

Il faut donc rester prudent et vigilant.

Vis à vis de l'administration, vos lettres sont lues par un surveillant, éviter tous les propos qui ne respecteraient pas la discipline et le règlement de la prison. Il est interdit d'adresser des billets de banque ou des coupures de presse qui prêteraient à équivoque.

Lorsque Dieu ou la foi seront abordés, s'exprimer par des mots simples et dans un style clair..

Si le détenu est en révolte, violent et n'a que l'idée de se venger, patienter et ne lui parler d'amour, de paix et de réconciliation que bien après le temps de la colère.

Si le détenu n'est pas croyant et ne veut rien entendre, ne pas rompre pour autant. L'entretenir sur des sujets neutres avec des exemples et des récits qui peuvent l'amener à de meilleurs sentiments.

Si au contraire, telle indication, comme "je prie pour vous" ou "je ne vous oublie pas dans ma prière", suscite un écho, alors le dialogue sur la foi commence. Il nourrira une partie de chacune des lettres et deviendra matière à enrichissement réciproque. Le détenu découvrira ou redécouvrira Dieu dans le temps et de plus en plus intensément.

On a vu des détenus se rapprocher de camarades et former des foyers de prières en prison, ce qui est merveilleux.

Il est important d'inciter le détenu à prendre contact avec l'aumônerie surtout à l'occasion des fêtes religieuses. Seul le prêtre peut lui offrir les sacrements par lesquels le Christ vit pleinement en lui. De plus, l'aumônier lui redit sa place dans l'Eglise et dans la communauté chrétienne de la prison : il n'est plus seul. Il peut aussi participer à des réunions bibliques ou de prière selon les propositions offertes par les aumôneries. Il serait utile aussi d'en prendre connaissance de notre côté pour l'en informer.

Pour entrer en relation au sujet de la foi il est souvent plus aisé de parler sur un ton d'expérience personnelle: on a découvert ceci, on a aimé cela : une fête religieuse (Noël, Pâques), une cérémonie, un texte, une émission-reportage sur Mère Térésa par exemple ou un épisode de l'Evangile. Notre ami détenu aura alors l'occasion d'évoquer des souvenirs ou ce qu'il vit dans la prison.

Le détenu mène en prison une vie de célibataire. Toute relation avec une femme quel que soit son âge crée un lien affectif. S'y prêter naturellement en faisant toutefois très attention. Le détenu a tendance à considérer sa correspondante, selon l'âge, comme une grand mère, une mère, une sœur... une possible compagne. Il recherche plus ou moins consciemment une femme pour sa sortie. Les correspondants doivent le savoir et ne pas se laisser impressionner pour autant. Le fait d'avoir, au début, précisé votre place dans votre famille contribue à donner un climat serein. Par ailleurs, il faut s'abstenir d'envoyer des photographies de soi-même ou de proches.

La fin de la détention doit se préparer longtemps à l'avance. La correspondance peut puissamment aider le détenu à réussir sa sortie, tant sur le plan moral que sur le plan pratique.

Des indications à ce sujet sont données au chapitre VI

Dans la phase de préparation à la sortie, la correspondance peut aider le détenu à réfléchir et à chercher pour lui la meilleure orientation possible.

On peut l'aider à la préparation d'un dossier de demande de libération conditionnelle. Aider mais ne pas se substituer aux travailleurs sociaux chargés de suivre le détenu et justement de préparer son insertion ou sa réinsertion.

Il y a autant de cas que d'individus et des organismes spécialisés existent pour mener à bien cette difficile mission.

Par la correspondance, nous contribuons à remettre le moral du détenu au beau, à lui insuffler du courage, à lui faire découvrir des valeurs morales et la certitude que le Christ est bien vivant, proche de lui et que Dieu l'aime. Cet idéal est rarement atteint mais il faut toujours le viser et le détenu, ainsi armé, saura trouver son chemin.


V - LA RENCONTRE DU DETENU ET DU VISITEUR

Avant le face à face avec le détenu, il y aura eu, pour le visiteur, à parcourir le processus d'admission qui est évoqué en VI.

Le S.P.I.P., (Service pénitentiaire d'insertion et de probation), vous a désigné un détenu qui avait fait préalablement une demande de visites. Son nom et son numéro vous ont été communiqués par courrier. On ignore tout de lui. On vient en ami.

