Un correspondant visite un frère détenu

Eric vient de nous transmettre ce témoignage saisissant, qu'il en soit remercié ! :

Plusieurs années de correspondance avec Jean-Michel, détenu dans un centre de détention très éloigné de mon domicile, ont forgé entre nous une amitié et une confiance d'autant plus forte que Jean-Michel a toujours été croyant, sans aller pour autant à la messe chaque dimanche.

Au cours de ma première visite, Jean-Michel m'a confié ce qu'il a vécu la première semaine de son incarcération.
A ma deuxième visite, faite récemment, il m'a autorisé à faire publier, dans le bulletin du Bon Larron, le récit de cette cinquième journée, en conservant même son vrai nom de baptême.
Voici donc le récit absolument fidèle de ce que m'a rapporté Jean-Michel :

- Un lundi 2 mars, Jean-Michel se rend à une convocation de la gendarmerie. Il est aussitôt incarcéré, après que les gendarmes lui aient notifié les motifs de son incarcération.
- Le mercredi 4 mars, Jean-Michel est mis sous écrou à la maison d'arrêt du même lieu.
- Le vendredi 6 mars, il est amené chez le juge, qui lui dit : "Vos enfants s'inquiètent de votre absence ; lundi, vous allez les voir ici et vous leur direz où vous êtes, et pourquoi."

Jean-Michel est abasourdi, 'terrassé', envahi par une détresse suicidaire. L'image du père aimant et qui a réussi professionnellement (il a de l'argent et 'roule carrosse') qu'il voulait donner à ses enfants est, dans son esprit, définitivement détruite. Jean-Michel est déterminé à mettre fin à ses jours. Ramené à sa cellule, qu'il partage avec un 'clodo', effondré moralement, Jean-Michel prépare son suicide : il prend la serviette de toilette qui lui a été donnée, casse le rasoir Bic remis par la prison, prend un sac plastique pour éviter au sang de couler sur le 'clodo' qui dormira dans le lit du bas, monte sur le lit supérieur, en pleurant toutes les larmes de son corps sur l'échec de sa vie.

Alors le 'clodo', qui roulait une cigarette avec une feuille de 'Prions en Eglise' de ce mois de mars (offert par l'aumônerie de la maison d'arrêt), dit à Jean-Michel : "Tiens, prends ce livre, il pourra peut-être t'aider !"

Jean-Michel saisit le 'Prions en Eglise', l'ouvre au vendredi 6 mars et lit l'antienne de communion (Ez, 33-11) :
"Parole du Seigneur : 'Aussi vrai que je suis vivant, JE NE VEUX PAS LA MORT DU PECHEUR, MAIS QU'IL VIVE."
Jean-Michel est 'transpercé' par cette parole de vie, 'qui le (me) sauve du suicide'.
Cette 'fioretti' a été un beau cadeau du Seigneur 'qui est là, au cœur de nos vies', avec sa Miséricorde. Jean-Michel est devenu un vrai priant, soir et matin, et chaque visite s'est conclue, à sa demande, par un Notre Père, un Je vous salue, et un Gloire au Père…
C'est beau ! Jean-Michel est vraiment mon frère en Jésus Christ !

NB : Ayant gardé le 'Prions en Eglise' du mois de mars en question, j'ai vérifié les textes du 6 mars… Jean-Michel ne s'est pas trompé !

D'un grand espoir
j'espérais le Seigneur
Il s'est penché vers moi
Pour entendre mon cri.

Il m'a tiré de l'horreur du gouffre,
De la vase et de la boue ;
Il m'a fait reprendre pied sur le roc,
Il a raffermi mes pas.

(Psaume 39)

référence BL 31

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