La première rencontre est le début d'un 'apprivoisement' où on doit faire connaissance. On parle un peu de soi. En cas de réserve, parler de la vie en prison, de ce qui s'y passe, des surveillants, de la nourriture etc. .Cette prise de contact n'est en général pas très longue. On fixe la date de la prochaine rencontre dans le cadre des jours prévus par le règlement propre à chaque prison.

L'échange oral est spécifique et plus difficile à mener qu'une lettre. Mais il faut "faire le pas" et les premières visites sont surtout des visites d'écoute. Il faut que l'intéressé se sente respecté et puisse spontanément se livrer, "se vider" quand le moment sera venu pour lui. L'attention qu'on lui porte l'aide à formuler ce qu'il a sur le cœur, dans la tête et même ses arrières pensées. Souvent la "chute" du détenu s'explique (sans pour autant la justifier) par les circonstances de l'enfance, l'absence d'éducation, de repères, manque de formation intellectuelle et morale. Le détenu a souvent besoin de dire tout cela. C'est peut-être une thérapie; le visiteur a surtout pour rôle d'écouter durant cette phase qui peut s'étaler sur plusieurs semaines.

De son côté le visiteur se fait un peu connaître, avec les réserves évoquées plus haut. Les limites de la discrétion s'imposent : ne pas s'offrir à l'investigation du détenu, se garder de donner sur soi et sa famille des précisions qui pourraient plus tard s'avérer imprudentes. La révélation réciproque des deux interlocuteurs instaure un climat de confiance qui permet d'approfondir la connaissance et débouche, in fine, sur l'amitié.

Le rythme des visites : le rendez-vous est généralement pris d'une fois sur l'autre et décidé de concert. Veiller à ne pas visiter le jour où le détenu est occupé par un travail, une activité ou une promenade. C'est une marque de respect que nous lui devons. Il ne faut pas non plus, bien que ce soit très décevant, nous vexer si une fois le détenu ne vient pas. Il peut être souffrant ou passer une période difficile à vivre où il ne voudra pas se montrer tel qu'il est (L'administration ne donnera pas toujours la vraie raison de l'absence). La sensibilité est grande chez ces êtres, souvent vulnérables, malgré les airs de durs qu'ils se donnent parfois.

Lorsqu'on se connaît bien et que la relation repose sur des bases saines, on se comprend vite et on peut soulager le détenu des épreuves qu'il traverse. Elles sont de deux ordres :

  1. Epreuves du fait de la détention. Avec les autres détenus, avec les surveillants avec les usages de la prison, il y a souvent des motifs d'insatisfaction voire de révoltes plus ou moins justifiées. Il faut aider le détenu à relativiser. Il a souvent les nerfs à fleur de peau et échanger à ce sujet avec lui le calme, le détend et lui fait prendre la mesure des incidents qu'il rencontre. Lui rapporter des faits du même genre qu'on a pu connaître, banalise ses propres difficultés. Les problèmes peuvent être résolus et cela le rassure.
  2. Les autres épreuves sont plus personnelles et ont en général trait à la famille du détenu et aux relations qu'il peut entretenir avec elle. Hostilité si le détenu a été l'objet d'un rejet, carences dans le courrier ou visites trop espacées, difficultés matérielles si des problèmes d'argent existent.

A ce sujet, savoir que le visiteur n'est pas un pourvoyeur de fonds. Chacun est libre de faire ce qu'il veut, ce qu'il peut. A l'occasion de fêtes ou exceptionnellement, on peut adresser un mandat mais on ne doit pas se laisser entraîner (piéger). Il faut se renseigner auprès des services sociaux pour savoir si le détenu est réellement démuni ou non.

Bien sûr, la compréhension nous pousse à la compassion et il est difficile de dire non à tout ce qui peut nous être demandé. La sollicitation sans être permanente est très variée et fréquente. Le bon sens et la prudence doivent nous faire résister et, en tous cas, ne pas nous exposer à enfreindre le règlement de la prison (sanctions prévues possibles).

En cas de doute, demander systématiquement au surveillant.

Sur le plan religieux, que peut-on faire?
Citons un visiteur du Bon Larron, qui a une longue expérience.

"Lorsqu'il est chrétien, le visiteur peut apporter au détenu isolé autre chose qu'un simple contact humain; si l'occasion s'en présente, il peut lui transmettre la Parole de Dieu. Cela aura un impact d'autant plus grand s'il s'agit de personnes ayant commis des fautes lourdes. Et c'est alors que les paroles de l'Evangile resurgissent avec force : Jésus-Christ a dit :

"Je ne suis pas venu pour les bien portants et les nantis, mais pour les malades et les pécheurs"

"Je suis venu non pour condamner mais pour apporter le salut"

"Heureux ceux qui ont la foi, car ils recevront miséricorde".

A des personnes qui sont enfermées pour faute, ces paroles peuvent apporter, avec la grâce de Dieu, une bouffée d'oxygène fantastique :

- se savoir aimé de Dieu, malgré les fautes commises,

- croire que, malgré la condamnation par la justice des hommes, elles peuvent recevoir le pardon et la miséricorde de Dieu, à condition de rentrer dans le processus qui leur est offert : reconnaissance de la faute, demande de pardon, contrition et réconciliation. C'est la spécificité par excellence de la religion chrétienne.

Par le don du Saint Esprit, ces paroles peuvent les toucher, au point que, chaque année, de nombreux détenus se convertissent et se font baptiser. La prison devient alors une véritable terre de métamorphose pour reprendre l'expression du père Aubry. Si Dieu le veut, le visiteur deviendra alors le porte-parole de l'Esprit Saint. Dans cette tâche : "Dieu a besoin des hommes".

Terminer la visite par une prière courte mais intense, dite si possible avec le détenu, est la meilleure conclusion à un moment passé ensemble.

Certains détenus aiment à prier avec leur visiteur ou leur visiteuse au cours de la visite.

Si le détenu est musulman, on peut échanger paisiblement sur nos fois respectives en un Dieu unique. Lui dire qu'on prie pour lui et l'inciter à approfondir sa foi. S'il devient curieux de notre propre foi, alors nous pourrons aller plus loin, mais il y faut beaucoup de discernement et de précision dans l'énoncé de la foi, car les mêmes mots ne recouvrent pas les mêmes notions.

Il ne faut pas négliger non plus, les autres plans : physique, moral, éducatif, relationnel etc. .

La rencontre périodique avec le détenu permet de l'encourager à garder la forme physique.

Si l'on veut trouver ou retrouver un équilibre moral satisfaisant, il convient de disposer d'une santé physique aussi bonne que possible. La pratique du sport, la musculation, l'effort demandé à son corps dans des disciplines gymniques sont autant d'atouts accessibles que l'on peut, si l'on veut y avoir recours, satisfaire dans la plupart des prisons. Il existe des terrains de sport et des pistes dans les centres de détention et les maisons d'arrêt modernes. Leur usage ne saurait trop en être recommandé par les visiteurs aux détenus qu'ils rencontrent.

La force morale qu'il faut donner aux détenus pour qu'ils se reconstruisent est primordiale. Il faut réveiller le goût de vivre, donner de l'espérance, leur faire prendre conscience du fait que ce qu'ils font aujourd'hui leur sera utile demain. Les valeurs spirituelles rappelées plus haut ont une place éminente et cette renaissance intérieure revêt une grande importance.

Citons à nouveau notre ami visiteur :

"La liberté est une valeur en soi. Si on en est privé, on n'est rien. La libération sera symbolisée par la sortie de prison. Mais, que ce soit à l'intérieur ou à l'extérieur, cette libération ne sera pas seulement le fait de sortir de la prison mais aussi de se sortir de ses propres pesanteurs. Mon activité de visiteur de prison m'a en effet permis de rencontrer des personnes libérées et joyeuses même à l'intérieur des murs. Nous avons aussi l'occasion de rencontrer à l'extérieur maintes personnes enfermées sur elles-mêmes, parfois bien loin de leur libération intérieure. Elles sont complètement sous le poids de leur haine, d'elle-même ou des autres, sous le poids de leurs paradis fictifs que sont l'alcool, la drogue ou sous le poids des difficultés de la vie. Elles connaissent des douleurs mal cicatrisées d'une enfance douloureuse ou tout simplement le poids de se sentir mal reconnues et mal aimées. Et pour s'en sortir et se construire, il faut parler de toutes ces choses. Le visiteur ne sera là que comme témoin, et pour cela il doit être quelqu'un qui écoute sans s'imposer".

Tous ces efforts vont permettre que la sortie et la réinsertion du détenu se passe bien. Cela se prépare. Comme un échange de courriers peut aider le détenu à retrouver une vie où il s'insérera dans la société, les visites offrent l'occasion d'évoquer encore plus réellement la perspective de sortie.

Il faut persuader le détenu de ne pas retrouver le milieu qu'il fréquentait avant sa détention.

S'il s'agissait de drogue de larcins ou autres, la première résolution à faire prendre à l'intéressé est de refuser énergiquement de fréquenter à nouveau ceux avec lesquels il était en relation, sinon la récidive est probable et un nouveau séjour en détention inéluctable.

Il faut donc orienter le détenu vers un stage, un emploi dans un "dépaysement" relatif. C'est un travail de professionnel de guider le détenu à sa sortie. Le visiteur peut aider le détenu mais ne remplacera pas les services sociaux spécialisés qui ont comme mission d'accompagner le détenu au début de son insertion dans la vie sociale et économique.

A l'intérieur de la détention, les travailleurs sociaux qui suivent le détenu ont pour mission d'œuvrer pour le guider et l'orienter selon ses goûts, ses capacités, ses qualités et normalement de le suivre à sa sortie.

Bien souvent le relais est pris par des structures spécialisées, si la famille et l'ancien emploi ne s'offrent plus à nouveau comme cadre naturel de reprise de l'existence.

Faut-il suivre dehors le détenu que l'on a visité? C'est une question d'appréciation et de cas par cas. Il faut rester prudent. Certains visiteurs maintiennent des relations. Certains détenus souhaitent couper les ponts. Les ex-détenus tout à fait "guéris" peuvent devenir pour leurs codétenus des exemples et faire partie de structures d'encadrement qui accueilleront à leur tour de nouveaux sortants.

Plusieurs centres animés par d'ex-détenus, en général à la campagne ou en province, accueillent actuellement des ex-détenus pour leur donner une formation ou leur permettre de passer quelques semaines avant de s'engager dans une situation plus stable. La liste en est donnée dans les pages pratiques du chapitre VI.

Etre membre du Bon Larron n'exclut pas d'adhérer à l'ANVP (association nationale des visiteurs de prisons 1bis, rue du Paradis 75010 Paris 01 55 33 51 25, secrétaire Catherine Coeroli.) Cette association est bien organisée. Elle est utile pour effectuer certaines démarches ou requêtes officielles qui auront à "remonter" dans la hiérarchie. De plus, cette association assure une formation permanente des visiteurs par des rencontres et des conférences données par des spécialistes divers ayant de l'expérience.


VI - AVIS PRATIQUES

1 - Correspondance

1- Les lettres écrites par le détenu sont lues par un surveillant au départ de la prison, c'est ce dernier qui les cachette. Les lettres que l'on adresse au détenu sont ouvertes et lues par un surveillant - seuls les plis des avocats parviennent au détenu sans être ouverts.

2- On peut abonner un détenu à des revues. On peut aussi lui envoyer des livres ou des revues uniquement brochés. Tout livre relié est refoulé.

3- Le colis de Noël est strictement contrôlé. Une liste des ingrédients est établie par la prison. C'est le colis exceptionnel dans l'année. Il est nécessaire de se renseigner auprès de la prison pour savoir si le colis passe par le biais d'une association ou non (parfois le Secours Catholique). La Croix rouge est par nature habilitée à faire des colis pour les détenus en prison.

4- On peut adresser de l'argent au détenu uniquement par mandat cash par le service de la poste. Un des exemplaires de l'imprimé est prévu pour le destinataire et c'est celui-là qu'il faut inclure dans son courrier. Le détenu le confiera ensuite au préposé de la prison. On peut aussi envoyer des timbres. Il est conseillé de se renseigner par lettre ou par téléphone auprès du service social de la prison pour s'assurer du réel besoin d'argent. Celui-ci fait bon accueil aux demandes et conseille utilement.

5- Votre correspondance peut comporter des images et des cartes postales qui peuvent servir à décorer la cellule. Des poèmes, des prières, des passages de la Bible, des extraits de lectures diverses peuvent distraire leur solitude et les intéresser. Les photographies de personnes sont déconseillées.

6- Pour devenir correspondant, en faire la demande au Courrier Bon Larron 4, rue du Pont des Murgers 78610 Auffargis. Vous recevrez la marche à suivre, quelques conseils et devrez attendre avant qu'un détenu ou une détenue puisse vous être affecté (e).

7- Que se passe-t-il quand les lettres s'arrêtent ?

Votre correspondant détenu peut cesser de vous répondre. Il est possible qu'il ait été transféré, libéré ou qu'il désire prendre un nouveau départ en cessant tout contact pris en prison. Préparez-vous à cette éventualité et ne croyez pas que vous avez fait l'objet d'une réaction de rejet de votre personne.

Vous pouvez prendre contact avec le SPIP de la prison pour savoir si le détenu a été transféré, est sorti ou est toujours en détention. Dans le premier cas on vous indiquera le lieu de détention de la nouvelle prison où vous pourrez écrire. S'il ne répond pas, vous pourrez téléphoner au SPIP de la nouvelle prison pour demander son nouveau numéro d'écrou.

Si l'on vous répond que le détenu est toujours là, ne vous lassez pas d'écrire périodiquement pour réaffirmer la relation et le soutien par votre prière et votre amitié.

2 - Visites

1- Les droits et devoirs du visiteur sont précisés par une circulaire de 1945. Le rôle du visiteur y est décrit. Il s'insère dans la mission éducative de l'administration pénitentiaire. Tout prisonnier qui en fait la demande a droit à un visiteur.

2- Comment devenir visiteur ? Demander au Bon Larron à Auffargis l'envoi de la marche à suivre contenue dans la brochure éditée par le Ministère de la Justice. Un processus d'admission assez long est prévu, une étape de probation de 6 mois précède l'agrément définitif (on peut aussi se retirer si ce n'est pas sa voie). Un dossier précis est à constituer, quelques démarches à effectuer. Il faut avoir plus de 21 ans et moins de 66 ans lors de la demande, un casier judiciaire vierge. Les précisions sont données dans la brochure.

3 - Comment rendre visite à un détenu avec lequel on correspond ?

Une question de proximité se pose mais si elle est surmontée, pour organiser une visite, vous aurez besoin de formuler une "demande de visites" au Directeur de l'établissement qui délivrera un permis de parloir comme "ami-correspondant" si le détenu a déjà été jugé. Si le détenu n'a pas encore été jugé, il convient de s'adresser au juge d'instruction. Vous aurez à joindre un extrait de casier judiciaire vierge et une photocopie complète de votre carte d'identité.

Puis vous téléphonerez à la prison avec quelques jours de préavis pour que votre visite soit agréée et enregistrée.

Procurez-vous le règlement des visites, il est propre à chaque prison. Les visites à certains prisonniers sont interdites.

Vous devez être majeur, fournir une pièce d'identité, déposer dans un casier à l'entrée vos affaires personnelles (sac à mains etc. ), vous tenir prêt ou prête à être fouillé(e) si la situation l'oblige, en entrant et en sortant. De son côté le détenu est fouillé avant et après chaque visite.

Le temps des "parloirs", comme on les appelle aussi, dure de 30 mn à 1h30 selon les prisons.

Si le détenu vous demande de prendre contact avec sa famille, par lettre, téléphone ou visite, assurez-vous, pour des raisons de sécurité, que la prison n'y oppose aucune restriction.

4 - Comment aider le détenu à préparer sa sortie?

1 Emploi

C'est normalement aux travailleurs sociaux de favoriser les démarches du détenu. On peut néanmoins aborder le sujet lors des échanges épistolaires ou de vive voix.

Une antenne spécialisée de l'ANPE : Espace, Liberté, Emploi 75 rue de Rochechouart 78018 Paris 01 53 20 68 18 offre de déléguer un de ses agents pour rencontrer en prison les détenus qui en font la demande. Cet organisme a des correspondants en province où des rencontres de même nature peuvent être organisées.

2 Formation professionnelle

Association ARCHE
av. de la Villedieu
78990 Elancourt
T 01 30 66 04 72

CIO
5, rue de la Patte d'oie
78000 Versailles
T 01 39 50 59 98

Association FAIRE
8, rue de l'Amiral Mouchez
75014 Paris
T 01 45 88 83 73


CIO
54, rue de l'Arbre Sec
75001 Paris
T 01 42 60 10 44

3 Hébergement

Association FAIRE
T 01 45 88 83 73

4 Foyers :

L'Estran
10, rue Amboise Thomas
75009 Paris
T 01 53 24 92 20

ARAPEJ : pour l'Ile de France
66-68 avenue de la Folie Regnault
75011 Paris
T 01 43 56 94 70

Hommes seuls exclusivement :

Foyer d'urgence Georges Sand
5 bis rue Stendhal
75020 Paris
T 01 46 36 22 27
de 18 à 28 ans pas de réservation

Hôtel Social Saint Yves
24 ter rue Maréchal Joffre
78000 Versailles
T 01 39 02 18 37
2 à 3 nuits maximum

SARAH A.P.C.A.R.S.
65 rue d'Hauteville
75010 Paris
T 01 40 22 60 90

Certains ex-détenus ont créé des centres d'accueil et de formation professionnelle pour les "sortants".

Association C.H.R.I.S.T.
C.H.R.S de Merval
2, route de Serval
02160 Merval
T 03 23 54 05 52

L'Arbre Vert
Le grand Villeprouvé 49500 Nyoiseau
siège social : 25, Place Aristide Briand
49500 Segré
Tel : 02 41 61 72 99

5 - La cantine

Ce terme a un sens très précis en prison. Il ne s'agit nullement d'un lieu collectif de restauration mais d'un procédé pour se procurer, moyennant argent, à peu près tout ce que l'on désire en matière alimentaire, vestimentaire, objets de toilette, tabac... L'alcool et les médicaments sont exclus.

Le détenu passe sa commande et selon son pécule il peut se procurer avec préavis et délai, les articles souhaités.

6 - L'argent

L'argent ne circule pas en détention. Les sommes dont est porteur le détenu sont déposées à son arrivée et mises en compte au greffe. Cet organisme créditera les sommes reçues pour le compte du détenu qu'elles proviennent de l'extérieur ou de son activité en prison. Le greffe débitera les dépenses de cantine et provisionnera sur les sommes perçues celles destinées à la partie civile (réparation).

Certains détenus perçoivent des pensions sur des comptes bancaires ou des mandats de la part des familles qui ne les oublient pas. Certains autres sont complètement démunis, ils sont indigents..

7 - L'habillement

L'administration pénitentiaire fournit directement ou par le biais du Secours Catholique un minimum de vestiaire auquel accèdent les détenus les plus dépourvus.

Dans le cadre des parloirs familles-amis il est possible d'apporter du linge en respectant la liste fournie par la prison.

8 – Documentations diverses

Lectures

Nous ne saurions trop recommander la lecture du petit livre très riche d'informations et de réflexions sur le monde carcéral

Guide Totus Ed Le Sarment Fayard
Général Jean Delaunay
"Visiter les prisonniers"

Jean Delaunay connaissait bien le Père Aubry, ils avaient l'un pour l'autre une très grande estime et une spiritualité convergente.

Cassettes

Au bistrot de la vie : émission du 29 03 02
"Des histoires de détenus"
Radio Notre Dame
01 56 56 44 44

Jackie Van Thuyne et Daniel Martin
Cassettes de Radio Maria
"La main tendue"
........

Le site du Bon Larron (ici même)

Vous pouvez le consulter sur : www.bonlarron.org

Bibliographie (extraits)

Prison, terre de métamorphose, Yves Aubry, Editions Fayard 1999

Je veux que tu sois mon Père, Jacky Van Thuyne, Editions Fayard 1999

Le Rebelle, Philippe Maillard, Jacky Van Thuyne Editions du Cerf 1988

L'agresseur par Francine Cockenpot Seuil 1986

Plus fort que la haine Tim Guénard Presse de la Renaissance 1999

Paroles de détenus, Editions France bleue 2000

Quand la justice nous casse par Philippe Auzenet, le Sarment 2001

Oeuvres de justice et victimes vol 1, sous la direction de Robert Cario et Denis Salas L'Harmattan 2001

La peine et le pardon, le cri des détenus, Jean Cachot, Hervé Renaudin, Jean Hubert Vigneau, Editions de l'Atelier

Je suis un miracle, Claude Forcadel, Editions de l'Emmanuel 2002

Cathédrale de Rodin


Table des matières

Préambule 3

Introduction 5

I Eux, les détenus. A qui nous adressons-nous? 6

La personne du détenu 6

Dans quel contexte le détenu vit-il? 7

II Les buts et les moyens du Bon Larron 10

III Nous, membres du Bon Larron 13

Nous appartenons à la Fraternité
des prisons "Le Bon Larron" 13

Qui sommes-nous? 13

Quelques réflexions à garder présentes à notre esprit 15

Les dispositions requises 16

IV L'échange par la correspondance 17

V La rencontre du détenu et du visiteur 21

VI Avis pratiques 26

Correspondance 26
Visites 27
Comment rendre visite à un détenu avec lequel on correspond? 27
Comment aider un détenu à préparer sa sortie 28
La cantine 30
L'argent 30
L'habillement 30
Documentations diverses 31

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